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Marine Labaisse

lundi 20 août 2018

Le Royaume d’Éna — Livre I

Chapitre 5

« Nos expériences ont démontré que seul le Mage d’un Astre donné pouvait activer une rune de ce même Astre. Les Mages les plus faibles ne sont pas en mesure de faire fonctionner une rune qu’ils n’auraient pas tracée eux-mêmes. Nos recrues les plus puissantes sont, quant à elles, capables de vitaliser des runes complexes, à condition que l’un des éléments représentés soit de leur affinité. »

Rapport du conseiller Genvger au Chancelier Natyl.
(Ronde 24, troisième cycle, 425)



Le chant d’un merle noir caché dans les branches des conifères vint éveiller la nature endormie. À l’est, Ánemos entamait son dernier rayon. Déjà, la clarté se peignait sur la voute céleste, annonciatrice de l’apparition prochaine du premier soleil et d’une nouvelle ronde. Les animaux sortaient du sommeil, et les arbres déployaient leurs feuilles : l’arrivée imminente de Gi insufflait force et vigueur. C’était au petit matin que le monde sauvage se dévoilait, que la nature prenait le pas sur l’homme et lui volait le monopole de l’attention des Astres.

Zoya termina son repas avant de se laisser aller à savourer la caresse du vent. Jonah et elle avaient toujours préféré cette partie de la ronde. Ánemos et Gi ne se croisaient jamais – l’un mourait quand l’autre naissait – mais, dans ces quelques divisions qui précédaient le changement, on sentait la lune préparer le terrain pour le soleil, et les énergies qui émanaient des deux astres se mêlaient avec tendresse. C’était un sentiment que leurs Réceptacles avaient partagé des révolutions durant.

Deux rondes s’étaient écoulées depuis que la jeune femme avait quitté la capitale ezfienne : elle atteindrait la prochaine ville d’ici le début de soirée. La prudence la poussa tout de même à rationner ses vivres, et elle rangea dans sa sacoche le demi-pâté de cerf qui lui restait. Elle lia ensuite ses cheveux en une queue de cheval basse qu’elle entreprit de tresser. Ses gestes mécaniques, précis, traduisaient sa force dans les nouages serrés qu’elle imposait à sa chevelure fantôme. Elle ne pouvait se permettre d’être reconnue, d’autant que le Chancelier devait déjà la faire chercher. Sa capuche vint masquer les mèches blanches et la peau pâle qui la rendaient si unique. De tous les enfants d’Ánemos, elle restait la seule à arborer une apparence pareille : les autres natifs de l’air possédaient des cheveux clairs, mais pas immaculés, des joues rosées et des yeux sombres. Son corps à elle semblait recouvert d’une membrane qui laissait voir ses veines, labyrinthe de filaments bleutés. Sa discrétion aurait à compenser son physique bien trop identifiable.

Zoya rassembla ses affaires et se remit en route : pas moins de huit lieues de marche l’attendaient. Depuis qu’elle avait quitté Völlat, elle longeait les Maudites, la chaîne de montagnes qui délimitait le nord du royaume. On les avait nommées ainsi à cause de la brume qui s’y accrochait et empêchait d’en voir le sommet. Chacun savait qu’au-delà se trouvait le monde des esprits ; les rares fous à s’y être aventurés n’en étaient jamais revenus. On racontait que les morts accueillaient les visiteurs avec joie, et célébraient leur présence par des danses jusqu’à ce que les pauvres malheureux trépassent, épuisés de ne jamais s’être arrêtés. Il était formellement interdit de s’y rendre, et personne n’était assez sot pour aller à l’encontre de cette règle. C’était pourtant vers là que Zoya se dirigeait. À l’est de Völlat, un sentier serpentait au milieu des roches et permettait un passage plus aisé à travers la chaîne. Au-delà, elle ignorait tout de ce qui l’attendait, à une exception près : Wilann s’y trouvait.

Repenser à Wilann lui provoqua un pincement au cœur. Deux rondes qu’elle marchait, seule avec des questions sans réponses. Elle ne les laissait pas la déstabiliser, mais la frustration grandissait de ne pas comprendre. Le Fléau, les disparitions, la maladie de Gi : rien ne faisait sens. Tout était bien plus simple avant.

