2

Antoine Bombrun

mardi 30 juin 2020

Chroniques du vieux moulin - Tome 4 : Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Chapitre soixante-douzième

Malgré le fracas des roues cerclées de fer sur le chemin caillouteux, Wilhjelm craignait d’entendre un cri surgir de la nuit. Elle craignait de discerner une torche, ou bien la silhouette du père Mathurien jeté à sa poursuite.

La terreur lui tordait le ventre. Il lui semblait que ses viscères remuaient en elle comme autant de serpents. Elle revoyait le visage de l’aubergiste, elle devinait sa cruauté, elle imaginait le plaisir qu’il aurait à la capturer…

Gardomas, qui jusqu’alors était resté concentré sur la route, poussa un cri. Il tira les rênes à lui pour immobiliser le chariot. Wilhjelm retint à grand-peine son hurlement, qui enragea dans sa gorge avant de retomber.

« La besace ! On a oublié la besace à l’auberge ! »

L’épouse venue du Nord, haletante, ne trouva rien à répondre : elle oscillait encore entre la terreur et le soulagement.

« Elle contient tout ce que nous possédons. Sans elle nous n’avons plus rien : ni à boire, ni à manger, ni même de la monnaie ! »

Gardomas frappa le siège du poing.

« On ne peut pas faire un tel voyage sans rien… Nous devons retourner la chercher. »

Cette fois-ci, Wilhjelm se récria :

« Y retourner ? Avec Mathurien à nos trousses ? Jamais ! »

Gardomas se leva pour fouiller l’arrière du chariot.

« Tu préfères mourir de faim ? Et sans argent, où dormirons-nous ?

— Si le peuple a encore un tant soit peu de respect pour la lignée Helvival, nous ne mourrons pas de faim ! Je leur ferai savoir qui je suis, je supplierai s’il le faut ! »

Le palefrenier revint bredouille de l’arrière :

« Rien… En dévoilant ton identité à tous, tu laisseras une piste bien chaude pour Mathurien ! Ainsi nous serons sûrs qu’il ne nous perdra pas !… »

Wilhjelm poursuivit son raisonnement comme si Gardomas n’avait rien dit :

« Et puis tu pourras chasser. Je sais que tu excelles dans cet art.

— Chasser, mais avec quoi ? Et cela prend du temps de chasser, or le temps c’est bien ce qui nous manque ! Gaspillons-en, et Mathurien nous tombera dessus ! »

Wilhjelm s’agrippa au col du palefrenier :

« Qu’importent tes craintes, Gardomas. Qu’importe que tu aies raison et moi tort. Je ne veux pas retourner en arrière. Je ne veux pas risquer de le rencontrer encore. Il me… il me fait peur. »

La hargne du palefrenier sembla retomber.

« Je sens que s’il me trouve à nouveau, il me tuera. Et cette fois il n’y aura rien que l’on pourra faire pour l’en empêcher. Je t’en prie, fuyons. Fuyons loin de lui… »

Gardomas ne répondit rien : il lisait l’effroi sur le visage de la Nordique. Après un instant à contempler ses lèvres tremblantes et ses yeux rougis, il rendit les armes. Les rênes de nouveau en main, il donna de la voix pour faire repartir l’attelage. Quelques secondes plus tard, ils filaient vers le sud.

***

À l’aube, des fumées dévièrent un peu leur trajectoire. Ils souhaitaient rallier le sud au plus vite, certes, mais ils auraient pour cela besoin de ressources. Or, fumée voulait dire présence humaine.

Ces dernières provenaient de derrière un petit bois, à l’est, qu’ils décidèrent de contourner. Bientôt, des champs leur annoncèrent qu’ils approchaient d’un village. La fumée montait toujours dans le ciel bleu, emportée vers l’infini par un vent léger.

