19

Marine Labaisse

mercredi 20 juin 2018

Le Royaume d’Éna — Livre I

Chapitre 3

« Au terme de sa formation, la recrue fera connaître son choix d’arme. Celle-ci lui sera alors confectionnée et offerte pour marquer son ascension au titre de Guerrier. »

Extrait du Code de la Confrérie.



Shana se baissa pour éviter le coup de poing qui sifflait dans sa direction. Elle profita de sa position pour pivoter sur sa jambe d’appui, souleva au passage un nuage de poussière, et faucha les pieds de son adversaire. Essaya, du moins. L’homme fut momentanément déséquilibré, mais Shana n’eut pas le temps de se redresser qu’il avait déjà retrouvé sa position de défense. Son bâton serré dans les mains, la jeune femme fixait la montagne de muscles à la recherche de la moindre faille. Elle avait vite appris que dans un combat singulier, il ne servait à rien de se précipiter, au risque de s’exposer inutilement.

Malheureusement, l’expérience de son adversaire ne lui offrait aucune ouverture. L’angoisse commença à poindre. Le soleil tapait sur le dos de la guerrière, la chaleur s’ajoutait aux perles de sueur qui coulaient sur sa peau. Elle humecta ses lèvres. Ce fut le signal que l’homme attendait : elle avait commis l’erreur de laisser son esprit errer ailleurs un bref instant. L’attaque qui visait son épaule gauche fut parée de justesse, mais la puissance du choc résonna dans ses bras mal ajustés et la força à reculer de deux pas. L’assaillant ne lui donna pas le temps de reprendre sa posture défensive : déjà il se lançait sur elle, bâton levé au-dessus de sa tête. Elle esquiva sur le côté – sa rapidité était son seul atout. Shana abattit son arme sur les reins de l’homme, qui étouffa un souffle surpris avant de profiter de leur proximité pour lui asséner un poing dans l’estomac. La jeune femme sentit sa respiration se couper quelques fractions de goutte. Elle sut qu’elle avait perdu avant même de se retrouver au sol, le bâton de son adversaire posé contre sa gorge.

« Tu t’es encore laissée déconcentrer. »

Le reproche claqua.

« Je suis désolée, Lieutenant, répondit-elle en baissant les yeux.

— Tu seras désolée lorsque tu mourras sur un champ de bataille ; relève-toi, maintenant. »

Shana s’empressa d’obéir, réfréna l’envie d’épousseter sa tunique et se tint droite face à son supérieur. La honte lui chauffait les joues, heureusement invisible sur sa peau aussi noire qu’une obscurité sans lunes. Elle avait achevé sa formation cinq révolutions plus tôt, mais manquait cruellement de tout ce qui caractérisait un bon Guerrier. Souvent, elle laissait son cœur prendre le dessus et lui souffler qu’elle n’y arriverait jamais.

Aujourd’hui encore, elle n’avait pas été à la hauteur de l’entraînement de son unité. Le lieutenant lui avait imposé ce combat supplémentaire tandis que les autres avaient repris leurs fonctions, les sourires moqueurs à peine dissimulés. La Mekri, qu’on l’appelait, en référence à cette Mage qui s’était trompée lors de son tracé de rune, et avait enseveli cinq unités sous une montagne au lieu de leur ouvrir un tunnel, six révolutions plus tôt. Le sobriquet était aussi dédaigneux que haineux – ses frères et sœurs d’armes ne l’avaient jamais appréciée.

Le lieutenant remarqua la lueur du doute s’installer dans les yeux de jais de son soldat, juste avant qu’elle ne les fléchisse vers le sol, alors qu’elle aurait dû le fixer sans ciller. L’attitude de Shana était intolérable pour son poste, elle le savait. La réprimande ne tarderait pas à tomber.

« Tu feras cinquante fois le tour de la cour, puis tu nettoieras les écuries. Ça devrait te laisser le temps de trouver comment améliorer ta concentration. Et que je ne te voie pas lésiner. Si je ne constate pas de progrès au prochain entraînement, je m’assurerai en personne de ta révocation. »

Il s’éloigna sur ses mots, la laissant seule dans la cour de la Confrérie, au milieu des recrues qui s’exerçaient et, elle l’espérait, n’avaient rien entendu de leur échange.





