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Antoine Bombrun

dimanche 28 février 2021

Chroniques du vieux moulin - Tome 4 : Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Chapitre quatre-vingt-huitième

Lorsqu’il abandonna la salle de la couronne, Alphidore arborait la moue d’un enfant gourmandé. La vérité ne s’en trouvait pas si loin, par ailleurs, puisque c’était une remontrance de Breridus qui l’avait mis dans cet état. La dernière, car il avait serré les dents face à toutes les autres. Cette dernière s’était révélée la goutte de trop, et le jeune homme était parti. À quoi bon rester, de toute manière ? Plus personne ne daignait l’écouter. Ou plutôt, Breridus ne laissait plus personne l’écouter. Il avait fait de son mieux pour sauver Relonor…

Les gardes fixèrent le Seigneur Souverain sans comprendre, se concertèrent d’un coup d’œil, hochèrent imperceptiblement la tête, puis reprirent leur veille immobile : cela ne les regardait pas.

Derrière lui, la porte de la salle de la couronne s’ouvrit à la volée, et Alphidore s’empêcha de se retourner. Soit Breridus regrettait, et dans ce cas il rongerait son remord quelques pas de plus, soit il n’avait pas fini de le disputer, et alors mieux valait mettre autant de distance que possible entre eux deux. À son grand étonnement, ce fut la voix de Jaladelline qui l’interpella.

Il l’avait bien vue durant le conseil, encore emmaillotée dans ses bandages, l’air souffrante, mais bien présente.

Alphidore se retourna vers elle juste à temps pour recevoir sa tirade de plein fouet. La colère semblait la rajeunir, et le Souverain ne put s’empêcher de la trouver belle.

« Tu n’as pas honte de partir ainsi ! Tu n’es plus un gamin, Alphidore ! Tu es notre chef, et c’est à toi de veiller sur tes sujets, surtout lors d’un débat aussi grave !

— Ça n’a pas l’air de déranger grand monde. Personne ne s’est opposé à lui… ni à mon départ.

— Personne n’a osé, il est vrai. Personne, pas même le Seigneur Souverain de la Cannirnosk ! Par les dieux, si même lui subit les brimades, comment ses sujets pourraient-ils vouloir le défendre ! »

L’attaque parut porter, car Alphidore rougit jusqu’aux oreilles. Sa lèvre supérieure tremblota un instant, comme s’il allait abdiquer et reconnaître son erreur, mais il bougonna finalement :

« Je n’ai jamais su prendre les bonnes décisions. Breridus au moins, même s’il se montre odieux avec moi, s’y entend pour diriger un pays. Et tout le monde lui fait confiance, car ils devinent qu’il est le seul à pouvoir affronter Grimm. Alors quoi ? Je reste à me laisser humilier, devant toute la noblesse cannirnoskine, devant ces hommes et ces femmes que je suis censé diriger ? Ou alors j’accepte d’être inutile…

— Il va se faire exécuter, Alphidore. Relonor Helvival nous a sauvés. Sans lui, Grimm tiendrait toujours la cité. Sans lui, nous serions morts tous les deux. Sans lui, Breridus et son armée se seraient fait flécher jusqu’à ce qu’ils tombent tous, devant les portes closes. Tu les as entendus, Alphidore, tu as entendu ton oncle. Ils vont le tuer ! Ce n’est qu’une question de jours, rien de plus ! Et toi, toi tu pars en claquant la porte ! Grandis, Alphidore ! Grandis, par les dieux ! »

À nouveau, le Souverain baissa la tête comme un enfant sous la brimade. Seulement, la colère brillait dans ses yeux. Il les releva avec hargne, les planta dans ceux de Jaladelline :

« J’ai joué mon rôle. J’ai sauvé la cité. Je n’ai jamais voulu être Souverain, je n’ai jamais souhaité tout perdre pour ce peuple qui n’a que faire de moi. Je n’ai rien demandé, alors s’ils désirent se passer de ma présence, je ne vais pas les en empêcher ! »

Alphidore tourna les talons sur ses mots et s’en fut sans se retourner. Autour de lui, plaqués contre les murs, les gardes ressemblaient à des statues de pierre.

