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Julien Willig

lundi 20 janvier 2020

Sous des milliers de soleils, II - Nephel

Psaume II

[Trigger Warning]

Tentative de suicide.


[Résumé des chapitres précédents]

Abriel et sa bande de mécréants – à savoir : Darse, une Hydre privée de son lien matériel ; Thalie, une Novarienne œuvrant pour Arkon, le baron du crime ; Myriel, un sabreur de la secte hérétique des Lumineurs ; et Béor, un Rhakyt frayant avec la Rébellion Nephéline – ont pénétré le Tombeau du Messager. Ils ont violé le sarcophage du Seigneur-guide, révélant son apparence sacrée à leurs yeux impies. Après avoir constaté deux faits impensables, à savoir la nature novarii du Messager, tout comme le fait qu’il vive encore, Abriel a paniqué et s’est mis à contacter son étrange indicateur par radio. Thalie, sur ses gardes, l’a mis en joue, révélant sa propre accointance avec les rebelles. Suite à cette trahison, la tension est montée entre les deux partenaires, mais il semble qu’un danger plus grand se soit mis en éveil.


***


[Retranscription d’un entretien inédit gravé sur un sillodisque endommagé.]


Journaliste : « Dites-nous à pré[…] Vestine : avez-vous déjà nourri le projet de vous rendre sur Nephel ? »

Liane Vestine : « Évidemment, Monsieur […] intéressante, d’ailleurs. Néanmoins, des difficultés de taille subsistent. La question du transport, tout d’abord, et des moyens techniques – qui peut vraiment dire […] sa surface ? »

Journaliste : « Et ensuite ? »

Liane Vestine : « Comment obtenir l’autorisation de l’Obscurie de quitter Ocrit ? Si vous connaissez [la suite n’est que grésillements et frottements, jusqu’à la fin de l’enregistré, ponctué par les rires polis de l’assemblée]. »


(Archives publiques de Vigante, Secteur 8.9.)



Le long couloir noie les pas du commandant Cédalion. De vagues pierres ondulant sous les torches et leurs embruns d’étincelles, au-dessus d’un sable flasque, poisseux comme les contours d’un rêve.

« Alors, Ced’, on va où comme ça ? »

Lita le contourne et se plante face à lui. Elle attrape son avant-bras et il serre le sien : le salut officieux des combattants qui s’estiment.

« Tu portes encore ta combinaison de vol ? », constate-t-il.

Et son casque – les entailles détaillant ses victoires engloutissent la lumière comme une faille avale la mer.

« Doucement, commandant. Je ne suis morte que depuis ce matin, tu sais.

— Je sais. Alors, quel effet ça fait de se retrouver aux pieds du Messager ?

— De quoi tu parles ? »

Elle s’arrête, le trouble dans ses prunelles noisette.

« Je vais le rejoindre, Lita. Il est tout près. »

La capitaine sourit, lève le menton dans l’esquisse d’un rire. Enfin, elle saisit entre l’annulaire et l’auriculaire une mèche de crins qu’elle glisse derrière son oreille. Un pas sur le côté, puis elle lui coule un regard de haut en bas, de bas en haut.

« Il semble, constate Lita, que tu aies pris soin de mon rappel. »

Cédalion tire le Peccamineux de sa ceinture. Il remarque, comme si c’était la première fois, les arabesques gravées qui ruissèlent le long de l’acier. Parmi elles, de gracieuses lettres forment une devise de chaque côté : “Servir et protéger. Dominer ou périr.”

« Joli, apprécie le commandant. Il saura me dire quoi faire, j’imagine.

— Qu’il t’accompagne comme si c’était moi. »

À ces mots, Lita lève un verre. Un joli verre à pied, empli d’un épais liquide bleu, qu’elle porte à la mandibule d’aspiration de son casque.

« J’aurais jamais cru que le vin de Molenravh soit aussi fameux ! s’exclame-t-elle.

— Molenravh ? Pourquoi toujours Molenravh ?

