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Joan Delaunay

lundi 7 juin 2021

L'Arbre de Feu - Livre II

Chapitre 4 - Fin de Printemps

Parmi les personnes présentes, certaines furent émerveillées devant la hauteur des flammes et ne purent se défaire de leur contemplation. Elles sentirent en elles fleurir une sensation inconnue, une chaleur qui naquit au creux de leur poitrine pour se diffuser dans leur corps tout entier.

Certains reçurent le don, d’autres ne le reçurent pas. Dès cet jour-là, le peuple se trouva divisé entre les Hommes, qui n’avaient pas été dignes des grâces de l’Arbre de Feu, et celles qui avaient été récompensées par la magie, et qui s’appelleraient bientôt « Sorcières ».

— extrait des « Mythes de la Source » d’auteurs multiples, 272, retranscription moderne

Rustier 1151, cercle du Bois Refuge.

— Pourquoi un arbre ?

Tout d’abord, Esra ne broncha pas. Concentré sur sa prise de notes, parallèle à sa lecture, il n’était pas sûr que Lucanos lui ait vraiment posé une question. Quand il sentit enfin qu’elle l’observait avec insistance, il leva le nez des mots qu’il griffonnait et balbutia :

— Je… Comment ça ?

— On est d’accord pour dire que l’Arbre de Feu porte aussi les noms d’Ignescence, de Source et de Feu Suprême, en bonne partie parce que les descriptions de sa forme ont disparu après des siècles de tradition orale. Alors quand les auteurs de ces bouquins ont choisi de lui donner une image, pourquoi un arbre ?

L’alchimiste ne suivait toujours pas la logique de Lucanos, mais il devait admettre que la question se posait. Il tenta une réponse :

— La plupart des Sorcières qui ont écrit ces bouquins étaient des Sylvestres. Alors les arbres, elles connaissaient.

— Mais un arbre, ça ne bouge pas.

Comme si un éclair de lucidité venait de le frapper, Esra comprit où elle voulait en venir.

— Un arbre, ça ne bouge pas. Alors… comment expliquer la diaspora des Sorcières ?

— Exactement. Ce serait un animal ou un oiseau, je pourrais comprendre, mais un végétal, ça n’a aucun sens.

L’arcaniste poussa un soupir sonore qui fit tourner les têtes de plusieurs Sorcières autour d’eux. Pour échapper un peu à la monotonie quotidienne qui commençait à les guetter dans l’habitarbre d’Arlam, et pour s’épargner des trajets les bras encombrés de livres, ils avaient décidé de réserver une table dans la zone d’étude du troisième étage à la bibliothèque du cercle. Ils engloutissaient les volumes de plus en plus vite à mesure que les jours passaient. Pour certains, ils devaient également utiliser des dictionnaires d’ancien pressican pour pouvoir les déchiffrer. Les informations demeuraient toujours vagues quant à la nature de l’Arbre de Feu, et encore plus concernant sa localisation.

— La Source, ça m’évoque plutôt un fleuve, peut-être un torrent de flammes… Ça ne pourrait pas être le volcan d’Erroubo ? tenta Lucanos.

— Peut-être. On pourrait essayer d’aller là-bas pour voir ce qui s’y dit, mais ça risque de prendre du temps.

— Tu pourrais demander à quelqu’un, sinon.

Cette phrase, pourtant prononcée de façon nonchalante, eut l’effet d’une décharge électrique sur Esra. Ils gagneraient un temps considérable s’ils ne voyageaient pas en vain jusqu’à l’île méridionale, où siégeait un unique cercle. Mais il rechignait à faire la très simple manœuvre que cela impliquait : envoyer une lettre à son frère aîné.

Dès qu’il en avait eu l’occasion, Olra avait quitté leur famille pour assouvir son besoin de voyages et son envie de devenir empathiste, mais aussi pour fuir les éternels conflits qui l’opposaient à leurs parents. Premier né, il devait pourtant laisser sa place à Nara pour le titre d’héritière de la famille Tialle, et jamais il ne deviendrait conseiller royal. Il n’avait pas supporté la perspective de devoir se plier aux décisions de sa sœur cadette.

Esra s’était demandé s’il ne s’était pas un peu réjoui en apprenant sa mort. Arlam lui avait écrit pour la lui annoncer le jour de son arrivée à Pzerion. Olra n’avait pas répondu.

— Je ne le ferai pas, gronda Esra.

— Pourquoi ?

— Tu sais très bien pourquoi.

— Tu penses qu’Izor ne voudra rien te dire ?

Les joues pâles de l’alchimiste rougirent : il n’avait pas songé un instant qu’elle pouvait évoquer sa Reine, et lui-même n’y avait pas pensé. Il s’éclaircit la gorge pour tenter de se donner une contenance, mais il pouvait deviner le sourire narquois derrière le masque de Lucanos.

— Heu, oui, bon, je vais essayer.

Il reprit le texte qu’il lisait jusque-là et se cacha derrière pour éviter de croiser son regard.