Huit révolutions plus tôt, les Terres libres de Marú se dressaient encore fièrement au sud d’Ezfëm. Plusieurs générations participèrent à la guerre entre les deux contrées ; beaucoup y périrent. Les raisons de ce conflit n’étaient jamais évoquées, pas même lorsque Jonah s’en enquit auprès du précepteur. Marú était l’ennemi, voilà ce qu’ils avaient à savoir.

Jusqu’au Fléau. Ronde trente-six, deuxième cycle, révolution quatre cent vingt-sept. La date était gravée dans leur mémoire à tous. Zoya n’était alors âgée que de douze révolutions – une enfant – et elle étudiait avec Jonah et Hemera sous la surveillance du précepteur Nouq lorsque Mihren avait interrompu leur cours pour leur annoncer la nouvelle. Un feu dévastateur avait ravagé Marú ; peu avaient survécu, et la guerre était terminée. Un demi-cycle plus tard, Wilann de Fotiá était accusé de haute trahison pour ce génocide, commis à l’encontre des ordres du gouvernement. La chasse à l’homme avait commencé. On avait cherché le Réceptacle partout, sans succès. Et alors que le peuple ezfien hurlait son indignation de devoir accueillir les survivants mariens, le Chancelier Natyl avait proposé l’aide de Jonah pour rendre les Terres libres de nouveau viables – même si libres n’était plus le terme approprié. Le feu de Fotiá avait pénétré le sol dans ses profondeurs, épuisant les nappes d’eau présentes, asséchant les rivières et laissant le territoire stérile. Seul Gi aurait eu la force de faire renaître la nature anéantie. Ezfiens et Mariens avaient célébré la nouvelle avec la même joie.

Puis Jonah avait disparu.





Les trois soleils occupaient désormais le ciel. Zoya s’accroupit au bord du ruisseau qui cheminait dans un lit rocailleux et y plongea les mains pour s’asperger le visage et la nuque. Elle apprécia le froid mordant de l’eau ; les gouttelettes s’insinuèrent sous ses vêtements. À sa place, Alren aurait hurlé au contact glacé. La jeune femme sourit à cette pensée. Elle ouvrit sa sacoche et en sortit une outre qu’elle s’empressa de remplir. Elle avait bien avancé dans la matinée, cela lui laissait un peu de temps pour se reposer avant de parcourir les lieues restantes. Elle remonta donc le cours d’eau à la recherche d’un endroit où il serait plus profond et plus à couvert.

Elle passa la lisière des arbres qui bordaient le pied des montagnes ; si proches de l’intérieur des terres, les Maudites semblaient presque inoffensives, toutes verdoyantes et calmes. Elles étaient encore trop basses pour accrocher le moindre filet de brume. Zoya se souvenait être venue ici avec ses parents en de rares occasions. Il était difficile pour deux Guerriers d’obtenir les mêmes rondes de permission ; qu’ils soient mariés n’y changeait rien. Souvent, elle avait compté sur Mihren pour l’emmener au-dehors, lui faire quitter l’enceinte étouffante de Völlat et la conduire jusqu’aux étreintes du vent.

« Quand je serai grande, je serai prêtresse, grand frère », répétait-elle à chaque fois.

Ça avait été son rêve, de se consacrer aux Astres et à la nature, d’investir un temple afin d’y méditer et de servir les trois Soleils et les deux Lunes d’Ezfëm. Elle n’avait jamais pu envisager quoi que ce soit d’autre, malgré les efforts de ses précepteurs pour l’orienter vers une carrière plus politique ou militaire. Elle se battait comme Wilann et réfléchissait comme Mihren, mais rien ne la rendait plus heureuse que la solitude des temples. Jonah avait compris, lui.