Fotiá s’était couché, terminant l’ensoleillement de la ronde pour laisser place à l’obscurité. Il avait caressé une dernière fois la lune Neró puis l’avait abandonnée dans le ciel étoilé. Elle ne resterait seule que pour un rayon, le temps que son amie Ánemos la rejoigne. La Lune d’Eau ne craignait pas la solitude : elle s’enivrait de la quiétude de ce moment où les humains regagnaient leurs demeures et partageaient un repas après une ronde de dur labeur. Ils nommaient cet instant la veillée de Neró.

La fourche en main, Shana soulevait les tas de paille souillés et les déposait dans la caisse qu’il lui faudrait ensuite porter jusqu’à la fosse commune. La veillée avait débuté : la jeune femme entendait au loin les bruits des couverts et des conversations s’échapper de la salle de repas. Les plaintes de son estomac et la fatigue n’étaient pas les seules entraves à sa tâche : la clarté de la Lune, quoique suffisante pour éclairer l’extérieur, n’était d’aucune utilité pour rendre l’intérieur des écuries visible. La Guerrière évoluait à l’aveuglette depuis plusieurs divisions, mais elle n’irait pas se risquer à piocher dans les rares réserves d’huile pour allumer une lampe. Quant à utiliser un lampion, elle serait sévèrement punie pour avoir détourné une technologie si onéreuse. Elle n’avait pas le choix : elle devait terminer les deux stalles restantes en s’abimant les yeux.

Pour se donner du courage, et faire abstraction de la solitude, elle commença à chantonner une comptine que sa mère lui fredonnait dans sa petite enfance. Une chanson du Sud, aux allures de leçon maquillée par de belles notes.


Jolis, jolis Astres,

Étaient fatigués.

Dans le ciel, si hauts,

Sans se reposer.


Jolis, jolis Astres,

Pour pouvoir dormir,

Dans le ciel, si hauts,

Une ronde tenir.


Elle se souvenait avoir souhaité être présente au temps où leurs cinq Astres illuminaient le ciel tous en même temps. Le spectacle devait être grandiose. Elle avait compris en grandissant qu’il était peu probable que ce temps ait existé un jour, bien qu’elle se surprenait encore à en rêver. La ronde était immuable, toujours ce même ballet réglé à la goutte près et qui permettait à leurs protecteurs de se reposer.


Au premier rayon,

Gi se lèverait.

Le soleil de Terre

Seul veillerait.


Au sixième rayon,

Fos le rejoindrait.

Le soleil Lumière

Illuminerait.


Au septième rayon,

Fotiá monterait.

Le soleil de Feu

Les complèterait.


Un étalon s’ébroua dans la stalle voisine. La voix de Shana mourut dans l’air. La plupart des chevaux était calme. Elle reprit donc sa tâche en chantonnant la suite :


Au huitième rayon,

Fos très fatigué,

Vidé de sa force,

Devrait les quitter.


Au dixième rayon,

Gi se coucherait.

Le regard de feu

Pourrait débuter.


Le regard de feu. Le nom avait changé depuis le Fléau : ces trois rayons où Fotiá veillait seul étaient maintenant renommés regard du traître. Shana se demanda si la comptine avait évolué également : elle n’était pas retournée dans le Sud pour le savoir.

Un rayon de Neró lui souffla la suite de la chanson :


Au treizième rayon,

Neró s’élev’rait.

La belle lune d’Eau

Les hommes apais’rait.


Au quinzième rayon,

Fotiá s’en irait.

Alors la veillée

Le r’pos annonc’rait.


D’un coup de fourche, elle finit de remplir la caisse. La veillée de Neró annonçait peut-être la fin du travail, mais le sien était loin d’être terminé.


Au seizième rayon,

Enfin arrivée,

Ánemos, lune d’Air

La ronde rejoindrait.


Au vingt’unième rayon,

Neró s’retir’rait

Et jusqu’au premier,

Ánemos veill’rait.