Lors de leur arrivée au cercle du Bois Refuge, Esra avait rendu une courte visite à sa souveraine. Elle résidait dans un large chêne près d’un étang, un peu en périphérie. Les Reines sylvestres n’avaient pas compris son désir de délaisser de leur propre habitarbre, au cœur de la partie la plus dense de la forêt ; une décision qui manquait de sens pour quelqu’un qui ne pratiquait pas l’élémentalisme et imaginait sans peine vivre loin d’un point d’eau.

En apprenant le décès de Nara, Izor n’avait tout d’abord pas réagi. Son visage avait pâli et s’était figé ; elle avait paru sur le point de s’effondrer. Silencieuse, elle avait laissé le choc la submerger. Les relations houleuses qu’elles avaient entretenues, surtout après l’attaque du cercle dix ans auparavant, avaient parfois ressemblé à celles d’une mère et sa fille. Même si elle ne pouvait pas prétendre avoir vraiment servi de substitut pour Nara, elle avait développé avec elle un lien plus fort que celui d’une simple Reine avec sa vassale.

La voix agacée de Lucanos ramena Esra au moment présent :

— J’espère qu’on va bientôt recevoir l’autorisation d’accès à la section spéciale.

L’Aïckois acquiesça et se reconcentra sur les lignes sous son nez. Quitte à remuer le passé, autant que ce soit de façon constructive.

***

Les manches de sa chemise repliée jusqu’au coudes, Arlam farfouillait parmi les galets pour en dénicher un qui lui conviendrait. Une fois que ses doigts tâtèrent enfin un caillou à la texture assez plane, il ôta ses chaussures, remonta son pantalon pour s’avancer dans la mare qui s’étendait à ses pieds, le brandit et l’envoya ricocher à sa surface. Après trois petits bonds peu probants, la pierre sombra dans une gerbe paresseuse. Déçu, l’illusionniste se mit à la recherche d’un projectile de meilleur acabit. Il effectua un pas en arrière, perdit l’équilibre et s’étala à moitié dans l’eau. Ses sens engourdis se trouvèrent ravivés par la fraîcheur, pourtant il resta allongé là. Il se glissa pour s’immerger en totalité et quitter le rivage. Quand il atteignit le point où son corps cessait de toucher le fond, il se laissa flotter au rythme de sa respiration anarchique.

Au-dessus de lui, par le large trou dans la canopée, s’étirait un ciel où quelques nuages cachaient le soleil de cette fin de printemps. Les cinq jours de la fête du nouvel an approchaient à grands pas. Un rictus crispé se forma au coin de ses lèvres : l’alcool coulerait à flot dans certaines parties du cercle, il tâcherait de s’en tenir éloigné. D’autant qu’une affaire urgente le préoccupait toujours : malgré les recherches entamées dès qu’il s’était rendu compte de sa disparition, Arlam n’avait pas remis la main sur sa carte-fée. Il était repassé à l’épicerie, où l’homme Sorcière l’avait aidé à fouiller la boutique, sans succès, apparemment aussi choqué que lui. Il semblait de bonne foi : comment pouvait-on voler l’artefact de vol d’une autre Sorcière ? Le fait qu’il s’agisse d’un objet-fée avait parfois valu à Arlam des regards envieux, mais jamais il n’avait songé qu’on oserait le lui dérober.

Sortir pour se changer les idées lui avait alors semblé nécessaire, d’autant plus qu’il n’osait rien dire de cette affaire à Esra et Lucanos : il préférait s’épargner l’inévitable honte qu’il lirait sur leurs visages. Il comptait bien récupérer l’artefact, mais il lui faudrait de la chance. Et un plan.

Pour l’heure, il se laissait porter par les faibles remous de l’eau. La sensation de flottement lui tira un sourire béat. Un peu d’oubli dans un monde qui voulait sans cesse le clouer à la réalité. Il aurait pu passer des heures ainsi, mais son corps, soudain conscient de la température du liquide, se secoua d’un frisson. Arlam se retourna pour constater qu’il avait dérivé sur plusieurs dizaines de mètres. Il commença à nager avant de s’arrêter. Le souvenir des catastrophiques leçons de Nara remontait en lui, au milieu du brouillard mental dont il tâchait de se départir de jour en jour.

Il posa une main à plat sur la surface de l’eau, puis l’autre, et se concentra. Quand il eut l’impression de s’appuyer sur un solide, il se hissa et posa ses genoux, puis ses pieds, sur l’eau. Il se rappelait l’aisance de Nara lors de ses démonstrations et ses explications autour de ce simple tour d’élémentalisme. Un sourire niais se dessina sur ses joues. Se dilua aussitôt.

Nara était morte.

Il se donna autant de contenance que possible dans une telle situation et fit un pas. La plante de son pied traversa l’onde et il retomba brutalement dans la mare.