Alors qu’elle enjambait les racines et les pierres sur son passage, Zoya savoura la fraîcheur du cinquième cycle. Alren la disait folle d’apprécier le froid de l’hiver, lui qui se protégeait sous plusieurs couches de vêtements et préférait le confort du château à l’aventure au dehors. Elle trouvait la sensation revigorante : c’était, après tout, la saison d’Ánemos. Elle adorait se perdre dans la neige des hauteurs et y mêler son corps jusqu’à se fondre dans le paysage, blanche au milieu des flocons. La définition du bonheur selon elle ; celle de la torture selon le prince.

Enfin, le lit du ruisseau disparut sous terre, et quelques pieds plus loin, Zoya aperçut un étang clair dans lequel se terminait une rivière. Un sourire ravi orna ses traits. Elle vérifia rapidement les alentours puis entreprit de se déshabiller pour descendre la berge et s’immerger dans l’eau glacée. Un soupir de contentement lui échappa. Elle ferma les yeux et se laissa flotter à la surface. L’eau vint recouvrir ses oreilles et une partie de ses joues ; elle sentait la caresse du vent sur son nez, sa poitrine et son ventre. Le monde avait cessé d’exister autour d’elle, le silence régnait ; elle percevait le son des battements de son cœur, tout d’abord erratiques puis de plus en plus calmes. Sa respiration murmurait dans ses oreilles, soulevait sa poitrine et peignait de minuscules nuages dans l’air. En quelques gouttes, elle perdit totalement la notion de l’espace et du temps. Elle avait l’impression de partir à la dérive, mais elle savait très bien que son corps aurait pu rester immobile sans que cela ne change la sensation. L’eau et le vent étaient ses seuls repères dans un univers sans lumière ni son ; les Lunes l’embrassaient de tendres baisers sur sa peau nue.

Son esprit s’éleva, quitta son corps comme il quittait les soucis tatoués sur cette empreinte charnelle. Elle n’était plus Zoya d’Ánemos, Réceptacle de la Lune d’Air. Elle était le vent qui soufflait dans les plaines. Elle était l’eau qui dévalait les montagnes. Elle était les bourgeons qui se préparaient à éclore. Elle était le feu qui réchauffait les hommes, la lueur qui combattait l’obscurité. Elle était la nature, et la nature vivait en elle, à travers elle.

Il s’était écoulé quelques instants seulement, ou peut-être bien plusieurs divisions, voire un rayon. Impossible à savoir. On choisissait de débuter une méditation, la méditation choisissait sa propre fin. Zoya sentait qu’il était temps de sortir de l’étang ; un sentiment désagréable l’en avertissait. Elle souleva ses paupières, laissa un moment à ses pupilles pour se réhabituer à la lumière du jour. Les environs étaient silencieux. Trop silencieux. La jeune femme se redressa, ses pieds se posèrent sur le tapis de vase ; l’eau atteignait tout juste sa taille à présent. Elle resta immobile tandis que ses yeux scrutaient les bois à la recherche de l’intrus qui avait mis ses sens en alerte. Ses affaires se situaient non loin, et parmi elles, son fourreau. Le moindre mouvement déclencherait le combat, elle en était consciente. Car si les intentions de l’importun avaient été autres, il ne se serait pas masqué à sa vue. Elle ne pouvait pas se rater : pour avoir réussi à tromper ses sens jusque-là, son adversaire ne devait pas être pris à la légère.

Le moment opportun, Zoya bondit… et se retrouva ensevelie sous l’eau. La vase agrippait ses mollets avec force, l’aspirant vers le bas. Des tentacules de terre s’élevaient dans sa direction ; l’étang perdait peu à peu sa clarté alors que la magie soulevait le sable et la boue amassés dans son lit. Zoya commençait à manquer d’air – un comble qui n’était pas pour la réjouir. Elle appuya de toutes ses forces sur ses jambes pour se hisser jusqu’à sortir la tête de l’eau. Déjà, des tentacules glissaient sur ses poignets pour la tirer en avant. Elle devait se dégager et vite ; or, sans armes et immergée, il lui manquait trop d’atouts pour se battre.

