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Julien Willig

mardi 31 janvier 2017

Un dirigeable pour les gouverner tous

« T’as jamais eu l’impression d’être né à la mauvaise époque ? Genre, que t’aurais dû naître avant. Quand la musique c’était… dans les tripes ?

— Genre les années 70 ?

— Avant ça. Genre… le début des années 70. »

 (Jack Black, Brütal Legend, 2009)

C’est sur ces mots que j’ouvre mon premier article consacré à la musique, plus particulièrement aux rockeurs britanniques de Led Zeppelin. Mais pas seulement.

Né en l’an de grâce 1968 et dissous en 1980 après la mort de l’un de ses membres, ce groupe a fait couler beaucoup d’encre dès sa création, et il en reste encore à dire aujourd’hui. Je ne vais pas ici décrypter leurs musiques, mais plutôt vous parler du (ou des) sens qu’ils donnaient à certaines d’entre elles. Leur chanteur, Robert Plant, est un passionné notoire de fantasy, et plus particulièrement des écrits de Tolkien.

Robert Plant en quête d’un raccourci vers les champignons.

L’univers de Bilbon le Hobbit et du Seigneur des Anneaux a posé sa marque sur plusieurs des chansons du groupe. Mais Led Zeppelin fait aussi l’objet de rumeurs plus ou moins fondées et d’interprétations délirantes, à tel point que de ce substrat s’est constituée une solide mythologie, des légendes dont il est parfois bien difficile de distinguer le vrai du faux. Je vais tenter de faire au mieux, de clarifier les propos de Robert Plant à travers certaines de ses paroles afin d’en tirer les illustrations qu’il prête aux récits de Tolkien. La référence d’un tel pilier de la fantasy par l’un des groupes les plus influents de la scène rock mondiale, c’est quand même hyper classe !

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I. À l’aventure, compagnons

>> Ramble On (Led Zeppelin II, 1969)

Son nom renvoie à l’idée de promenade, de randonnée, d’escapade. Il n’y a pas d’équivalent précis en français, mais on pourrait le traduire par « À l’aventure ». Ok, mais ça parle de quoi alors ?

« Leaves are falling all around, it’s time I was on my way.

Thanks to you, I’m much obliged for such a pleasant stay.

But now it’s time for me to go. The autumn moon lights my way. »

Des feuilles qui tombent, le personnage était sur « son chemin », avant de s’arrêter lors d’un séjour plaisant. Puis il se voit contraint de prendre la route.

« For now I smell the rain, and with it pain, and it’s headed my way.

Sometimes I grow so tired… But I know I’ve got one thing I got to do ! »

La suite devient plus ardue : le voyage est difficile, pluie et fatigue sont de la partie. Mais le personnage-narrateur – l’aventurier ? – a son rôle à jouer, quelque chose qui le motive à poursuivre sa voie.

« Ramble On ! And now’s the time, the time is now, to sing my song.

I’m goin’ ‘round the world, I got to find my girl, on my way. »

Le refrain. Partir à l’aventure, chanter sa chanson… Quelque chose d’épique semble se dessiner. L’aventurier parle ici de trouver une « fille », mais l’image de faire « le tour du monde » juste avant laisse penser à une métaphore, là aussi.

« I’ve been this way ten years to the day… Ramble on !

Gotta find the queen of all my dreams. »

Dix ans qu’il est parti, et il cherche toujours la reine de ses rêves… Mh, tout cela reste encore vague, non ? Les vers qui suivent ne sont pas plus clairs :

« Got no time for spreadin’ roots, the time has come to be gone.

And to’ our health we drank a thousand times… It’s time to ramble on. »

L’aventurier est toujours sur la route, sans prendre le temps de se faire de nouvelles attaches. Phrase mystérieuse : « à notre santé nous avons bu des milliers de fois »… Nouveau refrain, puis dernier couplet, plus intéressant.

« Mine’s a tale that can’t be told, my freedom I hold dear.

How years ago in days of old, when magic filled the air,

T’was in the darkest depths of Mordor, I met a girl so fair…

But Gollum and the Evil One crept up and slipped away with her… »

Dans les temps anciens, des temps de magie… L’aventurier a rencontré cette « fille » dans les profondeurs du Mordor, rien que ça ! « A girl so fair ». Fair : juste, équitable, beau, blond. Si brillant, si beau… C’est de l’anneau dont il est question. La « fille » est une métaphore de cette arme, et du désir (de pouvoir) qu’il procure. De quoi expliquer peut-être le deuxième vers ? « Thanks to you, I’m much obliged for such a pleasant stay » : les porteurs de l’Anneau sont obnubilés par lui, ils semblent ne vivre bien qu’avec lui.