***

Après s’être séché autant que possible, Arlam avait regagné son quartier. Sans sa carte-fée, cela lui prenait près d’une heure, aussi avait-il pressé le pas en louvoyant entre les habitarbres. Il se dirigea vers l’épicerie, toujours la même, en espérant qu’elle serait ouverte et qu’il y découvrirait un quelconque indice sur l’odieux vol dont il avait été la victime. La luminosité commençait à baisser et l’herbe sous ses pieds perdait peu à peu de son vert pour gagner des tons bleutés. Dans la chaleur tendre de la fin du mois de rustier, les abeilles bourdonnaient, comme en bruit de fond, mais se voyaient peu à peu remplacées par les lucioles. Des Sorcières les attrapaient et les plaçaient dans des bocaux pour s’en servir comme sources de lumière naturelle, moins dangereuse que des flammes.

Arrivé devant l’épicerie, l’illusionniste fouilla ses poches pour constater qu’elles étaient vides. Il avait oublié de retirer de l’argent à la banque et ne dénicherait sans doute pas le moindre bout de papier chez lui. Un long soupir d’irritation siffla dans sa gorge. Il poussa la porte de la boutique.

— Bonjour, lança-t-il à l’attention de l’homme Sorcière de l’autre côté du comptoir.

Ce dernier le salua avec un sourire désolé et contourna le meuble pour le rejoindre. L’illusionniste constata alors qu’ils étaient seuls ; il devait être parmi ses derniers clients de la journée.

— Toujours pas de nouvelles de votre carte ?

L’illusionniste secoua la tête. Un silence s’installa, à peine perturbé par leurs battements de cils. Arlam le détailla un peu. Il devait le devancer d’une paire années, pourtant ses cheveux grisonnaient déjà par endroits. Au coin de ses yeux sombres, sur sa peau foncée, de petites rides révélaient un tempérament rieur. Arlam ne l’aurait pas qualifié de « beau », mais « séduisant » sans hésitation. Et le fait qu’il l’ait aidé dans la recherche de sa carte-fée le rendait éminemment sympathique. Il rougit en se rendant soudain compte que même en se côtoyant de façon régulière depuis des années, et encore plus ces dernières semaines, ils ne se connaissaient pas assez pour qu’il se permette de telles considérations sur son physique, et encore moins son caractère. Il se permit alors :

— Je suis Arlam Nessem, illusionniste.

L’épicier avait sans doute atteint la même conclusion, car il sourit, à la fois gêné et amusé.

— Somien Jilly, illusionniste.

Des présentations tout à fait formelles, dans la tradition la plus stricte du Bois Refuge. Pourtant, quelque chose ne trompa pas Arlam : le ton presque taquin en répétant le nom de leur spécialité, ou tout bêtement le sourire qui creusait les rides repérées plus tôt. L’air de la boutique pulsait presque sous l’évidence.

Le visage de l’épicier s’approcha un peu du sien, jusqu’à ce que leurs nez s’effleurent. Son odeur lui évoqua la terre humide des jours pluvieux de destembre.

Somien s’écarta de lui avec lenteur pour verrouiller la porte de sa boutique.

***

La nuit était tombée et imbibait le cercle de son obscurité. Aucun bruit ne traversait les fenêtres fermées et Arlam n’en trouvait le silence à l’intérieur de l’habitarbre que plus oppressant. Le bruit d’un liquide s’écoulant le fit presque sursauter. Un bref regard lui indiqua que Somien revenait avec deux verres d’eau, qu’il posa au pied du lit. Il se réinstalla à ses côtés et passa une main dans sa chevelure en bataille, avec plus de tendresse qu’Arlam ne s’y attendait.

— Si on te l’a bien volée dans ma boutique, je pense savoir qui a fait le coup.

Il l’avait oubliée, l’espace de plusieurs heures, aussi lui fallut-il un instant pour comprendre ce qu’évoquait l’épicier :

— Ma carte-fée ? Vraiment ?

Sa voix n’avait pas connu cette intonation depuis des semaines : un mélange de surprise et d’espoir. Somien opina du chef et but une lampée, avant de répondre :

— Une belliciste qui se croit tout permis, et qui commence à avoir une certaine réputation parmi les commerçants du cercle. Elle nous pique des petits objets, et se sert aussi dans les poches des clients.

— Tu connais son nom ?

— Issani ou Issoni, je crois. Une petite brune, plus jeune que nous, avec une cicatrice.

Il traça une ligne imaginaire du coin de sa paupière à son oreille. Difficile à repérer de loin sur un visage, mais les chances d’Arlam de regagner son artefact de vol venaient d’augmenter considérablement.

— Si tu veux mon avis, c’est encore une Sorcière qui pense qu’elle a le droit d’écraser les Sorciers en toute impunité.

Arlam s’étonna du terme utilisé, si incongru en pressican :

— Tu es sorciériste ?

— Tu ne l’es pas ?