Jolis, jolis Astres,

Enfin reposés,

Dans le ciel, si hauts,

Nos pas accompagn’raient.


« Que Fotiá accompagne mes pas », récita-t-elle par automatisme.

Une odeur forte lui irrita les narines. Impossible de savoir si elle provenait du tas de fumier ou de ses vêtements imprégnés de sueur et de crottin. Un tour par le lavoir s’imposait avant d’aller dormir ; l’obscurité serait courte. Shana poussa un long soupir. Elle aurait voulu voir Lilly avant le couvre-feu ; ce ne serait pas pour ce soir.

La jeune femme sortit des écuries, la caisse pleine dans les bras et le nez plissé. La fosse à purin se situait à quelques pieds seulement ; c’était une aubaine, car étant seule à nettoyer, elle devait se contenter de la plus petite boîte – celle qu’elle pouvait porter à la force de ses deux bras – et multipliait donc les allées et venues. Elle déversa son contenu sur le tas déjà conséquent avant d’essuyer son front dégoulinant de sa manche sale. Son crâne lisse luisait sous la Lune.

« Plus de doute possible : je sens la merde de cheval », cracha-t-elle, lasse.

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas été de corvée : les Guerriers ne s’abaissaient pas à de telles tâches habituellement. C’était aux recrues ou aux serviteurs de s’en charger. Une fois de plus, elle serait la risée de la Confrérie. Si l’idée était aussi peu réjouissante que le travail qu’elle effectuait, elle n’en voulait pas pour autant à son lieutenant. Il avait eu raison de la remettre à sa place, car elle faisait honte à son grade. Si l’on connaissait son nom ici, ce n’était certainement pas pour ses exploits. Elle le savait, beaucoup soufflaient qu’elle ne devait son titre qu’à sa sœur. Et honnêtement, elle finissait par y croire de plus en plus.

Des pas pressés vinrent la sortir de ses pensées sombres : une jeune recrue approchait. Elle ne devait avoir qu’une dizaine de révolutions, mais déjà plus d’assurance dans le regard qu’un adulte.

« Guerrière Shana, vous êtes attendue dans les appartements du Commandant. »

La jeune femme la considéra, interdite. Que pouvez bien lui vouloir le Commandant pour la mandater ainsi ? Allait-elle être révoquée, jetée aux portes de la Confrérie ? Une boule d’angoisse vint lui comprimer la gorge. Ce n’était pas possible. Pas après tous les efforts qu’elle avait entrepris pour être ici. Et Lilly… qu’adviendrait-il de sa sœur si on la chassait ? Non, elle ne pouvait pas s’y résoudre.

Les mains tremblantes, elle déposa la caisse au sol et épousseta les saletés sur sa tenue. Elle n’avait pas fière allure.

« Ai-je le temps de me rendre plus présentable ? » souffla-t-elle.

L’enfant lui répondit d’un mouvement de tête négatif. Dans un soupir, Shana se résolut à la suivre. Elle fit une courte halte près d’un baquet afin d’y plonger les mains pour asperger son visage et son crâne rasé. Sa tunique était si sale qu’elle n’était pas certaine d’avoir fait mieux ou pire lorsqu’elle s’essuya avec.

La recrue la conduisit à travers le bâtiment. Elle aurait pu se contenter de transmettre le message, mais il paraissait évident qu’elle prenait sa mission à cœur et souhaitait la mener jusqu’à son terme.

La Confrérie, en plus d’être l’organisme de protection du royaume, était également le nom donné à la ville-forteresse qui l’abritait. La partie Est du fort était réservée aux Guerriers et à leurs recrues ; la partie Ouest aux Mages et à leurs apprentis. La sécurité d’Ezfëm ne revenait pas seulement aux soldats en armures, mais aussi aux traceurs de runes. C’était ici que l’on formait les jeunes présentant des aptitudes pour l’une ou l’autre de ces disciplines, avant de les orienter vers des missions et des postes à travers tout le royaume.