Le premier bâtiment qu’ils aperçurent fut une ruine au toit crevé et aux pierres noircies. Gardomas la considéra un instant avant de déposer son verdict :

« Incendie. Cela ne fait aucun doute. Je dirais même qu’il est récent. »

Wilhjelm observa à son tour les décombres et raisonna à voix haute :

« La question qui s’impose à présent, c’est : accident, ou bien… Grimm ? »

Le palefrenier contournait la bâtisse et sa voix parvint assourdie :

« Vu le spectacle, il n’y a aucun doute à avoir… »

Comme Wilhjelm faisait elle aussi le tour de la ruine, son regard tomba sur le reste du village. Les habitations n’étaient plus que des fondations courtaudes et charbonneuses, les granges des cratères obscurs, les bâtisses les plus imposantes des tas de pierres éboulées, piquetées de quelques poutres brisées. Seul un bâtiment tenait toujours debout, malgré les ravages sur sa façade et la fumée qui s’échappait de sa toiture béante : l’auberge.

En bonne pierre brute, elle avait tenu. Mais pour combien de temps encore ?


Les rafales paraissaient les pousser vers les vestiges, et les deux Nordiques cédèrent à la tentation. En approchant, l’odeur vint leur emplir les narines. Elle leur avait jusqu’alors échappée car le vent l’envoyait au sud, mais ils ne pouvaient désormais plus l’ignorer.

Bois cramé, pierre chauffée, ainsi qu’une émanation bien plus entêtante : celle de la chair carbonisée. Les cadavres leur apparurent bientôt. Nombre d’entre eux avaient déjà été la proie des charognards. Quelques renards et une nuée de corbeaux filèrent d’ailleurs à leur arrivée, dérangés dans leur funeste repas.

« Grimm, cela ne fait aucun doute… »

Ils firent le tour du village sans trop savoir pourquoi. Dénicher un survivant, comprendre ce qu’il s’était passé, ou bien simplement céder à leur curiosité morbide ?

Lorsqu’ils eurent achevé leur visite et qu’ils se trouvèrent de nouveau devant l’auberge, Gardomas demanda à Wilhjelm de rester sur place. Pour sa part, il pénétra dans la bâtisse.

« Je viens avec toi ! »

Le palefrenier s’immobilisa sur le seuil, devant la porte brisée :

« Non, reste où tu es. Rien ne nous assure que le toit tiendra encore longtemps. Je préfère que tu ne prennes aucun risque… »

Wilhjelm opina du chef et observa son compagnon s’enfoncer dans la ruine. Elle se sentait si inquiète pour lui qu’elle détourna bientôt le regard. Elle découvrit alors un poulailler presque intact accolé au bâtiment. Sa porte close lui donna espoir d’y trouver quelque chose. Elle s’en approcha, poussa pour ouvrir.

Un caquètement anxieux répondit à son geste. Tout sourire, l’épouse venue des Marches dénicha une petite poule maigrelette, perchée sur une paire d’œufs. Elle l’attrapa immédiatement, et la volaille se blottit contre elle comme par besoin de réconfort. Wilhjelm se sentit idiote quand, alors qu’elle s’imaginait enfin enlacer Ildoria, Tharcille et Orphiléa, la poule lui lâcha une énorme fiente sur la robe.

Une invective lui échappa et le volatile se retrouva tenu par une main, tandis que l’autre cherchait les œufs à l’aveuglette dans le poulailler.

Comme Wilhjelm regagnait le devant de l’auberge, Gardomas en sortit, les bras chargés lui aussi de trouvailles. Ils entreposèrent le tout dans le chariot pour observer leurs nouvelles possessions : du grain, une casserole et quelques autres objets de cuisine, sans parler de la poule que le palefrenier attacha d’une patte à un des arceaux du véhicule. Les œufs, eux, furent cuits au plus vite dans la casserole, puis dévorés goulûment avant leur départ.


Le soir n’allait pas tarder à tomber lorsqu’ils parvinrent au village suivant. Celui-ci n’avait pas été ravagé par les Sauvages, mais la garde fébrile menée par les paysans ainsi que l’accueil suspicieux qu’ils leur réservèrent indiquaient bien qu’ils craignaient une attaque. Ce n’était que de quelques lieues au sud, mais ce hameau ne s’était pas trouvé sur la route des barbares ; quelques lieues qui avaient sauvé une centaine d’âmes.

