7

Julien Willig

mercredi 16 août 2017

Sous des milliers de soleils, I - Ocrit

Verset XV - Partie 2 : Telle est ma quête

[Résumé des chapitres précédents]

À bord de l’astronef d’Arkon, le baron du crime, Abriel s’est vu confier la mission sacrilège de découvrir la Médaille du Messager. Pour ce faire, il a été rejoint par son assistante : Thalie. Pendant ce temps, le commandant Cédalion recherchait les traces d’Abriel dans la ville de Lengel, afin de le traduire devant la justice de l’Obscurie. S’il n’a pas déniché son ancien frère d’armes, il a en revanche pu assister à la capture d’une serveuse officiant dans l’auberge favorite du fugitif…


***


« “Tu es mon messager, dit Néant à sa langue.

Tu seras autonome, tu erreras dans l’espace comme le filin de ma volonté et tu retrouveras mon seul amour : la Lumière éternelle.” »


(Le Grand Livre de l’Obscurie, annoté par l’archidiacre Jérimadeth Ie,

IVe Âge de la Création)



La Novarienne ne le quitte pas des yeux. Ses iris immobiles tentent de le happer dans leur abysse comme deux disques d’accrétion, seuls au milieu du vide cosmique.

La sueur mouchette les plis de ses paupières tandis qu’une goutte lui dévale l’arête du nez. Si son front luit à la lueur des torches, son crâne rasé aux côtés conserve l’aspect mat de sa peau ainsi que sa pâleur. Les veines sombres sur les tempes, sous les orbites et au niveau du cou demeurent visibles, tant elles sont révélées par l’effort. Un seul accroc demeure sur l’épiderme lissé par l’exercice et l’ascétisme : une cicatrice en croissant de lune, recroquevillée à la gauche du front.

Plongée dans une concentration extrême, la femme ne bouge pas d’un pouce. Sa longue tresse noire ballote faiblement au gré des courants d’air. Ses lèvres sèches, bleuâtres, s’ouvrent dans la plus totale apathie. Seul son souffle rappelle le temps qui s’égrène ; une mesure lente, un décompte avant l’asphyxie. Tout son corps n’est qu’attente. Elle ne porte que des séries de bandes serrées contre sa poitrine, et de son bas-ventre jusqu’à mi-cuisse, ainsi que sur les mains. Sa peau luisante révèle par les jeux d’ombres les muscles fermes de ses bras, de son abdomen et de ses jambes. Elle se tient de biais, un bras en avant et l’autre près d’elle, coudes repliés, doigts ouverts et légèrement relâchés. Sa position est celle d’une guerrière prête à bondir : soutenue par la jambe avant, fléchie, tandis que l’autre est appuyée en arrière. Ses pieds brunis par la terre battue sont fermement ancrés au sol – si ce n’était la pose, elle aurait pu se faire passer pour une des statues en marbre qui ornent le palais des Hauts-Serviteurs. Elle tient bon.

Idem pour Cédalion. Son souffle, moins ténu qu’elle, stridule doucement – le calvaire des obscuriens privés de masque. Même tenue, même posture, il plonge son regard dans celui de la Novarienne avec l’aplomb du chasseur refusant la fuite à une proie coriace. Cependant, elle le toise de même… Rien d’autre n’existe en cet instant. Pas même la douleur qui leur ronge les poumons.

Au bout d’une éternité, la goutte quitte l’extrémité du nez féminin pour se jeter dans l’inconnu ; elle s’écrase dans la poussière, rejette les grains de terre avant que d’autres ne s’empressent de parasiter sa surface.

On ne respire plus.


C’est le signal.