Le jeune Souverain traversa couloirs et escaliers jusqu’à la grande porte. Une demi-douzaine de soldats se tenaient à l’entrée comme l’exigeait le protocole. Alphidore se souvint des fois où il avait passé cette porte, avant que tout cela ne commence. Au cœur de la nuit, dissimulé sous sa pèlerine grise, avec la complicité de Fleurienne qui détournait l’attention des gardes de sa silhouette gracile. À présent, sa tante ne se trouvait plus là pour l’aider ; elle croupissait dans la Couronne de pierre…

Alphidore prit son inspiration et s’approcha des soldats :

« Je sors. N’essayez pas de m’en empêcher, je suis votre Souverain, encore, et je me fous que les lois m’interdisent de quitter le palais. Aujourd’hui je sors, et vous allez me laisser passer. »

Les gardes éberlués fixèrent un instant le jeune homme, avant de se concerter entre eux.

« Le grand Souverain de la Cannirnosk, railla Alphidore, le grand Souverain obligé de demander des autorisations à de simples plantons ! Foutrecouille, le monde est bien mal fait ! »

Puis, sans attendre plus de réaction de la part des soldats, le jeune homme franchit la porte et dévala les escaliers. En quelques instants, il abordait la grand-place, en quelques-uns de plus, il pénétrait les rues de la cité.

Ses pas l’entraînèrent jusque devant la célèbre prison. Comme les dernières fois où il était venu, une unité de gardes y patientait. Alphidore se présenta à eux avec la même vivacité qu’il avait eue pour les soldats de la porte du palais, bien qu’un peu moins violente :

« Menez-moi à Fleurienne de Pal, avec laquelle je dois avoir un entretien de la plus haute importance. Le plus vite sera le mieux. »

Le chef de guerre de faction hocha la tête sans formuler quoi que ce soit, puis saisit le trousseau de clefs à sa ceinture. La première grille déverrouillée, il salua et s’en retourna à son poste. Le fonctionnement de la prison n’avait pas changé, et Alphidore dut demander à chaque étage que le geôlier lui ouvre la grille qui menait au suivant. L’homme s’exécutait une fois son identité vérifiée, puis faisait de nouveau cliqueter la serrure à peine le Souverain de l’autre côté. Ainsi, toute tentative de fuite était vouée l’échec, car la clef pour dégager la sortie se trouvait invariablement à l’étage en dessous. Contrecoup d’une telle sécurité : il fallait un temps fou pour traverser la prison.

Au troisième, Alphidore découvrit Orphiléa Helvival, assise dans un coin de sa geôle. Il hésita à s’approcher d’elle, qui le fixait. Mais pour lui dire quoi ? Il se détourna. Ce fut elle qui plaça sa tête contre les barreaux pour lui adresser la parole, malgré le regard noir du gardien.

« Que va-t-il arriver à mon père ? Alphidore, que vont-ils lui faire ? »

Le Souverain s’immobilisa. Il n’osait pas se tourner vers elle, pas plus qu’il n’oserait lui dévoiler la vérité. De toute manière, qui pouvait en douter, de ce qui allait lui arriver ?…

Le geôlier se racla la gorge, quelques pas plus loin. Il avait ouvert la grille et attendait.

Alphidore s’imposa un effort de volonté pour regarder Orphiléa, cette Nordique qui aurait pu devenir son épouse.

« Je… Je suis désolé… »

Les autres mots qu’il aurait souhaité ajouter ne parvinrent à dépasser ses lèvres. De toute manière, il n’en eut pas besoin, car Orphiléa comprit tout ce qu’il ne dit pas. Ses jambes flageolèrent, puis cédèrent sous son poids. La jeune femme glissa le long des barreaux jusqu’au sol de pierres usées.

« Monseigneur. »

Le geôlier commençait à s’impatienter.

« Fleurienne de Pal se trouve au quatrième étage, pas ici. »

Dans un dernier regard, Alphidore délaissa Orphiléa à son malheur.

À l’étage au-dessus, sa tante l’accueillit d’un grand sourire triste.

