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Julien Willig

vendredi 28 juin 2019

Sous des milliers de soleils, I - Ocrit

Annexe : Codex Obscurien (Véhicules, armes et technologies/Science numismatique/Expressions et parler)

Véhicules, armes et technologies.


La technologie a grandement contribué à l’évolution du système Ocrit ; nous pouvons résumer son usage par le passage de l’utilité « de survie » à celui voué à « servir le Messager ».


1. Véhicules

L’aéronautique et l’aérospatial sont le fruit du développement technologique kérubin. Seuls des vaisseaux modestes sont construits sur Ocrit à présent ; les plus gros datent de l’ère de colonisation. Il ne reste, de cette ère, que les léviathans. Ces six croiseurs lourds furent bâtis lors de l’édification de l’étoile-sanctuaire afin de protéger le chantier. Nahash, dit le Tombé – autrefois l’Éclaireur – fut abattu par les Planhigyn durant la Guerre de Nephel. Le plus récent, Stehton, était appelé le Jeune, mais est connu maintenant comme le Disparu, car tel semble avoir été son sort. Les quatre derniers léviathans veillent toujours sur Ocrit, quelque part dans son orbite gigantesque : Escamoth le Balafré, Iou-Mehï le Terrible, Straton l’Observateur, et Haden le Pur. Ils sont les forteresses pré-ocritiennes, et tirent leur surnom de leurs actions passées.


Voici une liste des véhicules les plus courants sur Ocrit :

- Une harpuia (au pluriel : harpuï) est un destroyer embarqué dans un léviathan, déployé pour intervenir en surface comme dans l’espace.

- Un amphiptère est une navette de l’Obscurie. Il ne véhicule pas d’armes, mais sa structure se révèle aisément modifiable au besoin.

- Le bahamut est un transport de troupes blindé, capable d’effectuer des bombardements légers.

- L’aspic est le chasseur de l’Obscurie, rapide et agressif.

- Un bouraq est un luxueux transport, privilégié par les Keroubs.

- Une motomonture est, comme son nom l’indique, une monture motorisée. Pourvue d’un système antigrav, elle est employée pour les déplacements au sol – tant en milieu urbain que dans des contrées plus sauvages – et en tant que « bête » de somme (un servo-attelage peut y être ajouté).


Vérin est un amphiptère comme ceux employés par la racaille d’Arkon, modifié pour servir la contrebande et ne possédant plus de lien avec l’Obscurie. En parlant d’Arkon, voici quelques précisions sur le Sylvaer, dernière des frégates planhygines. Conçu pour la vie lente et statique des arbres combattants, cet engin est autant un navire de bataille qu’un appareil de croisière. Il fut adapté lors de la Guerre de Nephel afin d’accueillir un équipage complet d’insurgés novarii à :

- la conduite du navire, avec des manœuvriers, navigateurs, timoniers, météorologistes, cosmographes et hydrographes.

- la conduite des opérations, effectuées par des informaticiens, électroniciens, missiliers, artilleurs et transmetteurs radio.

- l’énergie, à la propulsion et à la sécurité, nécessitant des mécaniciens, électriciens et des pompiers.

- la vie courante, notamment les cuisiniers, gestionnaires de quartiers, secrétaires et archivistes, administrateurs, médecins, gestionnaires de denrées, etc.

Le Sylvaer abrite de plus petits appareils, comme les escadrons d’alfars, des chasseurs biplaces agiles, mais moins rapides que les aspics obscuriens. Citons également les eldars, des destroyers légers qui sont peu déployés, par souci de discrétion.


2. Armes

L’armement à plasma est issu d’un dérivé de la propulsion spatiale : il n’y a plus de nouveaux modèles d’armes depuis des millecycles, tous les progrès ayant déjà été accomplis. Bien que de telles armes soient théoriquement exclusives à l’armée obscurienne, il n’est pas rare de rencontrer des personnes en détenant par le biais du marché noir, certains modèles se fondant très bien dans le commerce d’occasion voire, pour les plus résistants, d’antiquités.