La femme décoche son pied arrière. Il fend l’air dans une trajectoire circulaire vers la mâchoire de Cédalion. Mais seule une brise légère caresse le menton du commandant : le membre le contourne, le talon vise la tempe de l’autre côté. Cédalion n’a que le temps de réajuster sa défense ; il contre ; la jambe s’estompe avant qu’il puisse la saisir. La Novarienne profite du mouvement pour se fendre, poing vers les côtes de l’officier. Il esquive de la hanche, repousse l’attaque de son avant-bras et envoie son coude dans la trachée adverse. La lutteuse recule et grogne. Furieuse, elle foudroie Cédalion du regard avant de cracher quelques perles cobalt. Puis elle gonfle sa poitrine, inspire de pleines goulées d’air. Le commandant, lui, s’abstient – le visage de la Novarienne s’indigue à vue d’œil.

Elle se frappe les joues, les côtes, les cuisses, tout ce qui peut l’aider à garder sa concentration. Puis elle décoche son regard de toute part, calculatrice. Sa tresse danse toujours lorsque la combattante repart à l’assaut. Du pied, elle souffle un jet de poussière dans le visage de Cédalion. Paralysé, il est contraint de tousser le peu d’air qui lui restait avant de – pire – se frotter les paupières. La femme met à profit cet instant fatal : d’un appui sur le genou du commandant, elle bondit sur ses épaules et enserre la tête de ses jambes.

Elle crispe ses lèvres indigo et jubile en étouffant son adversaire… mais bien vite, la gravité se rappelle à elle : Cédalion absorbe l’élan de la combattante pour pivoter sur lui-même et, dans le même mouvement, lancer ses mains entre les bras de la femme pour les lui bloquer. Il continue sur sa lancée et se jette au sol, offrant à la terre le dos sans défense de la combattante. Puis c’est le choc. L’impact délie les cuisses de la Novarienne. Les doigts de Cédalion prennent prise sur sa gorge. Un cri de détresse s’écrase. Les yeux noirs tremblent en fixant le commandant. Froidement, il annonce :

« C’est fini. »

À ce moment, le bruit ambiant se réveille. Les torches crépitent et le fracas des lames d’entraînement traîne ses échos jusqu’aux adversaires, amplifié par les murs et le plafond de pierre. Le regard de la dizaine d’Hydres autour du terrain étincelle à nouveau.

Cédalion se relève et fait un geste aux servants Gargoules qui attendaient non loin ; ceux-ci accourent, deux masques respiratoires et une bombonne de gaz à la main. Pour finir, le commandant se tourne vers la Novarienne à terre, mangée par la poussière. Il tend la main :

« Lieutenante Lyuba ? »

Les muscles respiratoires de la femme sont crispés à l’extrême, dans l’attente d’un élément qui ne vient pas. Malgré la défaite, malgré la douleur qui lui perce le cœur, elle accepte l’aide et se retrouve aussitôt sur pied, aussi digne qu’en uniforme de parade. Les Gargoules arrivent enfin. Elles s’empressent de les assister comme si leur propre vie en dépendait – ce qui est peut-être le cas. Tâchant de dissimuler leur panique sous la capuche de leur bure, elles appliquent les masques sur le visage des Novarii, puis ouvrent la bombonne de Zélotron-B à grands coups de manivelle.

Le mélange s’instille dans leurs poumons à l’agonie. Cédalion voit les yeux de Lyuba s’illuminer de soulagement tandis que sa poitrine s’épanche, comme si elle sortait tout juste de son ordination[1]. Il ressent la même chose : le feu qui meurt tout doucement dans ses entrailles, la vie qui chemine dans ses veines jusqu’à faire fourmiller ses extrémités. Si l’ordination accorde la grâce aux Novarii, la race impie, de s’unir avec la volonté du Messager, elle n’en reste pas moins terrible pour leur nature chétive : impossible de survivre sans respirer le saint Zélotron-B[2]

Cette fois, c’était vraiment juste. Même pour moi.

Les points noirs s’estompent progressivement, tout comme la sensation de vertige. Cédalion observe Lyuba reprendre consistance ; il sourit intérieurement.

Des progrès. Mais je ne le lui dirai jamais : c’est sa hargne qui la servira… si elle la maîtrise[3].