La jeune femme concentra l’ensemble de son corps vers l’air qui la frôlait, pour l’attirer à elle. Elle fit tourner ses poignets avant qu’ils ne soient trop restreints, en de petits cercles, le plus rapidement possible. Des vaguelettes apparurent à la surface de l’étang. Plus bas, les lianes de vase continuaient à faire pression sur ses jambes. Encore un petit peu de temps… Sa tête fut de nouveau engloutie sous l’eau. Zoya ferma les yeux et se força à rester calme et posée ; Ánemos ne lui serait d’aucune aide dans la panique. Ses poignets remuaient encore et encore, déplaçaient l’eau et la boue, sans rien accomplir de plus. Le vent qui filait du bout de ses doigts était trop faible.

Puis la Lune entendit l’appel, depuis l’antre où elle était partie se reposer, et un flot d’énergie prit possession du corps de son Réceptacle, tel un liquide de glace coulant dans les veines de l’élue. Les mains de Zoya déchaînèrent des jets d’air, les bulles nettoyèrent l’obscurité de l’eau, et la puissance du tourbillon éjecta son corps jusqu’à la rive sans que le limon puisse la retenir. Elle bondit aussitôt sur ses jambes et adopta une posture défensive. Ánemos l’avait malheureusement envoyée à l’opposé de ses affaires, aussi n’avait-elle d’autre choix que se battre à mains nues et avec sa magie. Tant pis, elle ferait avec.

À quelques pas, les arbres étendirent leurs branches vers elle, mais elle les évita avec une facilité enfantine. Son adversaire jouait la carte de la sureté en restant caché ; ce n’était pas ainsi qu’il réussirait à l’avoir. Il finirait par se lasser. Zoya ne comptait pas attendre jusque-là.

« Montre-toi, lâche. Je veux voir le visage de celui qui souhaite la mort de sa Vénérable. »

Une silhouette encapuchonnée de noir se détacha des arbres. Un Traqueur. Évidemment. Il n’y avait qu’eux pour tromper sa vigilance. La personne qui l’avait dépêché était maligne : elle avait choisi un guerrier expérimenté, Mage de surcroît, et né sous Gi. La terre contre l’air – le combat s’annonçait compliqué. À sa place, Mihren aurait tenté de parlementer, de connaître les tenants et aboutissants de l’histoire, de comprendre ; Zoya ne se faisait pas d’illusions, l’assassin ne parlerait pas.

La cape sombre dévoila deux grandes mains masculines dont les doigts ne tardèrent pas à tracer des runes dans les airs. Le sol se mit à trembler sous les pieds de la jeune femme. Elle s’envola juste à temps pour ne pas être ensevelie dans le gouffre qui venait de se créer là où elle se trouvait quelques instants plus tôt. Elle ne pouvait rester en lévitation trop longtemps : elle y perdait une énergie considérable. Des gouttes d’eau tombaient de sa natte et glissaient sur son dos, comme celles d’une clepsydre décomptant le temps qui lui restait avant de se transformer en simple humaine impuissante.

Des racines sortirent du sol pour tenter de l’attraper. Zoya esquiva à plusieurs reprises, en coupa d’autres à l’aide de fines lames d’air. Son adversaire savait ce qu’il faisait. Il l’épuisait dans le but de la rendre inoffensive – ou presque. Mais la magie avait un coût et lui-même finirait bien par sentir la fatigue prendre le dessus. C’était à elle de jouer.

Zoya écarta les bras, inspira profondément, et les referma avec force en expirant. Une lame d’air de dix pieds de haut se précipita vers l’homme. Un mur de terre commença à s’ériger devant lui, trop tard. La puissance du souffle le fit voler en éclats et frappa la poitrine du Traqueur de plein fouet, le propulsant contre un arbre. Sa cape tomba au sol, l’attache brisée ; elle laissa apparaître un visage encore jeune, mais marqué par l’expérience, des cheveux bruns et des yeux verts. Dessous, la tunique renforcée du guerrier était entaillée, mais pas suffisamment pour lui octroyer plus qu’un hématome et quelques côtes cassées. La jeune femme posa pied à terre.