Les paroles sont floues, peut-être volontairement. Robert Plant prend des libertés par rapport au récit (en même temps, qu’est-ce qui l’oblige à raconter concrètement et fidèlement cette histoire ?). Mais les éléments sont là : le Mordor, Gollum et « the Evil One », Sauron. Le bien du héros, le précieux bien qui l’a poussé à faire ce long voyage, lui a été ravi. Quant à la « reine de tous ses rêves », est-elle cette même « fille » dont il est question ? Ou alors sont-ce des mots clés pour désigner quelqu’un d’autre. Galadriel, peut-être ?

L’interprétation est difficile, et chaque source sur internet donne sa propre version des choses. Quoi qu’il en soit, le texte reste très intéressant. Il est dommage que Robert Plant lui-même n’ait jamais donné d’explications !

Ici, Frodon en train de faire sa demande de fiançailles.

II. Les champs de Pelennor

>> The Battle of Evermore (Led Zeppelin IV, 1971)

Pour moi, quelque chose d’elfique transparaît ici dès les premières mesures. Au chant angélique de Robert Plant s’ajoute ici une voix féminine, une invitée spéciale ; Sandy Denny. Ce duo, sublimé par la simplicité et la couleur de la musique – guitare folk et mandoline, rien de plus – donne un aspect enchanteur et dansant à cette chanson. Comment ne pas se l’imaginer jouée par des oreilles pointues ?

De quoi, les paroles ? Ah, oui…

« The Queen of Light took her bow, and then she turned to go.

The Prince of Peace embraced the gloom, and walked the night alone. »

Tandis qu’une « reine de lumière » s’arme de son arc, un « prince de la paix » marche seul parmi les ombres. Pour la reine, on peut se demander s’il s’agit de celle qui régnait sur les rêves, dans la chanson précédente. À moins qu’il ne s’agisse d’Eowyn, qui prend part à la guerre contre les armées du Mordor, et surtout contre l’avis de son frère ? Quant au prince, il s’agit sûrement d’Aragorn.

En fait, autant expliquer maintenant le thème de la chanson, ça sera plus simple. Il s’agit de la bataille des champs de Pelennor, le territoire du Gondor où a lieu la terrible bataille pour la défense de Minas Tirith lors du Retour du Roi. Revenons-en à Aragorn. Ces ténèbres qu’il affronte évoquent peut-être le Chemin des Morts, où se terrent les descendants maudits d’Isildur qu’il compte « engager ».

« Dance in the dark of night, sing to the morning light.

The Dark Lord rides in force tonight, and time will tell us all.

Throw down your plow and hoe, rest not to lock your homes.

Side by side we wait the might of the Darkest of them all. »

Le Seigneur des Ténèbres arrive avec son armée. Hommes libres de la Terre du Milieu, prenez les armes et défendez vos terres et ceux qui vous sont chers !

« I hear the horses’ thunder down in the valley below.

I’m waiting for the angels of Avalon, waiting for the eastern glow. »

Le fracas des chevaux, l’attente de la lueur à l’est : un rappel de l’arrivée de Gandalf avec les cavaliers du Rohan, au Gouffre de Helm, ou, plus simplement, l’espoir en direction du Mordor ? Par contre, pour les anges d’Avalon, Robert Plant dérive un peu et assimile au récit tolkiennien la légende arthurienne, en évoquant l’île de la fée Morgane… Curieux.

« The apples of the valley hold the seeds of happiness,

The ground is rich from tender care, repay, do not forget, no.

Dance in the dark of night, sing to the morning light. »

« Les pommes de la vallée portent les semences du bonheur,/Le sol est riche de soins délicats, remerciez, n’oubliez pas, non./Dansez dans la pénombre de la nuit, chantez jusqu’à l’aube. »

C’est typique de l’esprit des histoires de la Terre du Milieu : nous montrer le bien, ce pour quoi il faut se battre, ce que l’on risque de perdre. On ne voit pas vraiment ça à Westeros, hein ?

« The pain of war cannot exceed the woe of aftermath.

The drums will shake the castle wall, the Ringwraiths ride in black. »

Les Nazgûl sont là... Ce qu’il y a de pratique avec l’anglais, c’est sa malléabilité. « Ringwraiths » est un mot inventé par Tolkien, sans équivalent français et parfaitement imprononçable. Il désigne les Esprits Servants de l’Anneau, qui chevauchent en noir.

« Dance in the dark of night, sing to the morning light.

The magic runes are writ in gold to bring the balance back. Bring it back.

At last the sun is shining, the clouds of blue roll by,

With flames from the dragon of darkness, the sunlight blinds his eyes. »

Là c’est plus confus : des runes magiques qui brillent d’or, les flammes du dragon des ténèbres… L’anneau, et les flammes de la Montagne du Destin ? On avance un peu alors. Mais le soleil brille enfin ; c’est la victoire !