Surpris de rencontrer un représentant de ce mouvement pour la première fois, il dut admettre qu’il ne s’était jamais posé la question : malgré les inégalités encore présentes, la condition des hommes Sorcières s’était grandement améliorée depuis la jeunesse de ses parents. Et alors que le mouvement gagnait en popularité depuis les derniers mois, il avait eu d’autres préoccupations dans son périple à travers les cercles.

— Je sais bien que les choses ici ne sont pas comparables à celles des Marais, d’Itera ou de Pzerion, mais crois-moi, il y a tant de choses qui doivent changer. D’ailleurs, des différences pareilles alors que nous ne sommes qu’un seul peuple sont déjà des aberrations. Et avant que tu ne poses la question : « Sorcier » existe en tant qu’adjectif, alors pourquoi ne pas en faire un nom pour représenter les hommes Sorcières ? Et est-ce que ce n’est pas préférable d’avoir un terme qui nous différencie des Hommes, avec un grand H ?

— Je suppose que tu as raison…

En y réfléchissant, le terme « Sorcier » lui plaisait bien, ne serait-ce que pour toutes les fois où Lucanos l’avait interrompu ou dénigré pour sa simple qualité d’homme. De tous petits engrenages se mettaient en place dans son esprit, des petites réactions qui s’emboîtaient telles les pièces d’un puzzle auquel il n’avait jamais prêté attention dans son cercle.

— Tu es plus facile à convaincre que la plupart des gens, répliqua l’épicier avec un rire. Mais je te préviens, si tu me laisses en parler, tu ne m’arrêteras pas avant des heures.

— Disons que je suis plus sensible au message quand le messager m’aide à récupérer mon artefact de vol… Tu ne peux pas imaginer ma gratitude. Et, honnêtement, je suis assez curieux, ce sera donc avec plaisir que je t’écouterai parler de sorciérisme.

— Tu fais partie de ces illusionnistes qui passent leur temps à étudier tout ce qui leur tombe sous la main, je me trompe ?

Arlam se drapa dans un air faussement outré, qui tira un nouveau rire de Somien.

— Pour ta carte-fée, reprit ce dernier, je pense pouvoir t’aider un peu plus que ça, si tu es d’accord.

***

L’habitarbre de la Reine Izor possédait des dimensions respectables : en plus de la souveraine d’Aïcko, une bonne partie des Sorcières de son gouvernement y résidaient. Perché contre une colline, il se tordait d’une façon qui avait permis d’établir des étages plus larges que dans les chênes au cœur du cercle. Les gardes postés aux entrées étaient aussi Aïckois qu’Esra, et certains le reconnurent quand il approcha. L’alchimiste demanda une audience auprès de la Reine et n’eut pas à attendre bien longtemps, surtout en comparaison du délai nécessaire pour la même requête faite aux Sylvestres. À peine entré, il gravit les escaliers qui menaient à la salle du trône improvisée sans rencontrer plus de résistance. Les gardes qu’il croisa à son orée ne lui adressèrent qu’un vague salut ; ils se transmettaient les instructions par télépathie, aucune inquiétude à avoir de leur côté. Esra aurait pu s’inquiéter pour la sécurité de sa Reine, mais l’omniprésence de terre et de végétaux, et la proximité de l’étang, assuraient la sécurité d’Izor : il faudrait une certaine forme d’inconscience pour envisager de l’affronter sur un tel terrain.

Elle conversait avec une de ses conseillères, sur le point de partir. Elle s’interrompit en le voyant arriver du coin de l’œil. Les deux Sorcières se saluèrent et la conseillère s’éclipsa par une porte à l’autre bout de la salle.

— Bonjour Esra.

— Bonjour, votre Majesté.

Si Nara n’avait jamais présenté le moindre don pour le protocole, parfois même pour la politesse la plus élémentaire, il s’efforçait au contraire de faire bonne figure quand il s’adressait à sa souveraine. Il eut un vague sourire en se souvenant de l’effroi qu’il avait éprouvé chaque fois que sa sœur l’avait simplement appelée « Izor ». Comme si elle avait lu dans ses pensées, cette dernière émit un petit rire et répondit :

— Si Nara avait été un peu plus comme toi, je me serais épargné plusieurs crises de nerfs.

Leur nostalgie commune les ramena des années en arrière, l’espace d’une poignée de secondes silencieuses.

— Tu pourrais m’appeler par mon prénom, tu sais. Après tout, je ne suis plus Reine de quoi que ce soit, maintenant.

— Bien sûr que si. Vous êtes la Reine du peuple aïckois, qu’il y ait un cercle ou non.

Cette réplique atténua l’amertume de la dirigeante, qui l’invita à s’approcher davantage.

— Alors, pourquoi tu voulais me voir ? Je ne t’ai pas croisé depuis ta dernière visite. J’aurais préféré que tu me tiennes au courant de tes projets. Comme tu viens de le dire, je reste ta Reine.

— Je voulais vous parler de l’Arbre de Feu.

