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Julie Nadal

mercredi 14 mars 2018

Prime de Fisc

Chapitre 1

Les cloches sonnèrent dans le lointain : célébrait-on un enterrement dans la bourgade ? La rengaine s’entêta de longues minutes et personne ne semblait décidé à y mettre un terme. Peut-être s’agissait-il plutôt d’un mariage , mais s’unir un mardi, c’était improbable. Encore que… Les gens ne respectaient plus rien depuis belle lurette.

Sous l’abri d’un porche bienveillant, Iuliana regardait la pluie tomber. Ses plates réflexions sur les carillonnantes ne servaient qu’à la distraire un peu de son agacement, mais l’efficacité du stratagème allait diminuant. Le trille joyeux d’un oiseau provoquait un frémissement rythmique de ses lèvres, synonyme d’une retenue sévèrement érodée. Le bleu de ses yeux tournait au gris orageux, reflet d’un ciel visiblement décidé à la noyer.

Le village qui avait l’honneur de l’accueillir ce jour-là nichait à mi-chemin entre Nulle-part et Pas-par-là, le genre d’endroit bucolique où l’on comptait plus de bovidés que d’humains. Heureusement, les chiens remontaient un peu le QI local, à l’exception du roquet minuscule qui aboyait désespérément derrière son grillage depuis l’arrivée de Iuliana. Les regards noirs dont elle le foudroyait à intervalles réguliers ne semblaient que le conforter dans sa certitude qu’il devait chasser l’intruse à grand renfort de jappements stridents. À l’usure, la stratégie allait finir par payer – ou alors c’était le cabot qu’elle allait se payer, Iuliana hésitait encore.

Lorsque la voiture de sport dernier cri tourna enfin au coin de la rue, la jeune femme poussa un soupir non dissimulé. Depuis une demi-heure qu’elle attendait entre les cloches, l’oiseau et le chien, les limites de sa patience avaient été allègrement piétinées. Une seule de plus, et le piaf aurait probablement fini vissé dans le clébard. Ou le contraire.

Le retardataire n’avait guère plus de vingt ans. Ses onéreuses lunettes de marque et sa mallette en cuir véritable accentuaient son allure BCBG naturelle. Il parcourut les alentours du regard, avant de tomber sur sa supérieure qu’il se hâta de rejoindre. Son visage arrondi par l’enfance lui donnait l’air un peu benêt, effet renforcé par ses tentatives pour s’abriter de l’averse sous le large col de son manteau. Iuliana lui en aurait collé des baffes.

« Désolé, Madame, il y avait un troupeau de moutons en travers de la route et…

— Garde tes excuses pour ceux qui les acceptent. C’est par là. »

S’étant acquitté de son chaleureux accueil, Iuliana plongea dans la pluie. L’eau vint immédiatement inonder sa chemise malgré son épais trench-coat vert-de-gris ; elle lui arracha un hoquet de surprise. Dieu, ce que la météo pouvait être pourrie ces derniers temps ! Et ce gosse qui l’appelait « madame » comme si elle était sa prof. La trentaine fraîchement dépassée, elle devait se rendre à l’évidence : le monde des adultes l’accueillait à bras ouverts.

Et des moutons en travers de la route… Sous cette pluie ? Quelle excuse bidon ! Le gamin ne brillait pas plus par son imagination que par son intelligence. Jusqu’à présent, la seule qualité qu’elle avait pu lui trouver reposait sur son ascendance. Être le neveu du boss le rendait suffisamment important pour qu’elle ne lui révèle pas le fond, fort peu reluisant, de sa pensée. Elle préféra se concentrer sur son chemin avant qu’une vulgarité ne lui échappe.

Le patelin étendait sa rue principale en pente douce vers la rivière locale. Iuliana espérait avoir quitté les lieux avant que les trombes qui se ruaient vers le cours d’eau ne le fasse déborder : hors de question qu’elle reste coincée dans les parages plus que nécessaire ! La campagne pouvait présenter quelques charmes, mais sûrement pas sous ce déluge, ni dans un trou aussi perdu.

Le nouveau trottinait derrière elle et sautait par-dessus les flaques pour ne pas abîmer ses souliers cirés. Ce qui n’avait guère de sens lorsque la chaussée entière se transformait en pataugeoire, mais elle se serait damnée plutôt que de le lui faire remarquer. Le suivre du coin de l’œil pour observer la ride de contrariété qui barrait son front suffisait à plonger Iuliana dans une humeur plus clémente. Un sourire effleura ses lèvres, vite réprimé sous son masque de glace habituel.

Manquerait plus qu’il ne s’attache en la croyant bienveillante, tiens ! Qu’on la force à traîner un bleu dans sa mission de routine pour lui faire découvrir la réalité du terrain passait encore, mais elle ne souhaitait pas sympathiser avec des incompétents pistonnés. Son contrat ne l’obligeait qu’à respecter les ordres, pas à y prendre du plaisir.