S’ils œuvraient ensemble, les deux pôles de la Confrérie étaient tout de même indépendants. Il était rare de les voir se mêler, pas même pour les repas : la salle commune se divisait en deux longues tablées implicitement réservées aux sorciers d’un côté, aux soldats de l’autre. Quant aux dirigeants, ils ne se ressemblaient en rien. Les Mages étaient sous les commandes du Cercle, un conseil composé de cinq Grands Mages – un pour chaque Astre. Les Guerriers, eux, répondaient aux ordres du Commandant. Ce même Commandant chez qui Shana avait été convoquée.

Les longs couloirs de pierre blanche revêtaient une aura lugubre : les lueurs des torches disséminées çà et là dessinaient des fantômes sur les murs, le silence augmentait l’écho de leurs pas. La marche lui sembla à la fois sans fin, et bien trop courte. Elle n’osait parler, ne le pouvait pas. Les mêmes questions tournaient en boucle dans son esprit, parfois interrompues par des conseils qu’elle tentait d’appliquer. Tiens-toi droite. Relève la tête. Sois fière. Elle n’était pas certaine de les avoir parfaitement assimilés lorsqu’une voix l’invita à entrer dans les appartements du Commandant.

La jeune femme réussit à conserver un visage neutre, mais son cœur battait la chamade : devant elle, quatre personnes l’attendaient. Elle en reconnut deux : outre le propriétaire des lieux, sa sœur se tenait là. Les deux autres hommes lui étaient inconnus, bien qu’elle devinât leur identité assez facilement. L’un portait la tenue des Guerriers, tandis que le second arborait la casquette des messagers. Elle commençait à réviser la raison de sa présence ici.

Le messager ne retint pas sa grimace devant l’apparence déplorable de la nouvelle arrivée, qui en rougit de honte. Encore.

« Bien, amorça le Commandant, nous voilà donc au complet. »

Au complet pour quoi ? Les visages ne laissaient rien transparaître. Shana espérait que ses traits ne trahissaient pas son inquiétude : elle était si expressive, cela lui avait souvent été reproché. Quoi qu’il en soit, le chef des armées poursuivit sans la moindre remarque à son encontre. Ouf.

« Messager, voulez-vous lire la missive du Chancelier pour nos nouveaux venus ? »

L’émissaire se redressa et déroula une lettre autrefois scellée. Shana crut avoir mal entendu l’identité de l’expéditeur, mais le motif dans la cire brisée ressemblait à celui de la Chancellerie. L’homme s’éclaircit la gorge :

« Commandant,

J’ai le regret de vous annoncer par cette missive la disparition du Vénérable Mihren, Réceptacle de Neró. Notre peuple, comme moi-même, sommes très inquiets de la tournure des récents événements. Je sollicite votre aide afin de retrouver notre disparu. Il me semble que les Réceptacles seront les plus à même de remplir cette mission grâce au lien qui les unit les uns aux autres. J’invite la Vénérable Lilly à rejoindre Völlat au plus vite, où elle retrouvera la Vénérable Zoya.

Nous ne savons malheureusement pas quel danger nous affrontons, et il serait préférable que cette expédition reste discrète. Je vous demanderai donc de fournir seulement deux de vos Guerriers pour épauler nos Réceptacles et les protéger.

Que nos Astres veillent sur votre ronde.

Chancelier Somai Genvger »

Le silence accueillit la fin du message. Shana risqua un regard vers sa sœur : elle s’inquiétait de l’impact qu’avait pu avoir la nouvelle. Mais Lilly ne montrait rien, le visage totalement lisse. Cela n’avait rien d’étonnant : la plus jeune savait contrôler ses émotions, elle. Une raison parmi tant d’autres pour l’admirer.