Le peu d’enthousiasme qu’il avait réussi à susciter chez elle fut aussitôt remplacé par une sincère perplexité.

— Écoute, je sais que toute Sorcière a le droit de croire en ce qu’elle veut. Mais je te connais. Tu es une personne rationnelle.

Esra fit un geste pour la rassurer.

— Je n’y crois pas. Il faudrait être un peu fou, n’est-ce pas ?

Entre un soupir de soulagement et un froncement de sourcils, Izor reprit :

— Dans ce cas, pourquoi tu te déplaces pour me poser des questions à ce sujet ?

— Parce que Nara y croyait.

Nouveau soupir, contrit cette fois-ci. Elle se leva, tourna en rond sans dire un mot, puis se rassit dans son trône de fortune. La peine inscrivait une ride au milieu de son front.

— Ne fais pas ça, Esra. Ne vis pas à sa place.

— Elle cherchait l’Arbre. Je lui dois bien ça.

— On ne doit rien aux morts. Rien d’autre qu’un bon souvenir et une belle sépulture.

— Et elle n’a ni l’un, ni l’autre.

Izor prit son visage entre ses mains. Dans de pareils moments, on pouvait oublier qu’elle était l’élémentaliste la plus douée de sa génération, une souveraine quadragénaire, bientôt belle-sœur de l’Impératrice. Tous ces titres s’effaçaient face à la détresse et la lassitude.

— Ne fais pas ton deuil comme ça, Esra. Nara n’a pas su faire face aux horreurs du monde des Hommes et en a perdu l’esprit. Je ne veux pas que tu suives la même voie.

— Je peux bien faire ce que je veux de ma vie.

— Là, tu parles vraiment comme elle.

Ils rirent un peu, nerveux. Même l’évocation des aspects les plus agaçants de Nara n’enlevaient pas la tendresse dans leurs mémoires, pourtant engloutie sous les cris et le sang.

— Je ne suivrai pas la même voie, ajouta Esra.

— Bon… Je suppose que je peux t’apporter certaines réponses, mais je n’ai que de vagues souvenirs des lectures de ma mère à ce sujet. Et je vais devoir te laisser d’ici peu, le conseil du cercle se réunit avec des représentantes sylvestres.

— Merci. Je serai bref. Déjà, je voudrais savoir s’il y a une piste à exploiter avec le volcan d’Erroubo. Pour le retrouver, je veux dire.

Elle secoua la tête, mais tenta d’élaborer sa réponse :

— Erroubo est vraiment un cercle à part, tu devrais le savoir. Les légendes autour de l’Arbre sont très différentes là-bas. Pas de diaspora, juste une apparition sur l’île, encore totalement isolée à l’époque. Je crois même que ça date d’avant l’apparition de la magie sur le continent.

— Et ils parlent d’un arbre ?

— Oui. Ils lui donnent un nom différent, je ne me souviens plus vraiment. Ça correspond plutôt à « Ignescence » qu’à « Arbre de Feu », mais les descriptions qui en sont faites ressemblent aux nôtres.

Voilà qui écartait les hypothèses de Lucanos. Il tenta autre chose :

— Et ça pourrait être un animal ? Ça expliquerait que les Sorcières l’ont suivi pendant la diaspora.

— Je me posais la même question quand j’étais enfant. Je pensais à un cerf, ou une bestiole comme ça. C’était bien plus logique qu’un arbre qui se déplace.

Esra eut un rictus : il n’allait pas la contredire là-dessus.

— Mais non, ma mère a toujours été formelle : c’était un arbre. Crois-moi, j’aurais aimé pouvoir te dire que ce supposé dieu ressemblait plutôt à une bête, même féroce. Ça aurait plus de sens.

Des bruits de pas se firent entendre dans le dos de l’alchimiste, suivis d’un raclement de gorge. La Reine Izor leva un sourcil interrogateur et acquiesça. Sans doute venait-on de lui signaler le début de l’audience avec les Sylvestres.

— Je devrais partir…, déclara Esra, gêné d’avoir accaparé la souveraine.

— Essaie plutôt de venir me voir en fin de journée, la prochaine fois. Tu as déjà eu de la chance de tomber sur moi ici à une heure pareille.

Il la salua avec respect, mais avant qu’il ne passe la porte, elle lui lança :

— C’est une mauvaise idée, Esra. Mais si tu y tiens… À ta place, je regarderais vers l’est et les Marais. Après tout, selon la légende de la diaspora, c’est là qu’on aurait vu l’Arbre de Feu pour la dernière fois.

***

Le jour où ils reçurent enfin l’autorisation des Reines pour consulter les sections restreintes, Lucanos et Esra avalèrent un petit-déjeuner et se rendirent en trombe à la bibliothèque. Ils accordèrent à peine une œillade aux Sorcières ensommeillées qui se tenaient à l’entrée et grimpèrent aux échelles qui menaient au dernier étage. Les sections spéciales étaient les seules à posséder un mur pour en empêcher l’accès par le vol. Une solide grille de fer et un bibliothécaire revêche barraient le passage aux intrus.