Si les paroles sont sombres, la musique, elle, semble plus positive, plus entraînante. Comme si l’on contait une légende dont on connaissait déjà l’issue, heureuse. À la manière des Elfes, j’imagine. En ce qui concerne le duo de chant, ainsi que des effets de style particulier – notamment la répétition de la formule « Dansez dans la pénombre de la nuit, chantez jusqu’à l’aube » –, l’idée de Robert Plant était d’évoquer les crieurs publics, qui répétaient les péripéties chantées par le conteur. Une initiative pleinement ancrée dans la fantasy, non ?

Petite anecdote : le chien de Robert Plant s’appelait Strider, l’un des autres noms d’Aragorn.

Comme c’est bucolique…

III. L’histoire devint une légende

>> Misty Mountain Hop (Led Zeppelin IV, 1971)

Là, on est en plein dans la brume, oui. Voyez le contenu des paroles :

« Walkin’ in the park just the other day, Baby,

What do you, what do you think I saw ?

Crowds of people sittin’ on the grass with flowers in their hair said,

"Hey, Boy, do you wanna score ?"

And you know how it is,

I really don’t know what time it was, woh, oh, so I asked them if I could stay awhile. »

Marcher dans un parc, jouer avec des gens bizarres assis dans l’herbe, avec des fleurs dans les cheveux. Des Hobbits ? Pas vraiment…

« I didn’t notice but it had got very dark and I was really, really out of my mind.

Just then a policeman stepped up to me and asked us said,

"Please, hey, would we care to all get in line,

Get in line." »

What the f… ? On parle de policier, de se mettre en rang ? Pourquoi ?

Ces gens, assis dans l’herbe : ce sont des hippies. Le contenu de la chanson parle de la consommation de substances enfumées, qui ont rendu le narrateur « vraiment, vraiment à l’ouest » (« out of my mind »). Ai-je besoin d’en dire plus ? L’aspect évasif des paroles renvoie au trip d’un gamin complètement stone, voilà. Seule la fin de la chanson fait référence au titre :

« So I’ve decided what I’m gonna do now.

So I’m packing my bags for the Misty Mountains, where the spirits go now,

Over the hills where the spirits fly, ooh.

I really don’t know. »

Le titre fait bien évidemment référence aux Monts Brumeux, tout comme le nom original de la chanson des treize nains qui vont chercher Bilbon : Misty Mountains. Le personnage décide de faire ses valises pour ces montagnes, « derrière les collines, là où volent les esprits. » C’est une métaphore, bien sûr : ces sommets embrumés font référence au joint, et les esprits qui s’envolent, aux sensations que cette drogue est censée procurer. Voilà pour le lien entre la chanson et la Terre du Milieu : ce titre et cette conclusion sont simplement une grosse blague !

Thuglife !

IV. La légende devint un mythe

Voilà pour les liens « sûrs » entre Tolkien et Led Zeppelin. Mais un tel rapprochement a pu soulever beaucoup d’enthousiasme, et certaines interprétations, à niveler sur plusieurs degrés entre « simples suppositions » et « paranoïa frénétique », soulèvent des hypothèses d’éventuelles connexions moins explicites entre ces deux univers, à travers d’autres chansons du groupe.

La première suspecte : Over the Hills and Far Away.

Le narrateur clame à une fille qu’elle a l’amour dont il a besoin, il lui demande de marcher à ses côtés. Il a aimé, il a été « mordu », il a menti et écouté. Il se pose des questions. « Je vis pour mon rêve et pour une poignée d’or. » Mais le tout reste très flou.

Le titre de la chanson peut se traduire de cette façon : « Par-delà les collines et le lointain ». Les collines de la Comté, peut-être ? Quant à cette fille, pourrait-il s’agir de la même allégorie que dans Ramble on ? La chanson raconte peut-être à nouveau le lien entre un Sacquet et l’Anneau unique…

La surinterprétation : Kashmir.

Écoutez-moi ce riff ravageur… Si le « Cachemire » est une région de l’Himalaya, cette chanson a été écrite par Robert Plant après un voyage au Maroc. Tout cela reste très terrestre. Alors pourquoi, mais pourquoi certains sont allés jusqu’à supposer que les anciens de la « gentle race », la noble race du premier couplet, fassent référence aux Elfes ?

« Oh, let the sun beat down upon my face, stars to fill my dream.

I am a traveler of both time and space, to be where I have been.

To sit with Elders of the gentle race, this world has seldom seen.

They talk of days for which they sit and wait, and all will be revealed… »

Car, pour une fois, Robert Plant donne son explication : « J’étais sur une piste chaotique et il n’y avait personne à des kilomètres à la ronde, juste un gars sur un chameau. Toute l’inspiration pour cette chanson m’est venue du fait que la route était interminable, interminable. C’était une route à une seule voie qui coupait proprement à travers le désert… c’était comme traverser un détroit. »

Ça ne suffit pas ?