L’épouse venue des Marches se présenta sans détour à la grande ferme qui tenait lieu d’auberge :

« Je suis Wilhjelm Helvival, épouse du Seigneur des septentrions. Nous fuyons la mort qui s’est abattue à Castel-de-pluie, sous la forme de l’attaque des Sauvages, puis de l’assujettissement de la cité par des bandits de grand chemin. Nous sommes épuisés, sans le sou, avec pour unique espoir de rejoindre mon époux dans le sud. Lui seul saura quoi faire. Aidez-nous, je vous en prie. Tout ce que nous souhaitons, c’est de pouvoir manger un peu, et dormir à l’abri… »

Le patron jeta un coup d’œil discret vers sa femme, laquelle trônait non loin, puis hocha la tête :

« Je vais vous trouver quelques douceurs à grignoter. Mais rien de souverain, j’en ai peur. Les temps sont durs, vous savez… »

Wilhjelm opina tristement :

« Les temps sont durs… »

Lorsqu’il revint avec deux bols de soupe et quelques tranches de jambon sur du pain noir, le patron leur glissa discrètement :

« Pour Relonor Helvival. »


Après une nuit réparatrice dans la sécurité de la grange de la ferme, les deux Nordiques reprirent leur périple. La journée passa lentement, sans mésaventure particulière. Quelques haltes pour faire boire les chevaux, des plaines à perte de vue.

Comme ils ne connaissaient que le climat aride des Marches, les voyageurs furent surpris de découvrir une herbe de plus en plus grasse et des arbres verdoyants. Des fruitiers poussaient librement, l’air crépitait de pépiements joyeux. Un temps ordinaire pour les Cannirnos, une merveille d’abondance pour des Helvival.

Un autre détail leur prouva, le soir, qu’ils s’éloignaient des septentrions pour gagner le cœur du pays. Un détail bien moins plaisant que la nature en émoi.

Comme ils pensaient devoir passer la nuit à la belle étoile et se contenter de leurs ventres creux pour seule compagnie, Wilhjelm et Gardomas découvrirent une ferme isolée, dont la lueur tremblotante émanant des fenêtres indiquait qu’elle était habitée. Ils immobilisèrent les chevaux, puis descendirent pour toquer à l’huis.

On ne leur ouvrit pas immédiatement, et ils durent frapper à plusieurs reprises avant que la porte ne s’entrebâille. Une tignasse de jais s’imposa alors dans l’espace pour leur jeter un regard soupçonneux :

« Vous voulez quoi ?

— Bonjour, nous sommes deux voyageurs qui… »

Wilhjelm s’interrompit. Elle se rendait compte que l’homme ne l’écoutait pas. Yeux fixés sur sa chevelure blonde, il paraissait avoir oublié tout le reste. L’épouse des Marches ne parvint à trancher ce qui le figeait ainsi : la surprise, la crainte, le dégoût ?

La voix grave de Gardomas le ramena à la réalité :

« Voici Wilhjelm Helvival, épouse du Seigneur des Marches. Nous vous demandons l’hospitalité pour la nuit. »

L’homme glissa un œil vers le palefrenier, jugea de la couleur de ses cheveux, puis revint à sa compagne. Il repoussa finalement l’huis en grognant :

« Navré. »

Le pied de Gardomas s’interposa, mais ce fut Wilhjelm qui parla :

— Je vous en prie, nous avons besoin de votre aide. »

L’homme grommela quelques paroles indistinctes, comme s’il réfléchissait à voix haute, puis il rouvrit l’huis :

« Entrez. Je vous offre de quoi manger, puis vous repartez. Oh là, ne recommencez pas à me faire les yeux doux, ou alors je vous flanque à la porte. Entrez, mangez, partez. Ou bien c’est pas la peine de franchir le seuil ! »


La nuit fut fraîche, dans le chariot. Ils avaient choisi de ne pas s’éloigner de la ferme comme si, en restant à proximité, ils bénéficiaient de son confort et de sa protection.

Bien leur en avait pris car, au bout d’une heure, le fermier était sorti de chez lui, les bras chargés par une épaisse couverture. Il la leur remit, en grinçant qu’ils risquaient de prendre froid sinon. Il ajouta aussi qu’ils n’auraient qu’à la laisser devant la porte au matin, mais qu’ils avaient intérêt à déguerpir au premier chant du coq.