Elle ne vit pas la rune tracée au sol, juste là où l’assassin s’était tenu avant son attaque. Celui-ci se jeta dessus pour y apposer sa paume : la terre sous leurs pieds se liquéfia en une boue mouvante qui aspira leur poids. Le Traqueur activa d’autres runes sous ses chausses et se redressa. Il s’avança vers elle, une grimace au visage et un bras serré contre son abdomen. Zoya ne pouvait s’enfuir, elle n’avait pas la force de s’extraire une nouvelle fois de l’étreinte du sol. Si seulement elle avait eu son poignard ou ses lames à portée de main… Elle tenta de le repousser, de l’assommer avec des bourrasques. Il riposta avec des lianes verdoyantes qui immobilisèrent ses bras.

Zoya serrait les dents de rage. Elle n’avait pas été assez prudente, une fois de plus. Trop impulsive, tête brulée. Cela ne lui avait apporté qu’échecs aux entraînements et remontrances jusqu’à présent. Le prix s’annonçait plus élevé cette fois.

Le Traqueur tâta sa bourse et l’ouvrit pour en extraire un flacon empli de liquide rouge. Un poison ? Lâche jusqu’au bout. Il ôta le bouchon de liège et attrapa le menton de la jeune femme d’une poigne de fer. Elle ne lui ferait pas le plaisir d’entrebâiller ses lèvres. La lutte silencieuse s’étendit sur plusieurs divisions avant que l’homme ne se résolve à lui pincer le nez pour couper tout air. Il dut comprendre rapidement que cela ne l’aiderait en rien : sa victime tournait au bleu sans cesser de le fusiller du regard. Il percuta la mâchoire de la Vénérable d’un coup de poing et glissa un doigt dans l’espace que Zoya avait relâché. Un grognement de douleur lui échappa alors qu’elle le mordait de toutes ses forces ; le sang de l’assassin coulait le long du gosier de la jeune femme et sur son menton pour aller serpenter entre ses seins nus. Mais l’homme était aussi têtu qu’elle, et il sacrifia son doigt pour verser le liquide écarlate entre les lèvres du Réceptacle.

À l’instant même où la fiole s’approcha de ses narines, Zoya sut qu’elle avait perdu. Qu’elle avale ou non, l’effet serait le même ; ce n’était pas du poison, mais du jus de fraises des bois. Elle le recracha par réflexe, les yeux écarquillés d’hébétude. Comment avait-il su ?

Le temps semblait s’écouler au ralenti, la forêt silencieuse et l’air chaud, trop chaud. La jeune femme sentit ses doigts se durcir. C’était le premier symptôme. La pulpe gonfla, se tendit ; son estomac se souleva ; les sueurs froides inondèrent son front ; son cœur battait la chamade dans sa poitrine et ses oreilles ; sa langue doubla de volume ; sa gorge s’obstruait ; sa respiration se faisait erratique. Elle allait perdre connaissance, elle le savait.

Le Traqueur s’accroupit à sa hauteur et prononça ses premiers mots :

« C’est pour votre bien, Vénérable Zoya. N’ayez pas peur. »

Peur ? Elle trembla. Son corps faiblissait. Sans la boue qui la retenait jusqu’aux genoux, elle se serait écroulée. Ses paupières se faisaient lourdes sur ses yeux où des points noirs miroitaient. Le guerrier prononça d’autres mots, mais seul un bourdonnement parvint jusqu’à ses oreilles. Elle perdait pied.

Elle n’avait pas peur, non. Elle était terrifiée.

Commentaires

Le fléau ! Le fléau ! Le flé... Ahhh ! Le voilà. LA, vilaine catastrophe. Étrange aussi. Les Terres libres de Marú, des voisins d’Ezfëm (la géographie se précise encore davantage, c'est cool !), ont été dévastées par un "feu", donc ? C'est curieux comme catastrophe, je me demande ce qu'il s'est concrètement passé.
Bon point encore pour la géographie : les montagnes. La légende spirituelle qui les entoure est intéressante aussi.
C'est un combat passionnant qu'on a là, quoi que très inégal pour cette pauvre Zoya ! Je ne savais pas trop ce que donnerai la magie runique en situation, me voilà instruit ! Donc on peut être à la fois guerrier et mage ? Et les traqueurs sont communs aux deux branches de la Confrérie, c'est ça ?
Bon, et Zoya, que lui arrive-t-il ? Elle est allergique au jus de fraises des bois, ou quelque chose comme ça ? Et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que ce traqueur ne va pas le ramener à la capitale...
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lundi 20 août à 14h00
Tu l'attendais ce Fléau ! J'espère que c'était à la hauteur de tes attentes justement :P