— On a une autorisation des Reines, crâna Lucanos en tendant le bout de papier aux sceaux de Caronn et Mireth.

Elle avait pris la peine d’user de son ton le plus condescendant. L’impatience la rongeait depuis plusieurs jours et elle ne laisserait plus personne se mettre entre elle et les écrits les plus confidentiels sur l’Arbre de Feu. Même si elle partageait l’envie d’Esra d’achever la quête de sa sœur, sa principale motivation restait toute personnelle. L’essence même de la magie, la nature de ce dieu qui leur avait donné ces dons : tout ceci résonnait en elle. Quelle arcaniste ne rêvait pas de se rapprocher encore de la Source ?

Ils pénétrèrent dans la section et se dirigèrent sans plus attendre vers l’étagère des textes religieux. Les ouvrages semblaient pour la plupart plus anciens que ceux rangés aux étages inférieurs. Lucanos prit le plus poussiéreux de tous et demanda au bibliothécaire un dictionnaire d’ancien pressican. Esra empila une montagne de papier sur ses bras et s’installa à une table d’étude, un peu plus loin. À peine ouvrit-elle le volume antique qu’elle regretta de ne pas avoir la patience de l’alchimiste : les caractères étaient effacés par endroit, les tournures archaïques, le style inexistant. Ses précédentes lectures lui parurent d’une simplicité enfantine en comparaison. De nouvelles heures de lecture sans paroles s’enchaînèrent, à peine perturbées par le bruit du papier qui défilait sous leurs doigts. Parfois, Esra ou Lucanos se levait pour chercher un opus complémentaire, ou juste pour étirer ses jambes. Quand approcha le zénith, à peine devinable derrière le mur de la section fermée, la Paludonienne releva le crâne pour lui faire part d’une découverte :

— Je sais comment l’Arbre de Feu se déplace.

Esra cessa aussitôt son étude et profita de cette pause pour nettoyer ses lunettes et l’écouter. Elle pointa du bout de l’ongle le passage qui lui avait permis d’atteindre ses conclusions.

— En fait, expliqua-t-elle, ce n’est pas un arbre, au singulier, mais des arbres. Leurs feuillages s’enflammaient à mesure que les Sorcières se déplaçaient. Quand elles approchaient, le feu s’éteignait pour se raviver sur un autre arbre, au loin.

— Ça explique la diaspora, je suppose.

— Et le fait que tous ses autres noms ne se rapportent pas aux arbres, mais bien au feu. Le feu est l’élément sacré, pas l’arbre en lui-même, qui n’est qu’un support.

— Mais dans ce cas, peut-être que l’Ignescence n’est plus sur un arbre, maintenant ?

Ils avaient chassé un problème pour en divulguer un autre. Esra frotta ses paupières, gonflées par la fatigue et la lecture intensive de ces derniers jours. Lucanos passa un doigt sous son masque pour se gratter, mal à l’aise. Les informations contenues dans ces livres n’apportaient pas grand-chose de plus que ceux qu’ils avaient déjà épluchés. Comme pour la contredire, l’alchimiste lâcha :

— En tout cas, je comprends pourquoi l’accès à ces bouquins est restreint.

Il ne pouvait voir le sourcil interrogateur se lever sur le front de Lucanos, mais il sembla le deviner. Elle croisa les bras et le fixa pour l’assurer que son agacement n’était pas compatible avec la patience. Pourquoi, il parut hésiter à lui révéler ce qu’il avait découvert, et qui n’avait d’ailleurs pas l’air d’une grande surprise pour lui. Il tenta enfin :

— Quoi, ils n’en font pas mention dans celui que tu as lu ?

— J’ai survolé certains passages plus généraux pour me concentrer sur l’Arbre. Crache le morceau.

Il soupira, esquissa un geste apaisant et s’empressa de retrouver la page qui l’intéressait.

— Raconte, le coupa-t-elle dans son élan. Je vais pas lire quelque chose que tu peux m’expliquer.

À l’évidence, il refusait d’être le messager des auteurs de cet ouvrage historique. Tout en tapotant la page du bout des doigts, il pinça les lèvres, comme pour se forcer au silence, mais sa bouche se descella en un soupir.

— Bon, tu me promets d’être patiente ?

— Non.

— Alors, tu me promets de ne pas utiliser les arcanes quand j’aurai fini ?

Lucanos acquiesça, tout en sachant très bien qu’elle ferait usage de sa magie si elle le désirait. Pour qui se prenait-il à lui interdire ceci ? S’il ne lui avait pas déjà prouvé sa valeur, elle l’aurait sans doute massacré. D’un signe du menton, elle lui demanda de commencer.

— J’avais déjà lu des éléments similaires dans un livre que j’ai pris dans la bibliothèque de Jahanna, mais j’ai préféré recouper avec d’autres ouvrages, pour être sûr que je n’interprétais pas mal ce qu’il contenait. Mais ça m’a l’air de se confirmer dans ce qui est écrit ici.