Ce fut le Commandant qui mit fin au silence pesant, une fois de plus, alors que le messager repliait la missive :

« Après discussion avec la Vénérable, celle-ci a demandé le droit de pouvoir sélectionner ceux qui l’accompagneraient lors de cette expédition. Je ne vous cacherai pas que mon choix se serait porté sur des soldats plus expérimentés, mais elle a avancé des arguments que je ne peux réfuter. (Il se tourna vers les deux Guerriers.) Vous serez donc chargés de la sécurité de nos deux Réceptacles. Je ne pense pas avoir besoin de vous dire à quel point cette mission est importante ; certainement la plus importante que vous aurez à mener de votre existence. »

Il continua pendant de nombreuses divisions, leur expliquant leurs devoirs, les sacrifices qu’ils devaient être prêts à entreprendre, et l’honneur de la Confrérie qu’ils représenteraient. Jamais Shana ne s’était sentie aussi peu à sa place que dans les appartements du Commandant, le visage bouseux et la tunique au fumet de sueur froide, à écouter son supérieur lui parler de son honneur. Et elle n’était pas la seule à le penser, si l’on en croyait les regards désapprobateurs du messager.

Lorsque le Commandant termina son discours, la Guerrière priait les Astres pour que la faim qui lui dévorait l’estomac ne vienne pas la ridiculiser avec des gargarismes.

« Vous partirez demain à l’aube. Préparez vos sacs ce soir. »

Puis il les libéra. Enfin.

Le Guerrier, dont elle ignorait encore le nom, sortit le premier pour disparaître dans le dédale de la Confrérie. Shana le suivit de près, mais s’arrêta un peu plus loin pour attendre sa sœur. Elle savait que le Commandant souhaiterait lui parler seul à seule. Le messager passa à sa hauteur, accompagné d’une recrue certainement dépêchée pour le guider jusqu’aux appartements des visiteurs. Aucun des deux ne lui accorda le moindre regard.

Quelques divisions furent nécessaires pour que la jeune femme réalise ce qui venait de se dérouler. Une mission. On lui avait confié une mission. Pas un éternel déplacement dans le royaume pour relever des Guerriers en faction, pas une bête et banale surveillance de transport de marchandises grassement payée par un Citoyen. Non, une véritable mission, de celles réservées à l’élite de la Confrérie. Elle marquerait peut-être l’histoire du royaume.

Très vite, l’excitation laissa place à l’angoisse : était-elle à la hauteur de la tâche, elle qui avait été menacée de révocation à peine trois rayons plus tôt ? C’était à Lilly qu’elle devait sa présence dans l’escouade, et non à ses compétences. Sa sœur avait certainement pensé bien faire, mais ne les mettait-elle pas tous en danger en la préférant à un candidat plus expérimenté ? Elle se trompait, c’était évident. La Guerrière aurait dû s’en apercevoir plus tôt, décliner la mission et proposer des noms plus réputés pour prendre sa place. C’était ce qu’il fallait faire. Il lui en coûtait de laisser sa seule famille partir au-devant des dangers sans qu’elle soit à ses côtés, mais elle devait être lucide : elle n’était pas celle qui la protégerait. Shana devait le lui dire au plus vite, la convaincre d’annoncer au Commandant le changement de l’équipe. Il fallait à tout prix que…

« Tu m’attendais ? »

Le sourire de Lilly contrastait avec l’air paniqué qu’affichait son aînée. La douceur de l’enfant manqua de déstabiliser la jeune femme : elle aurait suivi sa sœur au bout du monde. Une fois de plus. Mais la raison devait prendre le pas sur le cœur cette fois-ci.

« Lilly… Tu dois choisir quelqu’un d’autre… Je vais vous ralentir, je le sais… »

La concernée leva une main pour l’arrêter.

« Ne dis pas n’importe quoi. Va préparer tes affaires et te laver.

— Non, je…

— Je n’ai pas la force de parler. Il faut que je dorme. »

Sa voix était ferme, mais faible. La Guerrière se calma aussitôt et avança une main pour caresser la joue de la fillette. Il se faisait tard pour une enfant ; plus tard encore pour Lilly.

« Tu veux que je te porte à ta chambre ? »

La concernée refusa d’un mouvement de tête : ses appartements se situaient dans la même aile que ceux des hauts gradés de la Confrérie, elle était capable de s’y rendre seule. Shana n’avait pas besoin de l’entendre de sa bouche pour le comprendre ; elle connaissait sa sœur par cœur. Elle se contenta donc de déposer un baiser sur son front et de la pousser dans la bonne direction en lui soufflant une bonne obscurité de sommeil.