« Combien de temps ? », demande-t-il à l’une des Gargoules, la voix malmenée par sa gorge aspirant le gaz.

La servante tire une montre de cuivre des replis de sa robe : elle l’ouvre et se concentre sur le grand cadran à trois aiguilles, ignorant le petit et ses deux autres pointes ainsi que le compteur à deux chiffres. Par ordre croissant, les trois trotteuses indiquent 1, 10 et 54.

« Un sablier, dix minutes et cinquante-quatre secondes. Mon commandant, c’est un nouveau record ! »

Presque deux sabliers. Le seuil de tolérance que personne n’a su franchir[4]

Une série de pas réguliers, accompagnés d’un frottement de queue, font crisser la terre dans le dos du commandant : il se retourne pour faire face à l’Hydre qui vient de le rejoindre.

« Mère Laetere, salue le Novarien. Merci d’avoir bien voulu assister à cet exercice.

— Très impressionnant, commandant Cédalion, répond la Dracène par le biais de son Hydre. C’est toujours instructif d’étudier un combattant émérite tel que vous, malgré mes millecycles d’expérience.

— Merci.

— Quant à vous, lieutenante Lyuba, j’ai bien cru un instant vous voir prendre le dessus sur votre supérieur. Pensez-vous pouvoir le détrôner, un jour ? »

La Novarienne frotte la cicatrice courbée sur son front. Puis elle répond, froide, impitoyable :

« Il est d’abord un grade intermédiaire que je dois ravir. »

L’Hydre laisse échapper un piaillement strident et guttural, grondant comme le gloussement de quelque volatile. Un rire ? Amusée, elle rétorque :

« Ramenez-nous le capitaine Abriel et nous en reparlerons. »

Lyuba opine, déterminée. Les yeux du reptile sondent ceux de Cédalion, qui s’efforce de rester impassible.

L.XIV/2. Abriel… Le capitaine Abriel de Ravh.

Les mots de Fremyn, l’assistante-laborantine du vicaire, reviennent chuinter sous le crâne du commandant : “êtes-vous toujours hanté par votre échec, officier Cédalion ?” La conversation promet un tournant moins agréable.

« Mère Laetere, si vous voulez bien…

— Une dernière chose, commandant Cédalion.

— Tout ce que vous souhaitez.

— Votre masque est la seule chose qui vous prévient d’un défaut respiratoire létal. Pourquoi avoir commandé à votre lieutenante de l’ôter, tout comme vous-même ?

— Un bon soldat ne doit pas seulement apprendre à maîtriser ses armes et ses muscles : il doit connaître les ombres de la douleur et de la peur. Seuls ceux qui savent repousser le stress intense aux confins de leur cœur sont en mesure d’accomplir ce pour quoi on les a créés.

— Une réponse pleine de sagesse, commandant Cédalion. Merci pour cet éclaircissement, vous pouvez prendre congé.

— Mère Laetere », ponctuent en chœur l’officier et sa lieutenante.

L’Hydre se retire et s’en va rejoindre ses vingt-neuf congénères : trois escouades, déjà réparties en quinconce sur le terrain d’entraînement voisin. Tous les reptiles répètent leurs mouvements quotidiens, guidés par le sergent Anke. Les gestes parfaitement identiques ainsi que leur face dénuée d’expression manquent d’arracher un frisson au commandant. C’est pourtant une routine millénaire pour la Dracène : quand ce peloton aura fini ses exercices viendra l’un des six de l’escadron de Cédalion, tandis que les autres serviront l’armée de l’Obscurie – heureusement que la fatigue se loge dans le corps des Hydres, non dans l’être qui les dirige.

C’est d’ailleurs le peloton de Lyuba qui pratique à l’heure actuelle. Pourtant, cette dernière tourne les talons, arrachant d’un geste rageur la serviette tendue par une Gargoule. Le commandant prend la sienne et se lance à sa suite. Les foulées vigoureuses de la Novarienne la portent dans un petit couloir menant aux quartiers des sous-officiers, tandis qu’elle se frotte le visage à s’en arracher les veines.