- Le Devarïm est un fusil-mitrailleur équipant les Hydres de l’Obscurie. Il possède une cadence de quatre tirs à la seconde, et les batteries modernes lui garantissent une réserve de cinquante coups. Sa structure laisse la possibilité d’y fixer un lance-grappin, dans le cadre d’un assaut nécessitant une escalade ou une descente en rappel.

- Le Scoëris est fusil longue portée. Sa puissante lunette en fait l’arme favorite des tireurs d’élite. Il tire au coup par coup, mais ses traits de plasma sont dévastateurs : on les dit capables de percer nombre d’armures et de pièces de blindage. Un trépied dépliable, le long du canon, permet à la tireuse ou au tireur un confort supplémentaire en position allongée.

- Le Peccamineux est une arme de poing bon marché, petite, légère et facile à dissimuler. C’est ce qui se rapproche le plus d’une arme « civile » car, à moins d’un tir fort bien placé, il peut nécessiter plusieurs coups avant d’être létal. Sa production en grande quantité fait du Peccamineux le pistolet favorisé des criminels et les servants non militaires de l’Obscurie, ainsi que des notables et des bourgeois désireux de veiller sur leur propre sécurité. Maniable, sa cartouche en forme de barillet offre une quinzaine de tirs, mais peut être rechargée en cas d’urgence en la faisant tourner sur elle-même, sa mini-turbine octroyant un ou deux tirs supplémentaires par charge.

- L’Oblitorion demeure le privilège des sous-officiers et des officiers de l’Obscurie. C’est un pistolet à haute énergie, une arme de poing aux décharges destructrices. Sa puissance lui vient de son double chargement, en gaz volcano et fulguro : le premier forme le plasma explosif, le second l’enveloppe d’une bulle de confinement pour générer la décharge. Malgré ce potentiel enviable, la fusion de ces deux gaz dans le mélangeur induit un temps de chargement qui impose à son utilisatrice, ou utilisateur, une discipline aiguë lors des combats. À l’instar du Devarïm, l’Oblitorion peut être équipé d’un lance-grappin.

- Le Sidhe est un canon lourd et peu maniable, prévu pour perforer tout type de blindage, ce qui en fait l’arme antichar par excellence. Le sujet porteur est contraint de convoyer avec elle sa batterie sur le dos, par des bretelles, à moins de disposer de son propre servant. Il n’utilise pas de plasma mais une charge électromagnétique.

- Le Bukavac est un lance-roquette à fragmentation, capable de tirer des missiles explosifs sur une portée de cinq-cents mètres. Sa maniabilité, vous n’en doutez pas, requiert la plus extrême prudence.

- Le bouclier-mur, fidèle à son appellation, déploie une paroi protectrice individuelle. Constituée de vagues d’énergie, elle peut subir plusieurs rafales de plasma avant de montrer de premiers signes de défaillance. Ce dispositif se révèle très utile sur les terrains dépourvus de couvert naturel, mais son inconvénient est de trahir la posture de la personne abritée derrière, interdisant tout effet de surprise.

- Le Sabre d’officier obscurien, comme son nom l’indique, leur est réservé. Il s’agit techniquement d’un simple sabre, mais certains, à l’occasion d’une distinction exceptionnelle, seraient constitués d’orichalque.

- La Guivre n’est pas une arme à proprement parler. Pourtant, ce drone de surveillance déployé par l’Obscurie se révèle être un précieux allié pour la garde d’un endroit stratégique, ou la reconnaissance aérienne d’un site ennemi ou d’un champ de bataille.