— On trouve beaucoup de choses à Molenravh. À propos… »

Il suit sa main tendue. Dans les ténèbres du couloir, quelqu’un s’appuie derrière un des piliers carrés : une jeune novarienne en uniforme neuf. Ses insignes d’adjudante seront substitués dans les cycles à venir par ceux de lieutenante.

« Lyuba ? »

Elle ne tremble pas, elle halète. Et son visage, azuré par la chaleur sulfureuse qui lui étire les traits…

« Il est parti, n’est-ce pas ?

— Oui. »

La réponse de Cédalion est simple et franche. S’il avait pu se douter de la métamorphose que subirait l’esprit de sa subordonnée…

« Comment a-t-il fait ?

— Le vicaire cherche encore les…

— Comment a-t-il pu nous laisser… Comment a-t-il pu m’abandonner comme ça !

— Je suis désolé, Lyuba, je ne sais pas. »

Blocage. C’était impossible, se dit-il, pas avec le Zélotron-B. Pas avec ses amis…

Son cerveau s’empêtre, s’englue dans ses pensées éclatées. C’est à peine s’il distingue sa subordonnée lui fausser compagnie dans un sillage de larmes bouillantes. Bousculer, au passage, une autre femme qui déambulait dans le corridor.

« Lyuba ! »

Elle a déjà disparu. Il s’agenouille devant la Novarienne tombée à terre, écarte la crinière et dévoile doucement son visage.

« Vous aviez promis, sanglote Ruth. Vous disiez que vous les empêcheriez de me faire du mal. »

Une traînée sombre délaisse la lèvre inférieure pour luire sur le menton, délicat.

« Le Livre d’Oreste, poursuit-elle. Je croyais que vous aviez foi en mon innocence.

— J’avais foi, Ruth. J’avais foi, je te le jure. »

Une larme abandonne la martyre ; elle macule d’un bleu épais la vieille pièce de monnaie, tombée au sol devant la jeune femme. Puis les vannes s’ouvrent.

« Quelle valeur a votre foi à présent ?

— Elle est toujours là, Ruth. Je te le jure. »

La Novarienne lève une main vers lui.

« Ne les laissez pas me prendre.

— Je suis là, Ruth. »

Mais déjà les ombres l’auréolent. Elles aspirent ses genoux, drapent ses épaules et se fondent dans ses mèches.

« Non…

— Ruth ! »

Cédalion a beau tendre les doigts, rien n’empêche Ruth de disparaître dans les ténèbres.

« Ruth ? Ruth ? Lyuba ! Lita ! »

Aux ténèbres de répéter : “quelle valeur a votre foi à présent ?”

J’ai échoué. Je n’ai pas pu les protéger.

Machinalement, sa main gauche se referme sur la pièce antique perdue dans le sable. La dextre se faufile dans son dos, sûre. Se pose sur la crosse et, enfin, amène le Peccamineux devant son visage.

“Servir et protéger. Dominer ou périr.”

Je n’ai su les protéger. Ni dominer le mal qui me les a prises. À quoi puis-je donc servir ?

Le commandant arme le pistolet. Canon sous le menton, doucement.

« Dans tes entrailles je remets mon âme… »

L’index flatte la détente.

Un visage crève les ombres.

« Ced’ ! »

Lita agrippe le canon…


La détonation ébranle le crâne de Cédalion. Le trait de plasma frôle son visage – le réchauffe comme une caresse – et va se perdre dans les méandres du plafond.

« Qu’est-ce qui m’arrive ? »

Le commandant se retrouve à genoux au milieu d’un long couloir. Le même que dans sa vision.

Une vision ? Oui, ça ne peut être que ça.

Confus, il replace le Peccamineux dans sa ceinture. Et, serré dans sa senestre, un petit emballage. La pièce de Ruth !

Qu’est-ce que je faisais ?