Le lendemain. Elle déclinerait la mission le lendemain.

Commentaires

Une nouvelle protagoniste, alors ? Elle promet de bien galérer, celle-là ^^'
La comptine est sympa, de même que tout ce qui caractérise ton univers. Continue comme ça :)
 3
mercredi 20 juin à 10h24
Et c'est rien de le dire !
Merci pour ton commentaire ♡
 1
vendredi 22 juin à 19h22
"Il s’éloigna sur ses mots" > J'aurais plutôt dit "sur *ces mots", mais c'est toi qui vois.

Rohlala ce chapitre est passé trop vite. Je crois que c'est mon préféré de ce petit début ! Je n'ai vraiment pas grand-chose à dire, comme tu peux le constater :)
J'apprécie déjà Shana. Sa faiblesse ne la rend que plus humaine à nos yeux, on la prend un peu "en pitié", on se rend compte qu'elle veut bien faire, qu'elle redouble d'efforts, et ce n'est pas assez. Ça laisse une large possibilité d'évolution pour ce personnage, jusqu'à la fin de l'histoire ;)

Et du coup, Lilly est sa soeur ! Ok ! Elle vient de lui offrir l'opportunité de prouver sa valeur... et, peut-être que la protection de sa soeur sera le plus puissant des moteurs pour sa progression :)

Tout se recoupe, les différents axes de l'histoire s'apprêtent à se rejoindre... ça promet :D

J'ai hâte de voir Shana dans la suite. Bon courage, tu gères ♥
 2
mercredi 20 juin à 16h17
Je suis vraiment contente que ça te plaise autant, ça fait chaud au coeur !

Bien vu pour le ses/ces, je corrigerai ça ! Merci ♥
 1
vendredi 22 juin à 23h05
Génial ce troisième chapitre, j'aime déjà beaucoup Shana et ce n'est pas fini, je pense, hâte d'en savoir plus sur elle.

J'adore la petite comptine, ça nous permet d'en savoir un peu plus sur les astres et c'est sympa, surtout que c'est subtil et bien amené, bravo.

Bref, j'adore toujours et je n'ai pas vu ce chapitre passer, hâte de lire le suivant ^^
 1
jeudi 21 juin à 00h40
Ah, Shana est appréciée, ça c'est super :D
La comptine était un vrai challenge, je suis heureuse de voir qu'il est réussi du coup. Merci beaucoup pour ton avis !
 0
vendredi 22 juin à 23h06
Ahaaah, depuis le teasing sur Shana j'avais hâte de la voir apparaître ! Nouveau personnage préféré <3
Alors comme ça il peut y avoir des enfants Vénérables, aussi ? Sympa la famille !
 1
jeudi 21 juin à 12h29
Mais qui est ton personnage préféré au bout du compte ? XD
Alors oui, les Réceptacles peuvent être des enfants ^^ mais ce sera expliqué plus tard, tu verras !
 1
vendredi 22 juin à 23h08
Shana a détrôné les autres ! <3
 0
samedi 7 juillet à 11h38
Très chouette ce nouveau personnage, j'ai vraiment hâte de mieux la connaître et on sent qu'elle peut vivre une belle évolution :D
Voici pour mes petites remarques :
"Et Lilly… qu’adviendrait-il de sa sœur si on la chassait ?" : des deux, Lilly semble être celle qui a le moins de soucis à se faire par rapport à Shana qui est au bord de l'exclusion. D'ailleurs, si Shana est encore là ce serait justement grâce à sa sœur (ou du moins, c'est ce que disent les rumeurs). Du coup je ne comprends pas trop le pourquoi de cette phrase… J'imagine que tu veux faire référence à l'instinct protecteur de l'aînée sur la plus jeune ? Mais à ce moment-là on ne sait pas encore qui est l'aînée. Bref, ça prête un peu à confusion étant donné ce qui est dit avant ^-^