3. Outils

Le confort n’a jamais été favorisé, du moins par le pouvoir, mais certaines trouvailles sont tombées dans le domaine industriel, ce qui provoque nombre d’incohérences avec les directives d’origine. Par exemple, les tablettes de données ont été largement popularisées dans les inventaires, mais ne permettent pas l’accès aux sources, car les livres restent au format papier, faute d’outils informatiques suffisamment puissants pour les retranscrire. Fatalement, les recherches en lecture deviennent vite fastidieuses et les sources finissent par disparaître. Ce paradoxe se retrouve partout : il n’est pas rare, ainsi, de voir un prêcheur s’adresser à une foule de sujets par le biais d’une sphère-micro, quand ceux-ci n’ont pour plus haute technologie que les briques cuites au four et les tours de potier actionnés au pied. Précisons tout de même l’usage répandu de la lampe-main, utilisée dans toute exploitation minière, exploration de galeries ou travail nocturne direct ; elle est donc connue dans de nombreuses communautés.




Science numismatique.


Beaucoup de métal se trouve sur Ocrit. Le précieux est employé en trésors liturgiques ou en bijoux honorifiques, tandis que la monnaie est principalement constituée de fer brut ou d’alliage pauvre. Voici les quatre types de monnaie ocritienne, dont la valeur croît avec l’usage et le matériau employé.


1. Picaille

La picaille est la petite monnaie du quotidien, réalisée à partir d’un alliage bon marché. Une pièce percée matérialise une demi-picaille, une pleine représente une picaille, et un triangle possède la valeur de cinq picailles, soit une quinquapicaille. Elle est utilisée pour l’achat de biens communs.


2. Servillon

Le servillon est un coupon de papier utilisé pour le règlement d’impôts. Plus il est élevé, plus il détermine la hauteur du pouvoir d’achat et de rétribution : il doit être porté par chaque sujet lors d’achats professionnels ou mobiliers, ainsi que pour la paye de leurs services. En d’autres termes, il détermine le rang social.


3. Ocrine

L’ocrine est une monnaie importante. Il s’agit d’une plaquette de fer dont la taille varie selon la valeur : une quarte (équivalent à cent picailles), une demie, une pleine, une double, une sixte et une double-sixte. Sur le côté pile figure la valeur et l’identification du Secteur où elle est écoulée – une mesure adoptée afin de contrôler les échanges monétaires entre terres-plaques –, et sur le côté face une gravure du Messager, traditionnellement, ou d’une autre figure du panthéon obscurien, accompagnée d’une devise ou d’une citation de livre saint. L’ocrine représente une grande valeur pour les roturiers : elle est surtout utilisée pour les biens de luxe.


4. Messager d'or

C’est une plaquette en or, représentant le Messager en bas-relief. Elle n’a qu’une unité de valeur et, bien évidemment, elle se voit réservée aux plus riches ; c’est même un privilège social, étant donné qu’elle n’est utilisée que par les fonctionnaires de l’Obscurie.


Notez également que les petites gens ont coutume de recourir au troc entre différentes professions, notamment dans l’agroalimentaire, le textile et l’artisanat, ainsi que dans l’apothicairerie et la médecine.




Expressions et parler.


Vous vous demandez probablement, après avoir appris nombre de manières distinguant les notables des roturiers, quelles peuvent être leurs habitudes de langage. J’ai compilé diverses expressions surgies au cours de cette histoire – seulement, celle-ci représentant principalement la race impie des Novarii, je tiens à m’excuser d’avance pour les vulgarités que vous allez découvrir.

Aussi préféré-je commencer par de plus nobles formules :

- « Que le Messager veille sur vos pas » est une politesse classique, mais bienveillante : usez-en autant qu’il vous plaira.

- « Que Lumière inonde votre chemin » démarque traditionnellement les pèlerins du Remerciement de Lumière, mais ce mouvement inspire tellement la population que vous pourriez l’entendre de bien des bouches à présent.

- « Doux halo », « Saillie bénie » et « halo de joie » sont des formules de salutation classique – ne les négligez pas.

- « Douce Onirique » et « pieu sommeil » sont des vœux de bonne nuit. Il est également en usage de souhaiter une « bonne Communale », pour que le sujet puisse profiter de la chaleur de ses proches et de ses moments intimes – j’ai ouï-dire que le souhait d’une « Communale horizontale » est chargée d’un sous-entendu prêtant à sourire, mais j’avoue ne pas le comprendre, l’horizon orangé s’estompant justement lors de la Communale.