« Alphidore, ça me fait plaisir de te voir ! »

Comme il sentait les sanglots monter dans sa gorge, le Souverain s’approcha de la grille et y passa les bras. Fleurienne les attrapa, et les de Pal se serrèrent au mieux l’un contre l’autre.

Alphidore se libéra du poids qui lui comprimait le cœur dès qu’ils relâchèrent leur étreinte :

« Breridus m’a chassé de la salle de la couronne. Enfin, pas vraiment, mais il n’écoute pas ce que je propose et décide tout. C’est lui qui mène les débats et prend les décisions… Plus qu’avant je veux dire. Ce n’est pas seulement en privé qu’il me dicte ce que je dois dire ou faire, mais devant le conseil. Il me remet à ma place, il m’humilie… »

À nouveau, Fleurienne sourit tristement :

« Je connais bien ce que tu veux dire… Depuis qu’il a quitté la Couronne de pierre, il ne dissimule plus ses actions. J’ai toujours été soumise à lui, depuis notre jeunesse, mais jamais aussi ouvertement. Il ne voile plus ses objectifs… Et crois-moi, Alphidore, nous ne faisons pas partie de ses objectifs. Il n’y a que lui qui importe à ses yeux. Lui et son profit personnel, son pouvoir. Il ne renoncera jamais tant qu’il ne dominera pas le pays. Et même alors, il en voudra plus…

— Plus le temps passe, plus je m’en rends compte. Et dire que je lui faisais confiance. Je le savais désireux de pouvoir, mais je croyais qu’il agissait d’abord pour sa lignée… Je venais le voir, ici même, pour lui demander conseil, et lui ne songeait qu’à son profit. Il avait pourtant l’air sincère…

— Il t’a berné, Alphidore. Comme il m’a berné moi-même, comme il a berné le pays entier. J’ai longtemps cru que moi, au moins moi, j’étais importante à ses yeux. Je pensais qu’il tenait à moi, mais il avait seulement besoin de ma présence. Il m’a vendue, comme une chienne, à Elivard Cachampgueux. Et lorsque j’ai voulu lui résister, il m’a fait comprendre que je n’étais qu’un outil pour lui. Un outil que l’on utilise, ou que l’on jette. Me voilà jetée… Relonor Helvival est le seul à ne pas s’être laissé berné, et vois où ça l’a mené. Il est enfermé dans une des plus hautes geôles d’une prison qu’il a lui-même créée. »

Le regard fuyant d’Alphidore fit comprendre à Fleurienne que quelque chose n’allait pas. Elle lui serra les poignets :

« Quoi, qu’y a-t-il ? Dis-moi ! »

Alphidore semblait hésiter, mais la pression sur ses poignets acheva de le décider :

« C’est à propos de Relonor…

— Quoi ? Que vont-ils faire de lui, il ne va quand même pas le…

— La réunion de ce matin était à son propos. J’ai essayé de le défendre, mais Breridus ne m’en a pas laissé la possibilité. Il affirme que Relonor a trop trahi, et qu’il recommencera si on ne l’exécute pas. »

Des dents serrées de Fleurienne échappa un grincement :

« Il est bien placé pour dire ça…

— Lorsque j’ai parlé de ce qu’a entrepris Relonor pour sauver la cité, Breridus a affirmé qu’une seule bonne action ne peut racheter un homme, et que celle-ci ne pourra en aucun cas effacer ses trahisons… »

Le silence s’établit sur cette parole. Chacun des de Pal se perdait dans de sombres pensées. Après un moment, Fleurienne se redressa comme si elle avait pris une décision :

« Il faut lui résister, Alphidore. Il n’a que trop tué. Ton tour viendra, notre tour à tous viendra ! Promets-le-moi, promets-moi que tu vas lui résister et qu’il mordra la poussière ! C’est ta vie, Alphidore, ta vie ou la sienne ! »

Le Souverain recula d’un pas :

« Tu voudrais que…

— Oui, je veux que tu le tues. Il n’y a que cette solution. Tue-le avant que lui-même ne nous tue.