J'aurais bien aimé lire une petite description des appartements du Commandant, même brève, parce que j'ai un peu manqué de décor à ce moment x) Mais sinon c'est toujours très plaisant à lire, on en apprend un peu plus sur ton univers avec la Confrérie, et la petite comptine est chouette ! Hâte de connaître la suite, de voir s'il y a encore des nouveaux persos à venir ou pas, quand ils se rencontreront… bref, ça promet ! ;)
 1
lundi 25 juin à 12h28
Merci pour ton commentaire ! J'ai ajouté la précision pour Lilly et une petite description de la pièce :D (ça devrait être en ligne dans 10min maximum)
 0
mercredi 27 juin à 22h39
Je l'aime bien, cette grande Shana ! Sa faiblesse la rend attachante, touchante, j'ai envie de savoir ce qui va lui arriver ! Sa petite sœur a l'air sympa aussi, j'ai toujours été fasciné par les enfants aux grands pouvoirs/responsabilités/possibilités. J'aurais trouvé intéressant de détailler davantage Le guerrier et le commandant, au moins physiquement. Idem pour la petite sœur , des descriptions physiques enrichiraient bien le récit je pense.

Jolie petite comptine, qui nous apprend toute la danse des astres, très intéressant. C'est joliment présenté, Bravo !

Je trouve le système de cette Confrérie intéressant. Qui dit confrérie, appelle à une certaine camaraderie, pourtant, ironiquement, les guerriers et les mages sont séparés ! Et ce n'est pas seulement un mélange de la force armée avec la force magique, car en plus il faut prendre en compte l'autorité religieuse ! Audacieux et original, j'aime beaucoup.

Mekri... Ahah, top l'anecdote. Je vais le retenir ce sobriquet.
 1
lundi 25 juin à 23h56
Merci ! Pour Lilly et le Guerrier, ce sera fait au chapitre suivant, histoire de pas balancer trop de descriptions d'un coup ^^ mais je vais en rajouter une pour le Commandant, tu as raison !
 0
mercredi 27 juin à 22h41
Ah ! Je serais frustrée de pas avoir tout de suite la suite des aventures de Zoya (que j'aime beaucoup) si je n'avais pas tant aimé cette Shana boulet et anxieuse qui se retrouve embarquée dans un truc bien trop grand pour elle. Y a pas à dire, j'attends la suite impatiemment :3
 1
samedi 30 juin à 11h21
Haaaaaa je suis contente ! Shana n'a pas le charisme de Zoya mais elle est tellement attachante. Merci pour ton commentaire ♡
 0
samedi 30 juin à 14h26
C'est pas bon signe si elle a du mal pendant les entraînements. Ça promet pas mal de péripéties
 1
dimanche 1 juillet à 16h06
Oui c'est sûr x)
 1
lundi 2 juillet à 09h14
Me voilà (En retard) alors franchement je penses que c'est le meilleur chapitre que tu ais écrit depuis le début (selon moi), en tout cas c'est celui que j'ai préférée :)
Shana est un personnage intéressant, je penses qu'elle a un bon chemin a parcourir et donc une évolution qui promet ah ah alors à la fois elle est d'une faiblesse et on voit qu'elle se sous-estime en se comparant souvent à sa soeur mais en même temps elle se pose des questions et on sent qu'elle serait prête à tout pour protéger sa soeur et ça c'est beau :3 sinon le chapitre est bien, il se lit facilement. J'ai juste une question : " La jeune femme sentit sa respiration se couper quelques fractions de goutte." Ça se dit quelques fractions de goutte?
J'ai trouvé aussi très intéressant le nom qui s'est transformé en "Le regard du traître" ça montre qu'une civilisation évolue et ça rend ton univers réaliste, et un point supplémentaire pour la comptine.
 1
samedi 7 juillet à 11h36
Han merci, ça me fait plaisir ! Shana a clairement plein de choses à montrer, elle est loin d'être un personnage simple, et sa relation avec Lilly est très belle, tu verras.
Les gouttes sont l'équivalent des secondes dans mon univers, donc j'adapte l'expression "quelques fractions de seconde" ;)
 0
jeudi 19 juillet à 16h18