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Marine Labaisse

mardi 24 avril 2018

De l’histoire d’une fanfiction

L’écriture, qu’est-ce que c’est ? Si l’on en croit le Larousse, il s’agit d’une « manière d’exprimer sa pensée par l’écrit », ou encore d’un « système de signes graphiques servant à noter un message oral afin de pouvoir le conserver et/ou le transmettre ».

L’écriture, en réalité, renferme beaucoup de choses, dans des termes et définitions qui sont propres à chacun. C’est pourquoi cet article s’appuiera sur mon ressenti, mon expérience, ma vision des choses. Il ne s’agira pas ici de vous dérouler un cours magistral sur l’écriture, mais bien de partager un vécu qui pourra vous parler ou vous faire découvrir de nouvelles choses.

Avant de rejoindre l’Attelage, je suis passée par diverses étapes dans ma vie d’autrice, et même si certaines ne sont pas très glorieuses, je pense qu’elles ont toutes servi à me construire. Je me suis essayée à la poésie au collège, persuadée que l’écriture devait être bien réglementée pour être de qualité. La bonne élève. Mais cela n’a pas duré très longtemps. Je me suis vite rendu compte que je ne voulais pas écrire mon histoire ou coucher mes sentiments, mais donner vie à d’autres, à ceux qui oseraient ce que je n’étais pas capable d’accomplir.

C’est ainsi que j’ai découvert la fanfiction.

Les codes de la fanfiction

La fanfiction est une technique d’écriture qui consiste à reprendre une histoire déjà établie (-fiction) et à la modifier à notre goût (fan-). Il existe des fanfictions sur littéralement tout. Romans, mangas, films, séries, jeux vidéo, mais également célébrités bien réelles. De même, les écrits peuvent être incroyablement variés et permettent de contenter tout le lectorat. Certains auteurs parviennent à acquérir une petite notoriété au sein de leur cercle spécifique à une œuvre, et quelques rares écrivains ont pu ainsi déboucher sur des contrats professionnels. À titre d’exemple, la saga 50 nuances de Grey (E.L. James) était au départ une fanfiction de l’univers Twilight (Stephenie Meyer).

Pourtant, si la fanfiction est très diverse, elle répond à des codes bien précis. Le lien avec le lectorat est essentiel, et les auteurs de « fanfics » sont investis dans les sections de dialogues propres à chaque plateforme de partage. Il est important, en échange, que le lecteur laisse son ressenti sur chaque écrit, de façon plus ou moins développée. La communauté, au sein de la fanfiction, est l’atout principal de ce mode d’écriture.

Lorsque vous chercherez à lire une fanfiction, au-delà des avis des autres lecteurs, vous aurez accès à certains codes qui vous permettront d’aviser en un coup d’œil de la pertinence des écrits proposés :

- Le rating : c’est ainsi que l’on sépare les contenus tous publics des contenus sensibles. La notation démarre à G (general) ou PG (parental guidance) jusqu’à M (mature), E (explicit) ou NC-17 (no children under 17) ;

- Les pairings : ce sont les couples représentés dans l’histoire. Les deux noms (ou plus !) peuvent être notés séparés d’un / (Zéphyr/Phébus) ou être mêlés pour créer un nom de pairing (zephbus) ;

- L’univers : si l’univers diffère de celui d’origine, on le précisera avec le sigle AU (alternative universe) ;

- Les personnages : certaines histoires contiennent des personnages inventés par l’auteur, des OC (original character) ;

- Les tags : divers tags permettent de mieux connaître le contenu de l’écrit.

Enfin, dernière règle de la fanfiction : celle-ci se publie de manière épisodique, le rythme étant à la convenance de l’auteur.

Pourquoi la fanfiction est un véritable exercice d’écriture ?

Souvent moquée ou considérée comme un écrit de mauvaise qualité, la fanfiction est pourtant une écriture à part entière.

Lorsque j’ai commencé cet exercice, j’écrivais sur mes mangas favoris (Naruto, Shaman King, Fruits Basket). Mon style était plus que bancal à l’époque : mes chapitres ne contenaient presque que des dialogues où le nom du personnage était inscrit avant sa réplique et où les émotions et actions se traduisaient en émoticônes et quelques mots entre astérisques.

Marine : C’était pas très beau XD *secoue la tête*

À force d’exercice, j’ai fini par soigner mes écrits, les développer un peu. La narration a pris sa place, les dialogues se sont parés de guillemets et d’incises. Les retours des lecteurs, surtout, m’ont beaucoup aidée, ceux des autres auteurs aussi, car c’est un milieu assez soudé.

Au-delà du style, la fanfiction est un excellent exercice d’imagination. On croise souvent des auteurs qui se targuent d’avoir « toujours eu des histoires plein la tête dès l’enfance ». Je crois personnellement que l’imagination n’est pas innée, mais se travaille comme tout le reste. Avoir des idées peut être plus facile pour certains, mais encore faut-il savoir les exploiter, les développer, les rendre cohérentes.

C’est là que la liberté de la fanfiction est bénéfique. Qu’on se le dise : créer un monde, des personnages, une intrigue, est un exercice ardu. On griffonne, on rature, on s’énerve, on bloque. Personne ne prend un stylo un jour avec les capacités de pondre un Tolkien ou un Martin. La fanfiction a ça de beau qu’elle offre un univers déjà établi, des personnages déjà travaillés et une intrigue qui tient la route. C’est un bel arbre qu’il suffit d’élaguer pour lui donner une forme qui nous convient.

Pour débuter, on peut seulement modifier légèrement l’intrigue : écrire une suite, prendre un point de vue différent, divaguer sur un « et si ça ne s’était pas déroulé ainsi ». Puis on prend des libertés, on ajoute des personnages, ou on change d’univers. Petit à petit, on perfectionne les différents mécanismes et éléments de l’écriture, on copie jusqu’à ne plus avoir besoin du modèle.

Et un jour, on finit par se lancer dans l’écrit original. Il ne sera pas parfait, il ressemblera encore beaucoup à des œuvres existantes dans tous les codes et thèmes qu’il abordera. Mais il évoluera lui aussi pour prendre une identité propre. Et tout le chemin parcouru n’aura pas été vain.

Quel rapport avec l’Attelage ?

Aucun, me direz-vous. Et pourtant ! Plusieurs Attelés sont passés par la fanfiction. Moi-même, bien sûr, mais aussi Maxime, Marion et Chimène.

De plus, en dépit des écrits souvent peu qualitatifs que l’on peut rencontrer dans la fanfiction, tout n’est pas à jeter dans ce système, bien au contraire.

Le contact avec le lectorat, tout d’abord, est une valeur que nous partageons. Si nous écrivons, après tout, c’est afin de partager nos histoires avec vous. Vos avis nous tiennent à cœur et nous permettent de progresser en mettant le doigt sur les éléments qui ne fonctionnent pas.

Les publications épisodiques sont également une démarche que nous avons décidé d’adopter. C’est une décision qui va de pair avec l’envie de contact avec le lecteur. L’histoire s’écrit ainsi avec vous, pour vous, grâce à vous.

Chez l’Attelage comme dans les fanfictions, ce sont les échanges et l’envie de communauté qui nous définissent. Alors il n’y a pas à rougir de ses premières expériences : il faut les chérir et en tirer des leçons qui permettront le progrès vers un résultat à la hauteur de nos attentes.

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