Elle se renfonça dans son large col noir pour tenter de faire barrage aux doigts glacés qui couraient contre sa gorge. La solution la plus simple aurait consisté à se munir d’un parapluie, mais elle s’y était fermement refusée. Un tel accessoire l’aurait immédiatement épinglée comme une citadine chic, ce qui lui aurait fermé toutes les portes du patelin. Son acolyte en Prada les faisait bien assez passer pour des bourges aux yeux des pécores.

Les cloches n’avaient toujours pas cessé leur vacarme. Personne ne décrocherait donc Quasimodo de sa corde ? Cette plainte lancinante poignardait ses nerfs déjà à vif. L’accalmie de son humeur devait prendre garde, il suffirait de peu pour…

« Ces cloches sont agaçantes, vous savez pourquoi elles n’arrêtent pas de sonner ? » l’interrogea fort mal à propos son compagnon.

Un seul regard le fit reculer. Il se figea un moment, décontenancé, avant de reprendre la route pour rattraper sa supérieure. Nul doute qu’il n’avait guère été confronté à l’adversité, cet enfant gâté à qui la vie avait déroulé un tapis rouge. Iuliana ne se leurrait pas. Elle avait pour rôle de calmer un peu les ambitions des recrues à leur arrivée, de briser les dents trop longues. À charge pour le reste de l’équipe de paraître sympathique et accueillant par la suite, elle leur aurait bien facilité la tâche !

Un foutu oiseau donna encore de la voix. La pluie redoubla. Iuliana eut l’impression qu’un torrent se vidait sur sa tête. Quelques mèches blondes lui collaient au visage, tentaient de rentrer dans sa bouche. Elle les repoussa d’un mouvement rageur ; le contribuable qui aurait affaire à elle aujourd’hui ferait mieux d’avoir les reins solides.

Les deux agents pénétrèrent finalement dans la cour d’une ferme délabrée. Une vieille grange occupait une large partie du mur, près d’un bâtiment en ruine. Un tracteur antique nichait dans la paille souillée, tandis que deux épaves rouillaient devant l’habitation. Iuliana s’approcha de l’une et essuya la vitre d’un revers de manche pour apercevoir l’intérieur. Elle n’y trouva que des fauteuils défoncés par l’âge, un cendrier vomissant de mégots et un sapin autrefois parfumé. Les clefs trônaient sur le contact. Personne n’aurait eu l’idée de monter dans une telle poubelle, alors la voler…

Le bleu vissé aux talons, Iuliana se dirigea vers la porte et y toqua fermement. Le perron offrait un porche étroit sous lequel se dérober à la colère du ciel. Ce maigre répit la soulagea un peu mais lui rappela surtout combien elle se gelait, ainsi imbibée jusqu’à l’os. Le nouveau s’installa de l’autre côté de l’entrée pour obtenir un peu de protection. Il lui lança un regard de chien mouillé qui aurait pu être comique, n’eussent été ses lunettes hors de prix et son physique de poupon.

En l’absence de réponse, elle donna de nouveaux coups contre le battant. Le contribuable du jour n’avait pas déclaré ses impôts depuis trois années consécutives. Ni les courriers, ni les recommandés, ni le personnel de recouvrement n’avaient obtenu grâce à ses yeux, et c’est lorsqu’il avait « émotionnellement bousculé » une employée un peu fragile que les grands chefs avaient décidé de lui envoyer Iuliana.

Créée il y a quelques années, la BSR, Brigade Spéciale de Recouvrement, arborait un nom d’une originalité ébouriffante pour cacher la bâtardise de son personnel, ni vraiment flic, ni vraiment fisc. Ses membres étaient investis de pouvoirs étendus – notamment le port d’arme – pour traiter des cas les plus délicats sans avoir à faire appel à la police traditionnelle. L’autonomie ainsi obtenue avait renforcé la puissance de l’administration fiscale de manière incommensurable, dans cette économie où les dépenses publiques connaissaient une inflation annuelle à deux chiffres.

L’inconvénient de faire partie de la BSR résidait en ce que la hiérarchie rechignait à se séparer de ses bons éléments. Iuliana ne le savait que trop bien : elle qui avait inauguré avec ambition et joie ce nouveau rôle s’y sentait désormais enfermée.

Enfin, un vieillard au visage ravagé par le temps, le tabac et la piquette ouvrit la porte. Son borborygme oscilla entre une salutation, une question et une affable invitation à foutre le camp.

Iuliana endossa avec aisance le masque d’agent de la BSR. Du haut de son mètre quatre-vingts, elle impressionnait même les assujettis les plus rétifs ; ils en oubliaient qu’elle était femme de chair pour ne plus voir que le bras armé de l’État venu réclamer son dû. Tantôt robot sans âme, tantôt ange exterminateur au service d’une grande cause, elle revêtait les rôles au gré de l’imaginaire de ses interlocuteurs sans jamais décevoir leurs attentes.