Citation de @Hugo :
C'est un combat passionnant qu'on a là, quoi que très inégal pour cette pauvre Zoya ! Je ne savais pas trop ce que donnerai la magie runique en situation, me voilà instruit ! Donc on peut être à la fois guerrier et mage ? Et les traqueurs sont communs aux deux branches de la Confrérie, c'est ça ?


Si le combat avait été équitable, Zoya aurait bien plus facilement eu le dessus, ce qui n'était pas dans les intentions de son adversaire bien évidemment. Ce sera développé mais les Mages peuvent effectivement se spécialiser dans les arts de la guerre, et les Traqueurs sont effectivement une seule unité où les deux se mêlent.


Citation de @Hugo :
Bon, et Zoya, que lui arrive-t-il ? Elle est allergique au jus de fraises des bois, ou quelque chose comme ça ? Et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que ce traqueur ne va pas le ramener à la capitale...


Elle est allergique à la fraise des bois oui (et plus ou moins à tous les fruits rouges). Même les plus grands ont leur faiblesse !
Quant au reste... wait and see ;)
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lundi 20 août à 21h34
Woooah ! Alors tu vois, rien que pour la paix du début de chapitre, j'allais te dire que c'est mon préféré ; il est très immersif en plus de sacrément définir l'univers, tant géographique que géopolitique et historique. C'est un plaisir de suivre Zoya et ses pensées -à l'opposé de ce "gros fragile" d'Alren-, mais alors, cette fin ! Un affrontement runique aussi prenant que bien écrit, c'est à... couper le souffle :p

Autre précision, sur un élément inattendu : le "présent" des Survivants de l'Après-Minuit se passe en l'an 427, comme ton Fléau... De quoi craindre pour la suite de mon histoire ? ^^
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mardi 21 août à 12h52
Laissez mon petit Alren tranquille ! Il pourrait bien vous étonner le "gros fragile" haha
Merci pour tes compliments, ça fait plaisir à lire. Nouvel objectif : réussir à conserver cette qualité sur les chapitres à suivre !


Citation de @JulienWillig :
Autre précision, sur un élément inattendu : le "présent" des Survivants de l'Après-Minuit se passe en l'an 427, comme ton Fléau... De quoi craindre pour la suite de mon histoire ? ^^



Énorme ! J'ai choisi une date au pif, honnêtement. Les grands esprits se rencontrent ;)
Je conseillerais à Kagero de faire attention au feu du coup :P
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mercredi 22 août à 07h55

Citation de @MarineLabaisse :
Énorme ! J'ai choisi une date au pif, honnêtement. Les grands esprits se rencontrent ;)
Je conseillerais à Kagero de faire attention au feu du coup :P



... elle a vécu bien pire, tu verras. Mais je transmettrai quand même^^

Citation de @MarineLabaisse :
Laissez mon petit Alren tranquille ! Il pourrait bien vous étonner le "gros fragile" haha



Faut dire aussi que Zoya ne le met pas particulièrement en valeur dans ses pensées :p
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mercredi 22 août à 10h53
Très belle la description de Zoya ! J'adore la partie sur sa peau et ses veines haha

Des gouttes d’eau tombaient de sa natte et glissaient sur son dos, comme celles d’une clepsydre décomptant le temps qui lui restait avant de se transformer en simple humaine impuissante." > ce passage est beaucoup trop beau *--*

Ohlala LA FIN MAIS. NON. JE REFUSE.
T'as pas le droit de nous laisser sur ça...