— Il ne ferait pas ça ! Nous appartenons à sa famille ! »

Fleurienne éclata de rire. Ses yeux brillaient comme d’une fièvre maligne.

« Crois-moi, cela ne l’a pas arrêté autrefois, et cela ne l’arrêtera pas pour nous non plus…

— Que veux-tu dire ? Il aurait déjà… Mais qui ? »

Fleurienne colla son front entre les barreaux. Alphidore la voyait d’un peu au-dessus, et son regard délirant l’inquiéta.

« Tu sais comment ton père est mort, Alphidore ? Tu connais cette histoire de chasse au sanglier, j’imagine… Oui, je lis sur ton visage que oui, et je devine que tu commences à comprendre. Ravenne aurait failli ainsi, il se serait laissé empaler par un sanglier ? Crois-tu ? Crois-tu vraiment que la vérité est aussi bête, aussi banale ? Tout ce qui est certain, c’est que Ravenne et le sanglier ont été retrouvés morts, ils se seraient entretués…

— Tu… tu penses qu’il y a plus que cela ?

— Quel hasard que cet accident, quelques semaines seulement après que Ravenne a été choisi comme successeur pour le trône ! Quel hasard, ou alors… »

Fleurienne marqua une pause avant de reprendre :

« Je ne le pense pas, je le sais. Je le sais au plus profond de moi. Breridus a tué Ravenne. Il a tué ton père, Alphidore. Il a tué ton père pour monter sur le trône… »

***

La descente de la Couronne de pierre s’était déroulée comme dans un rêve. Alphidore se souvenait vaguement d’avoir aperçu le visage larmoyant d’Orphiléa, entre les barreaux de sa cellule, il lui semblait aussi avoir croisé le chef de guerre LeNoblet qui montait, mais il n’était sûr de rien. Ce que lui avait révélé Fleurienne détonnait encore entre les parois de son crâne.

Il tituba jusqu’au palais, y pénétra comme l’aurait fait un ivrogne, sous le regard étonné des gardes. Il grimpa les marches, mais ne se rendit pas à l’étage de ses appartements, il continua plus loin, jusqu’à ce couloir qu’il avait emprunté la nuit de sa fuite, et il toqua à la porte de Jaladelline.

Lorsque cette dernière ouvrit, elle dut rattraper le corps du Souverain qui s’effondra dans ses bras. Elle le porta jusque dans son lit, celui où ils s’étaient retrouvés nus peu de temps auparavant.

« Alphidore, que t’arrive-t-il ? Tu es blessé ? »

Le Souverain balbutia quelques mots incompréhensibles. La Vignonel, consciente que le questionner ne mènerait à rien, choisit une solution plus radicale. Sa main claqua joliment, et Alphidore se redressa, écarlate.

« Alphidore, que se passe-t-il ?

— C’est Breridus…

— Et bien, quoi avec Breridus. Tu t’en veux d’avoir refusé de lui tenir tête ? Et pourquoi es-tu dans cet état ? Tu ne sens pourtant pas l’alcool…

— Breridus, il a… tué mon père ?

— Pardon ? »

Cela prit un long moment, car Alphidore peinait à organiser ses pensées, mais il raconta à Jaladelline tout ce que lui avait dévoilé Fleurienne.

« Ce n’était donc pas une menace en l’air… fut la seule réaction de l’aristocrate.

— Que veux-tu dire ? questionna le Souverain avec un temps de retard.

— Il y a de cela plusieurs semaines, lors d’une réception, Fleurienne a raconté une histoire à tous les convives. Elle y parlait de Breridus et de Ravenne. Elle paraissait y sous-entendre que ton oncle aurait… Mais son récit finissait par un retournement de situation inattendu, une boutade qui a rassuré le public. Je pensais que Fleurienne souhaitait mettre son frère dans une position inconfortable, pas qu’elle menaçait de révéler un meurtre… Il aurait fait cela pour accéder au trône ? »

Alphidore hocha la tête.

« Foutrecouille de merde… »

Entendre pareille insulte dans la bouche d’une grande dame arracha un rire douloureux à Alphidore. Jaladelline, d’abord surprise par sa réaction, se trouva bientôt emportée par l’hilarité à son tour. Lui, toujours allongé. Elle prit place à ses côtés sur la couche en se tenant le ventre. Leur rire s’étira un moment.