Un mot souffle dans sa tête, comme un murmure porté par le vent. Cédalion se lève d’un bond. Le vicaire, la fresque… Abriel ! Il se retourne. Ni Lita, ni Lyuba, ni Ruth : personne autour. Une vingtaine de mètres derrière lui patiente la salle circulaire, ornée en son centre d’un simple panneau de commande : l’ascenseur avec lequel il est descendu dans le Tombeau.

Il reprend la marche de l’autre côté. À droite comme à gauche, les piliers anguleux le suivent, chacun planté d’une torche. Et derrière, les murs du corridor semblent mangés par le noir. Un plissement de paupière révèle à Cédalion les niches avec, à l’intérieur, les silhouettes qui y dorment. Des morts. Tout un tas de corps morts.

« Je doute que l’objet de votre quête gise parmi ces résidents, commandant Cédalion. »

Une voix sage, douce et polie comme une pierre à affûter sous la chair du pouce. Frissons.

« Qui est là ? »

Il n’y a personne derrière les piliers, ni d’assez éveillé au sein des tombes troglodytes. Et devant, vers cette espèce de grand portique de bronze au fond de la salle ?

Un petit rire confirme la direction. Il serpente entre les piles, espiègle comme la course d’une enfant, avant de saisir Cédalion avec la maturité d’un ancêtre. À sa surprise, le commandant se laisse entraîner d’un pas confiant.

Le portique se dessine doucement dans le mur : un ensemble de trois caissons, deux verticaux matérialisant une porte entrouverte, et un troisième couché au-dessus jouant le fronton. Le tout est creusé pour accueillir une ribambelle de sculptures : des aquariums éternels pour des créatures de bronze. C’est sans stupeur que Cédalion reconnaît le trône du Messager en surplomb, entouré des déesses et des prophètes. Çà et là, diverses scènes agrémentent les cadres : les étoiles formulant la prophétie de la novaïque ; Hortémuse la Visionnaire, première Haute Fonctionnaire, recevant l’Anneau de l’Esprit de la main du Seigneur-guide ; la bataille de Nephel ; l’exode sur l’étoile-sanctuaire.

« Eh bien, quelle piété. »

Cédalion sursaute. La statue à droite de la porte commence à bouger. Non, pas une statue : une Gargoule !

« Bienvenue, commandant Cédalion. »

Perplexe, il découvre seulement l’ensemble joint à la porte : une volée de marches, un grand fauteuil aux coussins de velours, et un plateau sur lequel repose un verre à pied à moitié rempli d’un liquide bleu[1]. La Gargoule assise le porte à ses lèvres, un mouvement aussi digne que gracieux qui lui confère une aura jamais perçue chez l’espèce des “domestiques”.

« Bonjour, répond sobrement le commandant. À qui ai-je l’honneur ? »

Elle pose le verre.

« Parions, dit-elle. Si je vous révèle mon identité et que vous ne tombez pas à genoux, je vous laisse boire de mon vin. »

Le commandant doute, malgré sa longue robe rouge et son diadème d’argent, qu’aucune Gargoule ne puisse mériter ses honneurs ; il ne retient pas son levé de sourcil.

« Toujours droit au but, je vois ça, poursuit-elle. Eh bien sachez, commandant Cédalion de la portée Laetere XIV, que vous vous tenez présentement devant la Primae. Et la Primae, c’est moi. »

Le regard du Novarien choit alors que ses jambes ploient instantanément. Il se signe de la quadrabranche et lâche une courte prière, tellement vite qu’il l’oublie aussitôt.

Un rire cristallin harponne ses oreilles.

« J’ai gagné, il me semble. Pour votre défense, je savais les chances de mon côté. Pour me faire pardonner je vous offre un verre. Non ? Mais au moins relevez-vous donc, mon cher.

— Noble Primae… »

Cédalion lève le regard. Elle le coupe d’un geste.

« Votre piété est exemplaire, mais ne cédez pas à l’obséquiosité je vous prie – pour ça, le vicaire Neptis me suffit amplement. »

Le Novarien se redresse, se retenant de préciser qu’en ce moment précis le vicaire plane vers d’autres sphères. Or, le regard qu’il capte chez son interlocutrice lui laisse penser qu’elle ne l’ignore pas. Même, que cela l’amuse.