Du coup c'est quelqu'un qui a été envoyé pour la ramener, non, si c'est "pour son bien" ? Mais quand même, c'est chelou de déclencher son allergie JUSTE pour la ramener !
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samedi 25 août à 22h31
Alors, si, j'ai le droit hehe. Je ne peux pas t'en dire plus ;)
Merci pour tes compliments ♡
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samedi 25 août à 22h33
C’est un beau chapitre, très immersif, et j’aime de plus en plus Zoya ! J’ai du mal à comprendre les intentions du Traqueur par contre, j’ai hâte d’en savoir plus !
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dimanche 26 août à 01h10
Merci ! On en saura plus par la suite oui ^^
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dimanche 26 août à 17h54
Sacré chapitre ! Tu nous as tellement vendu Zoya en teasant, c'est satisfaisant d'enfin la voir à l'oeuvre^^
J'aime beaucoup l'idée de l'allergie, c'est inattendu et ça pose un suspense particulier...
Le petit développement de background est bienvenu ! On en apprend davantage sur les relations des Astres et la façon dont ils cohabitent d'une manière quasi ésotérique, c'est très cool. Mais chaque chapitre me fait douter de mon perso préféré du LRE, je les aime tous en fait ;_;
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lundi 27 août à 10h29
Haha, contente de lire ça ! Il faut tous les aimer, ils le méritent.
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lundi 27 août à 10h54
Vu cette fin, je suis vraiment TRES HEUREUSE d'avoir le chapitre suivant à lire aussi..
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lundi 1 octobre à 21h10
Tu risques d'être un peu déçue haha
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lundi 1 octobre à 21h14
Je suis beaucoup trop déçue.. :'( haha
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lundi 1 octobre à 21h16
Aha je pensais avoir commenté mais non, j'avais oublié de cliquer sur "envoyer" x) Hop, je recommence.
Ce chapitre est super chouette, le moment de calme et de méditation est bien décrit et le contraste avec le combat qui suit donne une dynamique entraînante. J'aime aussi beaucoup le concept de magie runique, j'avais moi-même créé un univers où les mages traçaient des runes pour invoquer des éléments, un peu de cette manière ^-^ D'ailleurs, n'y aurait-il pas une petite influence d'Avatar le dernier Maître de l'Air dans cette scène de combat ? L'utilisation des éléments m'a beaucoup rappelé cette série !
Enfin, un peu d'explications sur le Fléau ! (J'étais partie à m'imaginer un genre de maladie contagieuse qui décimerait tout le monde.) On comprend mieux, même si d'autres questions se posent : y avait-il des preuves pour faire accuser Wilann ? Pourquoi cette guerre dont on tait les raisons ? Ça sent le complot, tout ça.
Et pour finir, je le trouve très étrange ce jus de fraise, j'aurais jamais pensé à utiliser les allergies de quelqu'un pour lui faire perdre connaissance… Et puis c'est grave dangereux :O
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lundi 1 octobre à 21h35
Hehehe oui il y a un peu d'inspiration en effet. Le personnage de Zoya est un personnage que je jouais sur un RPG inspiré d'Avatar et elle était maître de l'air ^^ donc forcément, on sent encore l'origine de son histoire malgré l'adaptation qui en a été faite.
Je suis contente que la scène de méditation t'ait plu ! C'est ma préférée personnellement :)
Pour les preuves contre Wilann, disons que seul lui aurait pu déclencher un feu de cette ampleur, donc ça le désigne d'office coupable. Mais tu verras bien ce qu'il en est réellement ^^


Citation de @MoutonGarou :
Et pour finir, je le trouve très étrange ce jus de fraise, j'aurais jamais pensé à utiliser les allergies de quelqu'un pour lui faire perdre connaissance… Et puis c'est grave dangereux :O



Alors ! En fait il fallait quelque chose qui puisse l'empêcher d'utiliser ses pouvoirs, car sinon elle est quasiment invincible. Il est plus simple de l'immobiliser temporairement et de l'empoisonner que de la vaincre. Et comme ils n'ont pas de fléchettes paralysantes ou autre, j'ai dû trouver une alternative... Utiliser son allergie est dangereux oui, mais c'était un risque à prendre ~
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mardi 2 octobre à 08h11