Ses origines slaves avaient ciselé ses traits avec finesse, mais ce minois de poupée fragile déstabilisait les gens lorsqu’il se parait de l’intransigeance que Iuliana affectionnait. Ses iris azur tournaient trop aisément à l’orage pour qu’ils fussent considérés comme beaux. Les tailleurs et trenchcoats qu’elle chérissait parachevaient son portrait.

Un sourire factice vissé aux lèvres, Iuliana sortit la carte d’identité que son rôle lui conférait et la tint à hauteur des yeux malades du vieux en débitant son discours bien huilé.

« Monsieur Haas ? Brigade Spéciale de Recouvrement, je suis l’officier Richter, et voici mon collègue, l’agent Müller. Pourrions-nous entrer pour discuter un moment ? »

Elle n’obtint pour seule réponse qu’une porte violemment claquée au visage. Dans un soupir, elle décrocha le pistolet de son holster. Elle doutait qu’il y en eût réellement besoin, mais n’avait jamais sous-estimé le moindre risque. Mieux valait un excès de prudence qu’un séjour à la morgue – le premier au moins bénéficiait d’une certaine réversibilité.

La situation lui paraissait grotesque : les informations qu’elle avait pu obtenir en parcourant le dossier faisaient le portrait d’un veuf déboussolé par la mort de sa femme. Avant le décès, les déclarations avaient toujours été parfaitement remplies. Elles reflétaient un couple pauvre, mais sans histoire, exempté d’impôt dans la plupart des cas du fait de leurs revenus dérisoires. La ferme du mari tournait à perte, mais il avait poursuivi son activité, coincé entre les dettes faramineuses de son matériel et les rares subventions octroyées. Il payait difficilement les premières grâce aux secondes, mais ne subsistait que par les revenus de madame. Lorsque celle-ci s’était éteinte, toute intendance administrative avait disparu de la maison.

Le lien se faisait facilement, et la situation aurait pu en rester là si Haas avait su tenir sa langue. Il se serait excusé platement, on lui aurait envoyé un expert pour mettre à jour toute la paperasse, en récompense des bons et loyaux services qu’il avait rendus en nourrissant le pays de son propre sang ; fin de l’histoire. Au regard de ses antécédents financiers et de l’état de la ferme, il ne devait probablement aucun impôt, mais sa tête de mule lui avait attiré l’attention de la BSR. Iuliana n’avait pas envie de rire.

Elle jeta un coup d’œil au nouveau :

« As-tu déjà enfoncé une porte ? »

Le regard effaré qu’il lui lança suffit à lui fournir une réponse. Non pas que celle-ci l’étonna, elle ne l’aurait de toute façon pas laissé faire, il n’était pas armé.

Iuliana tapa contre la porte. Son injonction fut étouffée par la pluie :

« Ouvrez, Haas ! Nous avons l’autorisation d’entrer ! »

L’autorisation en question dormait à l’abri d’une poche intérieure de son manteau. Elle ne la sortirait qu’en dernier recours, car ce genre de manifestation d’autorité mettait rarement les gens en confiance. Mieux valait réussir à s’introduire dans la maison par un beau sourire qu’avec un papier signé du bourgmestre. Les contribuables se raidissent moins lorsqu’ils croient avoir le choix.

Un fracas retentit à l’intérieur, des bruits de meubles déplacés peut-être. Alors que Iuliana posait la main sur la poignée pour tenter d’entrer, la porte s’ouvrit à la volée. Le canon d’un fusil de chasse se retrouva à hauteur de ses yeux. Elle avait braqué son Glock sur le vieillard par réflexe en retour.

Haas avait pris une teinte rouge de toute beauté. Sa barbe semblait frémir de colère tandis que ses chicots noircis dansaient au rythme des syllabes crachées.

« Dégagez ! Voleurs ! Sangsues ! »

Le fusil tremblait ; pas le pistolet. Iuliana tenait le vieux en joue avec détermination, le corps vivifié par l’adrénaline. Elle ne pouvait se retourner pour voir comment se sentait le nouveau, mais n’avait guère de mal à l’imaginer en train de souiller son pantalon déjà trempé par le mauvais temps.

« Calmez-vous, Monsieur Haas, et posez cette arme. Vous êtes en train de terrifier mon collègue, regardez. »

Sous cette injonction, l’attention de Haas sauta sur le bleu, le canon suivit logiquement le mouvement. Un glapissement retentit : il n’en avait pas fallu plus à Iuliana pour se glisser sous la pétoire, en détourner la trajectoire et asséner un violent coup d’épaule dans l’estomac du paysan. Il se tordit en deux, éructa, s’effondra.