Ledit chant les réveilla sans mal, et ils furent prêts à partir sans tarder. Ils hésitèrent néanmoins quant à la couverture. La bienséance voulait évidemment qu’ils la rendent, mais leur inquiétude de se retrouver de nouveau à la belle étoile sans rien pour se réchauffer les poussait à reconsidérer la question. Wilhjelm trancha finalement en déclarant qu’ils ne pouvaient trahir ainsi quelqu’un qui les avait reçus chez lui, si chichement que ce fut, sans salir le nom des Helvival. Par respect pour Relonor, la couverture fut donc laissée devant l’huis.


Si cette deuxième nuit hors des Marches avait été moins sereine que la première, elle le fut infiniment plus que la troisième. Tout paraissait pourtant bien parti : un bourg se présenta à eux une heure avant le coucher du soleil. L’auberge de belle taille qui en tenait le centre semblait suffisamment riche pour que l’hôtelier se permette de les faire manger sans se ruiner.

Seulement, les regards fielleux qu’ils essuyèrent dès leur entrée dans le village auraient dû les avertir, et même les inciter à quitter les lieux au plus vite. Hélas, passé une certaine heure, ventre creux et membres gourds sont plus influents qu’un cerveau méfiant.

Une fois leur chariot rangé le long de la bâtisse, les deux Nordiques pénétrèrent dans l’auberge. À nouveau, ils durent affronter une cohorte d’yeux hostiles, mais se rendirent tout de même au comptoir. Comme les deux soirs précédents, ils donnèrent leur nom, puis la raison de leur venue.

Un regard aigre les accueillit, ils essuyèrent une raillerie pour toute réponse :

« Vous me prenez pour qui ? Vous croyez que je vais fournir le couvert et le logis à des Sauvages ? »

L’hôtelier les dévisagea d’un œil insistant avant de poursuivre :

« Avant les massacres de Grimm, je vous aurais déjà foutu à la porte sans trop hésiter, mais là ! Même si vous m’aviez recouvert d’or, je vous aurais craché à la gueule avec autant de grâce. »

Il ponctua sa tirade par un glaviot, expectoré sur Wilhjelm dans un jet puissant. Gardomas la repoussa sur le côté tandis qu’elle s’essuyait le visage. Il allait remettre l’aubergiste à sa place, mais le raclement de plusieurs chaises le retint. Wilhjelm le saisit par le bras :

« Viens. Nous ne sommes pas les bienvenus ici.

— Ça, vous pouvez le dire ! Allez, foutez le camp ! »

Wilhjelm tira le palefrenier plus fort et parvint à le décrocher du comptoir. Trois gaillards à la mine patibulaire les flanquèrent jusqu’à la porte, où ils s’engouffrèrent sans demander leur reste.

À peine dehors, Gardomas se précipita vers le chariot :

« Monte, on n’a pas de temps à perdre. Il vaut mieux que l’on mette de la distance entre eux et nous ! »

Comme Wilhjelm grimpait dans le véhicule, des éclats de voix se firent entendre en provenance de l’auberge. Un badaud aux cheveux de jais s’était immobilisé sur la chaussée et les scrutait avec aversion.

Gardomas délassa les brides qu’il avait fixées au mur de la bâtisse, puis grimpa à son tour dans le chariot. Il manœuvra tout en jetant des regards inquiets vers la porte. Enfin, il fit claquer les rênes pour mettre les chevaux au trot.

Ils n’avaient pas fait trente pas qu’un cri les interpella :

« Eh, vous ! Attendez ! »

Wilhjelm glissa un regard vers l’arrière, puis souffla :

« Accélère, c’est un des hommes de l’auberge ! »

« Attendez ! »

Les chevaux avaient déjà pris une bonne allure, mais un badaud s’interposa entre eux et la suite du chemin. Bras tendu devant lui, il les força à s’arrêter.

Gardomas s’emporta :

« Bouge-toi de là ; tu ne vois pas que tu gênes ?! »

L’inconnu répondit sans même prêter attention à la question :

« Ils vous parlent, derrière.

— Hein ?