« Mais, dites-moi, reprend la Primae. Quelles motivations vous ont poussé à descendre jusqu’aux portes du Saint des Saints ?

— Je… Suis-je bien dans le Tombeau du Messager ?

— C’est exact, mon commandant. Et j’ai pour mission de garder les portes du Mausolée dans lequel repose Mon cher et tendre. Enfin, tel fut-Il dans les souvenirs de celle que j’incarne. »

Et d’en rougir. La poitrine de Cédalion, elle, se serre comme s’il gisait lui-même sous terre.

« Noble Primae, soyez assurée que je ne désire en rien troubler la paix de votre cher… de Notre Seigneur-guide.

— C’est bien pour lui, alors. Abriel de Molenravh, votre ancien capitaine.

— Oui, noble Primae. »

Soulagement. Elle va donc le laisser passer…

« Malheureusement pour vous, la règle est la même pour qui souhaite visiter le Mausolée. La troisième épreuve vous attend.

— Une épreuve ? Noble Primae… »

Cédalion fait un pas de côté. Les ombres imposantes du trône et des battants, découpées par les torches dansantes, dessinent un périmètre de sécurité que le Novarien n’ose franchir. Au sein de cette étendue patiente une sorte de sceau enchâssé au sol : la quadrabranche ocritienne, en volutes marbrées dans les dalles et le sable, laissée comme un avertissement. Pourtant le commandant peut voir, derrière les portes entrouvertes menant au Mausolée, des rayons de feu verticaux, des colonnes et d’autres niches… Et, centre de la salle, les silhouettes de quelques visiteurs !

Il est là. Tout près.

« Noble Primae, je vous en prie.

— Laissez-moi un peu de temps, répond-elle distraitement. Les murs ont des oreilles, je ne tiens pas à leur servir deux fois la même énigme.

— Une énigme ? Mais… »

Au fond du Mausolée, la vision d’une porte de sortie laissée entrouverte se fait pressante.

« Alors… »

La Primae sirote son verre. Non, elle s’en délecte, et sa lenteur accable le Novarien.

« Ah, je sais ! Abriel vous a-t-il déjà rebattu les oreilles avec Liane Vestine, la célèbre exploratrice ?

— Noble Primae…

— Bien entendu, j’ai en tête la vraie Vestine, celle qui découvrit l’Arbre de la Vallée des Morts, et non l’héroïne populaire et fantasmée du feuilleton. Pourtant, figurez-vous que j’ai pu en voir des extraits : le précédent vicaire était du genre fantasque, au point de parfois me faire descendre un terminal photomobile pour…

— Toutes mes excuses, noble Primae », coupe Cédalion en élevant la voix.

La Gargoule ouvre grand les yeux. Et la bouche – nouvelle gorgée de vin.

« Par les osselets du devin, je m’égare encore. Navrée, mon cher, vous faites bien de me rappeler votre présence.

— Ne pourrions-nous pas…

— Bref, oublions le feuilleton – même si, en voyant l’apparence de Dame Vestine, vous comprendriez d’où votre ancien capitaine tire son style vestimentaire. C’est sur la Vallée des Morts que je vais composer. Alors…

“Un premier chemin serpente le long du canyon. Des deux côtés, une paire de gradins s’élève dans la roche. Devant chaque tombeau, un gardien de pierre patiente, immobile…”

— Noble Primae, je suis navré mais je n’ai pas le temps pour ça.

— Pardon ? »

La Gargoule dépose son verre, vide. Le cristal cliquète dans le silence du moment. Pesant.

« Vous ne comptez donc pas pénétrer dans le Mausolée ?

— Si, noble Primae, mais je n’ai pas de temps à perdre. N’y voyez pas offense.