Certains dires exploitent la piété, mais également les superstitions inhérentes aux mystères du Messager. Ainsi :

- « Les ténèbres du Messager sont impénétrables » illustre l’opacité volontaire de notre Seigneur-guide, nous menant à l’Obscurité.

- « Que le hurle-vorcin se repaisse de votre ombre » est une malédiction, invoquant le cryptide dérivé du vorcin pour que le sujet visé perde son identité, et jusqu’à son âme, étant jugé indigne de paraître devant les pieds du Messager. « Va au vorcin » est une abréviation de cette injonction.


Abordons à présent des expressions bien moins pieuses, principalement utilisées par la roture, ou dans une volonté de bousculer les bonnes mœurs.

- « Crâne de scrofineux » désigne un élément laid ou illisible et, par extension, une situation inextricable. Elle a pour origine l’aspect repoussant du crâne des scrofineux.

- « Par le squelette de Kosteth » est une exclamation. Elle ne signifie pas grand-chose en soi, mais l’idée même de visualiser les ossements de notre chère déesse du soin, comme si elle était passée de vie à trépas, relève du blasphème.


Je me vois malheureusement contraint de poursuivre avec des paroles violentes – une prière au Messager est vivement recommandée après la lecture d’un tel passage, et j’ai moi-même pratiqué une confession après l’avoir rédigé.

- « Putréciel » est un juron mêlant le ciel avec l’idée de putréfaction – ne vous y adonnez pas.

- « Foutreciel » reprend l’idée précédente, mais se révèle plus vulgaire encore.

- « Merdelle » est une grossiereté que j’ai découverte en même temps que vous – peut-être a-t-elle été inventée par le capitaine L.XIV/2 ?

- « Fils/fille d’inceste » et « fils/fille de mille pères » sont des insultes exprimant vivement la valeur non désirée de la personne ciblée, doublée d’un caractère misogyne potentiel. C’est vraiment très grossier.

- « Fils/filles de margyren » reprends l’idée précédente, en substituant aux mœurs légères de la mère sa nature monstrueuse, ainsi que celle de son enfant, tout en suggérant que le père fait preuve de goûts particulièrement détestables.

- « Coureur/coureuse de plumard » semble désigner l’origine des injures susnommées. Si les précédentes attaquaient la valeur estimée du sujet ou de la sujette, celles-ci critiquent indubitablement sa manière de vivre.

- « Gratteur/gratteuse de picailles » possède un sens plus évident, dénonçant une avidité prononcée.

- « Semelle de Keroub » est particulièrement offensante, car elle exprime l’idée que la servitude d’un sujet pour ma noble espèce serait dégradante – l’idée même de l’existence d’une insulte pareille me met hors de moi, croyez-le bien.

- « Bouffeur/bouffeuse d’angelots » exprime le caractère destructeur et iconoclaste du sujet visé.

- « Gueule de groc », outre le fait qu’elle soit utilisée pour signifier à une personne qu’elle parle beaucoup, voire trop, cette formule s’attaque également au physique – vous imaginerez sans mal.

- « Visage bleu » cible aussi l’apparence, mais s’attaque exclusivement aux officiers et sous-officiers de l’Obscurie. Elle désigne par là les conséquences de l’usage du Zélotron-B, qui a pour effet de modifier le système respiratoire des Gargoules et des Novarii, teintant leur faciès d’une curieuse couleur bleue, tirant vers l’indigo. Il va sans dire qu’une telle injure trahit des motivations anti-militaristes et anti-obscuriennes.

« Purin d’écailles », au contraire, est un juron propre au corps obscurien. Il prend pour cible l’aspect parfois repoussant, tant à la vue qu’à l’odeur, des quartiers où les Hydres vivent et s’entraînent. S’il est vivement réprimandé par les officiers, certains s’y adonnent parfois lors de fortes contrariétés.

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