— Abrège.

— S’il te plaît… Donc, d’après ce qu’on a pu lire, la Source est d’abord apparue en Erroubo, où elle a donné leurs pouvoirs aux personnes qu’elle avait choisies. Puis, elle en a fait de même sur le continent.

— Si c’est pour le couplet sur le fait que nous étions humains avant de recevoir la magie, je suis au courant, pas la peine de t’étendre.

Et elle demeurait sceptique quant à la véracité de cette partie de l’histoire. Comment deux peuples aussi différents pouvaient avoir les mêmes origines ? Les Hommes étaient si faibles, et ils ne comprenaient rien au feu. Elle repoussa ses réflexions et reporta son attention sur Esra, qui ne l’avait pas attendue.

— …que la diaspora n’ait lieu, Hommes et Sorcières vivaient ensemble, dans ce qui est aujourd’hui encore le Royaume de Pressiac.

— Je sais tout ça, marmonna Lucanos avec lassitude. Accélère.

— Les Sorcières ont réduit les Hommes en esclavage. Et c’est pour ça qu’ils nous haïssent.

Les mots s’étaient échappés de sa bouche, comme s’il voulait qu’elle ne les entende pas clairement. La Paludonienne se redressa pourtant et posa ses mains à plat sur la table. D’instinct, Esra recula, comme une proie face à un prédateur.

— Tu veux dire qu’on les avait mis à leur juste place et qu’ils nous ont chassées ? Et depuis tout ce temps, ils n’ont pas arrêté de vouloir nous exterminer à cause de ça ?

L’alchimiste pâlit et hocha à peine la tête, dans la crainte de sa réaction. Lucanos baissa les yeux vers les lignes où étaient écrites ces précieuses informations. Elle ne savait qu’en faire. Si les gouvernements sorciers les avaient gardées secrètes, c’était sans doute par mesure de propagande. Comment faire confiance à des dirigeants qui avaient laissé une telle chose se produire ? Et faire croire à la jalousie des Hommes fonctionnait sans conteste mieux que de révéler qu’ils agissaient par peur et par vengeance.

— Ça explique leur acharnement. On peut dire qu’on l’a un peu cherché…, souffla Esra.

Lucanos se leva et renversa la table, et tous les livres qui l’encombraient par la même occasion. Écrasé dans son siège, l’Aïckois la contemplait avec un air abasourdi, mais une lueur dans son regard laissait entendre qu’il avait immédiatement compris son erreur. Elle feula pourtant :

— Alors, je l’ai mérité, c’est bien ça ?

Elle arracha son masque et brandit sa cicatrice comme une arme. Ses yeux d’orage le tétanisèrent, jusqu’à l’empêcher de respirer. Elle laissa plusieurs douloureuses secondes s’écouler, comme pour s’assurer que son malaise était complet. Puis elle se rassit, sans prendre la peine d’arranger le désordre qu’elle avait provoqué. Esra, lui, ne bougeait toujours pas.

— Une chose est rassurante, dans toute cette histoire, ceci dit.

Comme si de rien n’était, elle conclut :

— Si les récits d’Erroubo et de Pressiac se rejoignent, une chose est sûre : la forme privilégiée de notre dieu, ce sont bien les arbres.

***

Esra ôta ses lunettes et massa l’arête de son nez. Depuis l’adolescence, il en avait besoin pour lire et cela ne faisait qu’empirer depuis qu’il se dédiait à l’étude de l’alchimie.

À ses côtés, Lucanos s’étira et, d’un simple claquement de doigts, alluma l’unique bougie posée sur la table basse du salon d’Arlam. Ils avaient ramené plusieurs volumes de la bibliothèque pour continuer d’étudier l’Ignescence, mais ils avaient déjà fait de grands progrès. Malgré cela, ils demeuraient toujours incapables de dénicher la moindre indication sur le lieu où se cacherait leur dieu. Ils continueraient à chercher, peu importait le temps que cela leur prendrait.

— On la vengera, ta sœur. L’Arbre brûlera tous les Hommes, jusqu’au dernier.

Il secoua la tête avec lenteur. Cette femme ne raisonnait décidément pas comme lui.

— Je ne veux pas la venger. Juste honorer sa mémoire, terminer ce qu’elle avait commencé.

L’arcaniste haussa les épaules, mais ne répondit pas. Nul doute qu’elle avait formulé son souhait plutôt que celui d’Esra. Les Hommes lui avaient tant pris, et Nara lui avait tant rendu. Même en accordant peu d’importance à ce genre de choses, difficile pour elle d’oublier la dette qu’elle avait envers la défunte élémentaliste.

— Écoute, on devrait aller dormir. Tu as passé la journée le nez collé dans ces bouquins, tes yeux vont encore s’abîmer à ce rythme.