— Je ne sais foutrement pas ce qu’ils vous veulent mais, vu la couleur de vos cheveux, il vaut mieux pour vous que vous les écoutiez. »

Les clients de l’auberge rattrapèrent le chariot :

« La direction est mauvaise, les Sauvages, c’est vers le nord que vous devez aller ! »

Gardomas garda le regard fermement tourné vers le sud. Il voulut remettre en marche les chevaux, mais l’inconnu qui leur bloquait le passage saisit le licol d’un d’entre eux. Les clients encadrèrent le chariot tandis que la voix derrière eux grogna de plus belle :

« Va falloir écouter, ou bien on va vous faire écouter à notre manière. »

Si Gardomas parvint à conserver les yeux vers l’avant, Wilhjelm ne put s’empêcher de considérer leurs harceleurs.

« Hé ! Le blond, ta femme commence à comprendre, alors fais comme elle, regarde quand on te parle. »

L’homme porta la main au bras de Gardomas pour le tourner vers lui. Le bras du palefrenier sembla d’abord suivre le mouvement, puis fusa vers la mâchoire du Cannirnos. La seconde d’après, ce dernier roulait au sol en se tenant le visage. La suivante, comme s’ils n’avaient attendu que ce signal, ses compagnons prenaient le chariot d’assaut.

Gardomas fut empoigné par le col et jeté à terre. Quant à Wilhjelm, un autre la poussa avec violence pour la faire rejoindre le palefrenier.

À l’avant, le badaud tenait fermement le licol des chevaux qui commençaient à s’agiter.

« Vous croyez quand même pas que des Sauvages vont nous tenir tête ? Pas ici, et pas après ce qu’ils ont fait. Breridus va défaire Grimm, nous on va s’occuper de vous deux. »

Sans qu’ils sachent trop d’où ils les avaient sortis, les villageois furent bientôt armés de bâtons. Un premier coup heurta Gardomas. Wilhjelm se redressa, malgré un second coup qui la frappa au bras. Son cri calma un instant l’effervescence :

« Cessez ! Nous ne sommes pas des Sauvages, mais des nobles cannirnos. Je suis Wilhjelm Helvival, épouse du Seigneur des Marches Relonor Helvival, et je vous ordonne de vous arrêter. »

Un des habitants éclata de rire :

« Wilhjelm Helvival, l’épouse venue des Marches. Ni Sauvage ni Cannirnos. »

Il poursuivit après une pause théâtrale :

« Ou plutôt mi-Sauvage mi-Cannirnos. Et vu les circonstances, mi-Sauvage mi-traître ! »

Il ponctua sa tirade par un nouvel accès de joie ainsi qu’un coup de bâton. Wilhjelm s’effondra de nouveau dans la terre du chemin. Comme le bâton s’approchait à nouveau, Gardomas s’interposa et para l’attaque. Il repoussa une seconde le villageois par un coup de poing, avant de céder du terrain face à trois bâtons menaçants. Le premier heurt le courba sur lui-même, le deuxième lui fit plier les genoux, le troisième le jeta à côté de Wilhjelm.

Une fois encore, ce fut un cri qui immobilisa les silhouettes patibulaires et les bâtons dressés.

« Attendez ! »

Le cri, par contre, ne venait pas de Nordiques à terre, mais d’un des clients de l’auberge resté en retrait.

« Si vous les tuez, nous ne vaudrons pas mieux qu’eux… Réfléchissons, et soyons humains. Soyons Cannirnos ! »

Gardomas se rapprocha en rampant de Wilhjelm afin de la protéger lorsque les coups se remettraient à pleuvoir.

« Capturons-les et apportons-les aux de Pal. Je suis certain que nous en tirerons une belle récompense ! »

Les villageois firent la moue, comme s’ils pesaient le pour et le contre, avant que l’un d’eux ne s’exclame :

« La cage pour mes porcs, quand je les emmène au marché d’Ichambuse ; ça fera l’affaire pour les transporter !

Un autre s’écria derechef :

« Je crois bien que le forgeron a des chaînes inutilisées dans son atelier, je vais aller voir ! »

Commentaires

Ohlala, ça craint bien pour eux... ils auraient dû se méfier. J'espère que ça ira quand même.
 0
mardi 30 juin à 11h19
Sympa, les Cannirnos...
 0
dimanche 5 juillet à 12h08