Iuliana l’avait déjà retourné pour lui passer les menottes sans aucune considération pour son état. Une telle carne ne se laisserait pas tuer par un peu de bousculade, et puisqu’il avait décidé de montrer les dents, elle ne s’était pas gênée pour lui présenter les siennes. Sauf qu’elle avait une excellente hygiène buccale, contrairement à lui. Et cinquante ans de moins au bas mot. Elle se releva sans plus lui accorder la moindre attention, tandis qu’il toussait péniblement pour tenter de reprendre son souffle.

L’intérieur de la maison n’avait guère meilleure mine que l’extérieur. La tapisserie gondolait par endroit sous l’humidité. Des clichés jaunis représentaient un couple heureux et une armée de marmots. À l’époque, Haas avait un beau sourire.

« Tu le surveilles ? »

Elle ne vérifia pas que le nouveau s’exécutait – le vieillard ne pouvait plus nuire – et pénétra dans la première pièce sur sa droite. La cuisine semblait encore plus antique que son propriétaire. Elle dégageait une forte odeur de viande et de tabac, la seconde probablement portée par les innombrables cendres qui maculaient la table. La gazinière ronflait dans un coin pour tenter d’apporter la fragrance du café qu’elle réchauffait, sans grand succès. La boue offrait un tapis confortable aux pieds.

Le vieux gueula de l’autre pièce :

« Z’êtes que d’la vermine ! J’paierai pas pour ces foutus zombies ! Ils raquent pas, moi non plus ! »

Un journal taché reposait entre une tasse sale et un cendrier plein sur la table.

Grève des zombies : Ils ne veulent pas payer d’impôt !

Le gouvernement accepte de recevoir les syndicats zombies. Doivent notamment être discutés le statut particulier des zombies et la question de leur rémunération.

Elle soupira, attrapa le papier et l’enfouit dans son manteau pour le ramener avec le vieux. Puis elle farfouilla dans un pot de la cuisine, finit par mettre la main sur les clefs, et rejoignit finalement les deux hommes. Son esprit vagabondait sur la nouvelle ; les médias ressortaient régulièrement l’épouvantail des zombies rebelles, sans expliquer la vraie teneur de leur revendication aux foules bêlantes. Leur statut physiologique inédit nécessitait des adaptations juridiques qui n'avaient pas encore toutes abouti. Il y aurait de sacrées frictions civiles si les journaleux continuaient à vendre leurs torchons à grand renfort de sensationnalisme inexact.

La pluie la rappela à des considérations plus terre à terre lorsqu’elle tenta à nouveau de la noyer.

Commentaires

C'est une superbe mise en bouche ! Je sens que cette histoire de zombies va être plus que top ! Pour le coup rares sont les histoires de zombies que je lis mais alors celle-ci a LE truc qui fait que j'ai trop envie d'en apprendre plus ^^'
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samedi 7 avril à 23h28
Merci Ama pour ta lecture ! Je suis heureuse que ça t'ait plu. Pour les zombies, ils ne seront pas au centre de l'histoire donc je ne suis pas sûre qu'on puisse vraiment la qualifier "d'histoire de zombies". Je te donne rendez-vous au 5 mai pour découvrir la suite !
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mercredi 18 avril à 22h20
Comme dit sur le discord, je me suis bidonnée comme une gourde pendant la lecture !
C'est fin, c'est drôle, c'est glauque comme j'aime.
Bref, la quatrième donnait envie, le premier chapitre m'a conquise ! Je suis bien curieuse de voir ce que vont donner ces affaires mêlées de surnaturel ^^
En route vers le chapitre 2 !
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jeudi 17 mai à 20h34
Yeah, heureuse que tu sois conquise, la suite ne devrait pas te décevoir, même si elle sera pas (toujours) aussi drôle. Faut un peu de tension dramatique des fois.

Je file sur ton commentaire du chapitre 2 :D
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jeudi 17 mai à 20h53
Coucou Julie alors déjà super premier chapitre on plonge directement dans l'histoire et c'est rafraîchissant ! Ensuite ton écriture est fluide et j'ai vraiment rigolé en lisant ton chapitre, l'exaspération d'Iuliana se comprend et on s'identifie assez vite au personnage (enfin pour ma part), je me suis demandé si tu t'étais pas inspiré de ton expérience avec tes junior pour décrire son assistant ? :O notamment avec cette phrase : "Le gamin ne brillait pas plus par son imagination que par son intelligence." Ça m'a fait pensé à une Julie râlant sur les Junior de son entreprise Ahahah.
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jeudi 12 juillet à 19h08
Il y a en effet une part d'inspiration de mon quotidien pour Iuliana, et notamment dans son rapport avec ses collègues de travail comme tu as pu le noter.
Je suis contente que ce chapitre t'ait fait rire !
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dimanche 15 juillet à 11h35