La fumée de moquette : Stairway to Heaven.

Souvent qualifiée de plus belle chanson du monde (au moins par moi), cet hymne intemporel et intergalactique n’en possède pas moins des paroles assez nébuleuses. Un lien avec le Seigneur des Anneaux serait pour certains le fantasme absolu. Mais, mis à part les anneaux de fumée observés à travers les arbres – ceux lancés par Bilbon et Gandalf assis dans la nuit, au début de la Communauté de l’Anneau ? –, il n’y a vraiment rien de concret pour prouver une telle association de thèmes ici…

V. Atterrissage

Led Zeppelin n’est pas le seul groupe de musique à avoir été inspiré par l’univers de la Terre du Milieu, avec son lot d’épique, d’enchantement et de mystères. Camel, par exemple, livre en 1974 dans son second opus, Mirage, une suite relatant les aventures de Gandalf : Nimrodel/The Procession/The White Rider.

Le metal symphonique de Nightwish, avec Elvenpath, évoque Bilbon en compagnie de Willow, des Sept Nains et tant d’autres petits êtres.

D’autres artistes au style plus « dur » ont des noms inspirés du noir parlé issu du Mordor : Burzum, Gorgoroth ou Amon Amarth, par exemple. Le terme burzum (tiré du poème gravé sur l’Anneau) veut dire « ténèbres » en noir parler, Gorgoroth est le nom d’une région du Mordor, et Amon Amarth est le nom sindarin de la Montagne du Destin. Les power metalleux de Blind Guardian sont aussi allés loin, puisqu’ils ont composé un album-concept basé sur le Silmarillion. D'ailleurs, sur sa pochette, vous pouvez voir une représentation de Lúthien danser devant Morgoth :

Le Silmarillion, parlons-en ! C’est cette œuvre qui a inspiré au groupe Marillion, à la fin des années 70, son nom. Pour revenir encore plus loin dans le temps – avant même Led Zeppelin ! –, les Beatles avaient même envisagé de jouer dans une adaptation au cinéma de l’histoire du Seigneur des Anneaux. Projet annulé, malheureusement…

Inversement, c’est le jeu vidéo Brütal Legend, au cadre mêlant la culture metal à un univers purement heroic fantasy – jouez-y, vraiment – qui va chercher de l’inspiration dans la musique de Led Zeppelin. Le dernier solo de guitare jouable du jeu, caché, porte le nom de « Ramène-les à la maison ». Bring it on home est le titre d’une chanson du groupe au zeppelin. Quant à l’effet de ce solo, il s’agit d’un hommage évident : jouez-le, et vous invoquerez un zeppelin en flamme qui viendra s’abattre sur vos ennemis. Un clin d’œil au nom du groupe, mais aussi à la pochette de leur premier album ; une photographie qui montre la destruction en plein vol du LZ 129 Hindenburg, en 1937.

Voilà pour l’inspiration de l’univers de Tolkien dans le monde de la musique.

Et si… et si, à son tour, le Seigneur des Anneaux s’était inspiré du quatuor anglais ?

Je vais conclure sur une théorie qui m’est venue il y a quelques années, mais dont je n’ai jamais pu trouver la moindre mention ailleurs que dans mon cerveau. Je ne parle pas ici du livre, bien sûr, chronologiquement cela ne concorde pas. Cette fois, je me base sur les films de Peter Jackson. Plongeons-nous à nouveau dans les vertes collines de la Comté, avec l’un des plus beaux thèmes du décidément génial Howard Shore ; Concerning Hobbits.

Tout y respire la joie de vivre, la simplicité et l’espièglerie. Mais, pour les plus pressés d’entre vous (vils Sacquet-de-Besace, tiens !), vous pouvez directement avancer à 0:28. Là, tendez l’oreille. Si ça ne suffit pas, montez le son, faites péter les basses, enfin quelque chose, quoi !

Vous les entendez ? Ces percussions discrètes, feutrées et rapides, comme une course de Hobbits aux pieds nus ? Vous l’avez, ce tempo rapide aux battements organiques ? Oui ?

Maintenant, revenez écouter Ramble On.

Qu’en pensez-vous ?

Après tout, les thèmes correspondent : le début de la chanson fait bien référence à des temps paisibles, tandis que la suite conte les (més)aventures de nos chers semi-hommes. L’utilisation d’un tel battement dans ces deux titres est-elle une coïncidence, ou Howard Shore s’est-il amusé à glisser un hommage dans son thème ?

Décidément, tout comme la Terre du Milieu, le domaine de la musique recèle lui aussi sa part de mystères…

 

« And if you listen very hard,

The tune will come to you at last,

When all are one and one is all,

To be a rock and not to roll. »

(Stairway to heaven)

 

[Les traductions des chansons proviennent du site internet pyzeppelin.free.fr].

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