Lorsqu’ils se calmèrent enfin, Alphidore s’assit à côté d’elle. Il la regarda, se sentit envahi du désir de l’embrasser. Il ne savait pourquoi, car rien ne les unissait, aucune ressemblance, que ce soit physique ou mentale, mais elle lui faisait penser à Anya. Anya qui lui manquait tant.

« Qu’allons-nous faire ? » demanda Jaladelline.

La question ramena Alphidore à la réalité.

« Nous devons lui résister. Il mènera le pays à sa perte, si nous le laissons faire… Mon premier pas sera d’empêcher l’exécution de Relonor Helvival. Et ensuite… ensuite je le renverrai dans la Couronne de pierre pour le meurtre de mon père.

— Crois-tu qu’il est sage de fissurer le pouvoir Souverain par des temps comme celui-ci ? Je veux dire, il doit payer bien sûr, cela ne fait aucun doute, mais ne vaut-il pas mieux attendre que la guerre contre Grimm soit achevée ? Il ne faudrait pas mettre à terre un tyran pour en retrouver un pire… »

Alphidore réfléchit un moment. En lui, les sentiments le disputaient à la raison. Il finit par acquiescer à contrecœur :

« Oui, tu n’as sans doute pas tort. Par contre, Relonor a besoin de mon aide, et tout de suite ! »

***

Alphidore ouvrit la porte de la petite salle de conseil à la volée. Breridus s’y tenait, étonnamment pas dans le fauteuil Souverain, mais à côté, en compagnie des trois Sacerdoces. Tous relevèrent la tête à son entrée.

Alphidore se campa droit sur ses deux jambes et fixa son oncle :

« Relonor Helvival ne sera pas exécuté. Il demeurera en prison pour expier ses crimes, cela me convient, mais on n’assassinera pas un aristocrate, et encore moins celui qui a délivré notre cité. Prenez-en note, Sacerdoces, Relonor aura la vie sauve. »

Gris agita immédiatement sa plume sur un parchemin. Breridus, lui, n’avait pas esquissé le moindre mouvement, et Alphidore s’en approcha presque jusqu’à le toucher :

« Vous m’avez bien entendu, mon oncle ? Relonor ne sera pas exécuté… »

Breridus se recula sur son siège et sourit avec gêne :

« Oui, je vous entends, mon neveu. Vous êtes Souverain, après tout, alors vos décisions sont les seules qui comptent… Je suis navré d’avoir voulu trancher à votre place. »


Cette nuit-là, Alphidore dormit mieux que depuis longtemps ; il avait le sentiment de s’être engagé sur une voie juste.

Il sortit de son lit peu après l’aube et se dirigea vers sa fenêtre pour en écarter les rideaux. Il ouvrit la vitre, puis les volets. Comme à son habitude en se levant, il porta le regard sur la place du marché. Celle-ci se trouvait assez vide, si ce n’était une espèce d’estrade montée à peu près en dessous de sa fenêtre. De nombreux badauds s’y pressaient.

« Mais qu’est-ce que… Non… Ce n’est quand même pas… Oh foutrecouille ! »


Alphidore débarqua sur la place en chemise de nuit et courut jusqu’à l’estrade. Au fond de lui, il savait déjà ce qu’il allait y découvrir.

Un homme y était étendu sur l’estrade, comme jeté là. Il avait la tête… tranchée. Cette dernière avait roulé à quelques mètres de son corps et s’y trouvait toujours. Yeux gris argent écarquillés, bouche ouverte, sanglante.

Un panneau se dressait à côté de l’échafaud, sur lequel on pouvait lire :

« Relonor Helvival, exécuté pour haute trahison. Orphiléa Helvival, sa fille, non coupable de mort directe, sera emprisonnée à vie. »

La signature, reconnaissable entre mille, appartenait à Breridus…

Commentaires

Mais putain de bordel de merde !
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dimanche 28 février à 12h47
Voilà, comme on dit !
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mercredi 3 mars à 18h43