« Lieutenante ? », appelle Cédalion.

Pas de réaction si ce n’est la furieuse danse de la tresse brune, égrènant des résidus de terre dans son sillage. La lieutenante tire la porte de métal et s’engouffre aussitôt dans le vestiaire ; le commandant passe l’huis à son tour :

« Lyuba ! »

Elle s’arrête enfin, raide comme la hanse d’une oriflamme. Les bandes de son dos marquent le relief crispé de ses omoplates. Sa main droite serre à s’en rompre la poignée de son casier, ouvert devant elle. Cédalion balaye la pièce et, d’un regard, fait comprendre aux rares indiscrètes qu’elles doivent déguerpir.

« Lyuba, qu’est-ce que tu fais ?

— Elle s’est moquée de moi.

— Pardon ?

— Laetere se paye ma tête ! »

Elle ponctue sa phrase comme elle claque la porte métallique de son casier : sèche, lapidaire. Brutale. À son bras gauche pend la tenue de repos de l’armée, un simple pantalon noir et sa veste, sur laquelle ne sont brodés en gris que son grade, l’insigne de son escadron, et son matricule : L.XIV/3…

Elle plante son regard dans celui de son officier, le feu à l’âme.

« Lieutenante Lyuba, reprenez-vous.

— Tu l’as vue, Cédalion, tu l’as entendue toi aussi. Elle a ri, elle a brandi l’image d’Abriel pour me narguer.

— Non, elle ne…

— Elle ne me croit pas digne de mon rang, éclate Lyuba, tous les jours elle trouve le moyen de me rabaisser !

— Arrête.

— Je suis prête à prendre la tête de la milice de Béthanie, pourquoi… »

Cédalion l’attrape par les épaules et lui presse le dos contre la rangée de casiers. Il se dresse de toute sa hauteur, le front creusé par ses sourcils froncés. Sa proie se tasse comme si l’étau de Cédalion allait broyer jusqu’à la moindre de ses particules. Elle baisse la tête, son ton s’affaisse :

« Que dois-je prouver pour montrer que j’en suis digne ? Pourquoi persister à conserver la place d’un déserteur ?

— Tu es mon bras droit, Lyuba.

— Je l’ai remplacé… lui.

— Tu es mon bras droit, répète Cédalion, et tu le resteras quoiqu’il arrive.

— Mais… pourquoi… »

“Êtes-vous toujours hanté par votre échec, officier Cédalion ?”

Que penser de tout ceci ? L’halo-ci encore, Cédalion peine à admettre ce qui semble une évidence : Abriel a déjoué l’ordination, il a fui et rejeté la voie du Messager. Quelle raison aurait pu le pousser à commettre une telle ignominie ?

Il n’y a pas de vie, il n’y a pas de mort ; il n’y a que l’Obscurie, enfant de la parole de Néant.

La chair est faible. Cédalion aurait dû le savoir, il aurait dû prévenir la chute de son capitaine. Pour l’Obscurie, la défiance n’est pas un crime : c’est une prérogative.

L.XIV/2 s’est fourvoyé. Abriel est perdu.

L’Obscurie… Elle-même n’admet pas l’échappée de son ancien second. Ce n’est pas le premier parmi les faibles à chercher la fuite, mais c’est le seul à avoir éliminé la purification de l’ordination.

Cédalion baisse les yeux sur sa lieutenante. Sa fameuse tresse ébouriffée pend au-dessus d’une épaule. Le commandant essuie une goutte sur la joue de Lyuba.