Lucanos amorça un pas vers sa chambre, puis se ravisa. Elle s’approcha de lui, ôta son masque de porcelaine pour l’embrasser. Un simple baiser, des lèvres qui s’effleurent à peine. Les paupières d’Esra papillonnèrent de confusion. Il posa sa main sur sa taille, sans chercher à la retenir, mais elle ne se défit pas de cette faible étreinte.

— Tu en as mis du temps, rit-elle à mi-voix.

Elle passa ses doigts sur sa nuque. Impossible pour Esra de savoir si la tendresse de son sourire était réelle. Entre les pans de peau déformés par sa brûlure, sous ses mèches de jais, il croyait pourtant voir ses prunelles briller d’une lueur qu’il n’avait jamais vue. La tête lui tournait : il demeurait toujours incapable de discerner où commençait l’honnêteté chez Lucanos.

Elle s’écarta d’un pas et ôta sa robe d’un seul mouvement. Esra ne parvenait à se défaire de son visage, obnubilé par son regard qui ne le quittait pas une seule seconde. Il se noyait dans ses iris noirs ; le reste du monde cessait d’exister. Ses mains semblèrent se doter d’une vie propre et vinrent se presser sur ses épaules, effleurer son dos, ses hanches, sa poitrine. Lucanos agrippa ses vêtements et s’affaira à les enlever.

Ensemble, nus dans la faible lumière orangée de la bougie, ils se respirèrent, s’entremêlèrent. Ils se déplacèrent peu à peu vers la chambre, par confort plus que par pudeur. En cet instant-là, ils étaient seuls au monde.

***

Dans l’obscurité de la chambre, Esra peinait à distinguer totalement Lucanos. Il se rapprocha jusqu’à se placer à quelques centimètres de son nez. Il n’était pas sûr de la conduite à tenir dans une telle situation, et surtout avec une telle femme. Elle se moquerait peut-être de ses gestes de tendresse ou les interpréterait de façon erronée. Comme si elle avait conscience de ses doutes, elle prit son bras et plaça sa main sur son épaule. Le bout de ses doigts caressa sa peau avec lenteur.

L’Aïckois aurait pu faire appel à la magie et user de nyctalopie pour mieux distinguer son visage, mais il parvenait à s’habituer à l’absence de lumière. Ses yeux se perdirent dans la contemplation de son amante. Lorsqu’elle ne se cachait pas derrière du tissu ou de la porcelaine, Lucanos portait un masque de chair, qu’elle n’enlevait que rarement, quand la fatigue l’assaillait. Et tandis qu’elle luttait contre le sommeil, une expression étrange s’était installée sur ses traits.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Je ne sais pas si tu pourrais comprendre.

Esra fronça les sourcils, dérouté. L’arcaniste s’appliquait si souvent à ne laisser transparaître aucune autre émotion qu’une dangereuse désinvolture qu’il mit un temps à identifier ce que ses lèvres tendues signifiaient : une colère froide, qui grondait quand personne ne pouvait l’entendre. La haine avait un visage et c’était celui de Lucanos.

— Je veux le tuer, siffla-t-elle entre ses mâchoires serrées.

Inutile de poser la question pour savoir de qui elle parlait : Hution Rerus, le Seigneur humain qui lui avait volé sa liberté, et bien plus que cela. Il comprit aussi qu’elle ne se livrait pas pour se confesser, mais pour formuler une demande.

— Je t’aiderai, répondit-il dans un murmure.

Un sourcil surpris se leva sur son beau visage ravagé.

— Tu n’as pas idée des choses que je voudrais lui faire. Ce type…

— Je t’aiderai, je n’ai pas besoin d’en savoir plus.

Lucanos ne sourit pas et n’ajouta rien. Elle ouvrit sa main et y fit naître une flamme. La lumière chaude envahit la pièce tandis que les étincelles dansaient au creux de sa paume. Esra y glissa d’abord le bout de ses doigts, puis sa main embrassa la sienne. Le feu se tut ; ils replongèrent dans la pénombre.

Ils n’avaient pas besoin de plus de mots. Leur pacte était scellé par le silence nocturne.

Commentaires

Ahlalaaa j'adore cette enquête sur la nature de l'Arbre de Feu !
Et tant de tensions qui naissent dans cette histoire, deuil, passion et obscurantisme... Hâte d'en savoir plus !
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lundi 7 juin à 11h41
Arlam a un amoureux ** ça va lui faire du bien !
Pour Esra par contre, j'ai vraiment peur qu'il se fasse bouffer par son envie d'honorer Nara (comme le craint Izor) et/ou par Lucanos...
Par contre, le truc des Sorcières qui ont réduit les Hommes en esclavage, on l'a pas déjà vu dans le tome 1 ? Ça me dit très clairement quelque chose.
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jeudi 10 juin à 13h57
Exact, j'ai d'ailleurs mis un petit ajout qui permet de clarifier qu'Esra était déjà au courant (c'est évoqué dans le dernier chapitre du tome 1).
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mercredi 16 juin à 00h59