« L’Obscurie veut réparer l’affront qu’Abriel a fait au Messager. Ensuite, tu auras la place qui te revient. »

Les prunelles de Lyuba se ravivent, mordantes comme la flamm’ombre et aussi profondes qu’elle. Par-dessus ses sourcils, sa cicatrice lunaire se fronce alors qu’elle jure, solennelle :

« Il paiera. Pour tout. »


***




[1] Malgré l’immense privilège que représente l’ordination, aucun combattant de l’Obscurie ne souhaiterait revivre cette étape. Accepter ce changement de métabolisme est un pur acte de foi, le seul moyen d’entrer en contact avec l’esprit, avec l’essence, même, du Messager : une purification du corps comme de l’âme. Mais cette transcendance a un prix… [retour]


[2] Ce gaz vital pour l’officerie novarii et gargouléenne est administré par leur masque respiratoire. À l’intérieur de celui-ci, une cartouche diffuse le Zélotron-B durant le halo entier. Pour plus de confort, les couchettes Novarii sont équipées de tuyauteries à brancher sur ce masque. [retour]


[3] Lyuba elle-même ignore sa date de naissance, et personne au sein de la caserne n’a su la trouver sur un registre de l’Obscurie ou de la Main de Kosteth – l’hôpital public. En revanche, l’hypothèse que la lieutenante soit née sous le signe astrologique d’Ylüne, déesse de la guerre et du feu passionné, semble adoptée à l’unanimité. [retour]


[4] Peut-être que le système de mesure temporelle de l’Obscurie vous a-t-il déjà été expliqué, mais ses sujets étant rarement instruits et peu lettrés, une explication savante devrait vous éclaircir davantage.

Nous marquons les temps longs en comptant la rotation de Nephel-la-morte autour d’Ocrit : c’est le cycle. Le cycle est divisé en soixante six renaissances, la renaissance représentant la durée de l’exode entreprise par le Messager et Son peuple, de Nephel jusqu’à Ocrit. La renaissance contient six halos, un halo étant le moment où un « jour » point entre des groupes de secteurs puis s’estompe, rythmant le levé et le couché de chacun. Degrés et halos sont mesurés dans le petit cadran des horloges, alors qu’en-dessous de lui un petit panneau à deux chiffres décompte les renaissances.

Le grand cadran sert à décompter précisément chaque halo : trente-six degrés font un halo, cinq sabliers font un degré, douze minutes font un sablier, et soixante secondes font une minutes. Vous constatez alors la volonté de l’administration ocritienne de vouloir connaître la marche du temps avec efficacité et, surtout, simplicité.

[Si vous souhaitez en apprendre plus ou confirmer vos connaissances, l’excellent recueil du Codex ocritien en annexes, section « Calcul et mesure du temps », vous est tout indiqué.] [retour]


Commentaires

Très impressionnée par les descriptions de combat au début. Ca demande une attention de lecture redoublée, mais c'est vraiment bien foutu !

Beau boulot !
 1
mercredi 10 octobre à 12h45
Je comprends la nécessité de l'attention, même si je doute de pouvoir réussir à simplifier ça : je me suis basé sur mon expérience en karaté pour écrire ce combat, mais ce fut ardu tout de même x')
Merci d'avoir lu et apprécié ;)
 1
mercredi 10 octobre à 18h39
Non je ne pense pas que tu puisses simplifier, ça perdrait forcément en clarté. Et puis ça fait du bien de se creuser un peu la soupière de temps en temps !
 0
mercredi 10 octobre à 20h13
On peut dire qu'Abriel a une ennemie redoutable de plus xD
 1
samedi 2 novembre à 14h17
Un peu oui^^
 0
dimanche 3 novembre à 21h23
"Les doigts de Cédalion prennent prise sur sa gorge. Un cri de panique s’écrase. Un cri de panique s’écrase." le doublon est une erreur je suppose ?
Sinon, j'aime bien le personnage de Lyuba, qui a l'air d'avoir des enjeux intéressants que j'ai hâte de découvrir. Hâte d'en savoir plus sur les raisons d'Abriel à fuir l'ordination...
 1
dimanche 9 août à 12h07
Hem... oups !
 0
dimanche 9 août à 17h41