— Quiconque désire investir le Mausolée doit répondre à l’énigme de la Primae en place. Ainsi fut-il écrit, et ainsi fut-il respecté depuis l’inhumation du Messager. Souhaitez-vous toujours entrer, commandant Cédalion ?

— Oui.

— Alors écoutez donc.

“Un premier chemin serpente le long du canyon. Des deux côtés…” »

Cédalion n’écoute pas. Il perçoit, mâchés par les cavités sépulcrales, les piliers et le crépitement des flammes, les éclats de voix d’une conversation houleuse : Abriel, principalement, ainsi que la Novarienne à la crinière crème qui l’accompagne. À travers les battants entrebâillés, il la distingue… braquer un Peccamineux sur Abriel ?

Le commandant ose un regard en coin. La Primae, absorbée dans la diction de son énigme – elle compte sur ses doigts – n’est plus focalisée sur lui. Premier pas en avant… Aucun effet. Deuxième pas…

« Reculez immédiatement ! »

Le sceau. La Gargoule ne l’a pas vu : elle a sursauté, comme traversée par une vague d’éclairs. Dans l’expectative, Cédalion ne cède aucun geste.

« Si vous m’y contraignez… »

C’est d’un œil peiné que la Gargoule couve le Novarien, à présent. Ses doigts crochus pressent un motif à l’extrémité de ses accoudoirs : deux boutons s’enfoncent dans un claquement. Puis, d’une voix accablée par la poussière du temps, elle décrète :

« Que trépasse qui outrepasse. »

Alors, la Primae semble réellement avoir traversé les âges et vécu douze-mille cycles. Un souffle rauque balaye le couloir, comme s’il prenait vie, torche par torche, colonne par colonne.

Puis un cri. Vibrant, strident, glaçant, menaçant. Terrible. Unique.

« Qu’est-ce que vous… »

Cédalion ne sait même pas quoi demander. Soudain, des mouvements frottent les ombres. Tissu contre pierre. Plus sec, le grattement ténu d’un bois creux crissant sur les grains de la roche, tendu comme une peau de tambour…

Une peau ?

Au-delà des piliers. Et ces foutues torches qui l’empêchent de voir !

« Primae ?

— Vous allez rencontrer la dernière garde de Mon cher et tendre, commandant Cédalion. Il n’y a qu’une issue possible, je suis navrée. »

Les ténèbres se meuvent, Cédalion pourrait le jurer sur sa foi. Le Novarien dégaine son sabre – lentement, devant la Primae – et arme son Oblitorion.

« La dernière garde ?

— Les plus distingués des Serviteurs, ayant cédé leur corps et la fin de leur vie contre l’honneur le plus haut, celui de défendre le Seigneur-guide jusqu’à l’avènement de l’Obscurité. »

Une première forme se dessine.

« Putréciel… »

Elles sont plusieurs, à présent. À se traîner dans la lumière. À tressaillir pour chaque mouvement qu’elles arrachent. Des dépouilles. Des carcasses. De grotesques momies crevées et rongées, hagardes sous les lambeaux d’un tissu riche et aussi ancien que les étoiles, claudiquant vers lui d’un regard sans yeux…

Un Novarien desséché se jette sur le commandant. Celui-ci lève sa lame, se prépare à trancher dans les os pourris.

Cling !

Cédalion comprend son erreur quand les griffes agrippant son sabre scintillent d’un éclat métallique. La même perle de lumière coule le long du corps sec et transparaît là où la peau soupire. Et dans les gouffres oculaires… une lentille de vision. Une machine.

« Au nom de la Sainte Obscurie, aboie le commandant, déposez les armes !

— Seul un résidu d’esprit subsiste dans la mécanique, précise tristement la Gargoule. Il y a bien longtemps que l’âme s’en est allée.

— Par quel prodige…

— Vous ne pourrez les raisonner, mon commandant. Ils combattront jusqu’à ce que vous soyez des leurs. »

Les autres corps secs approchent, plus agiles à chaque pas. Lèvent leurs serres.

« Dans ce cas… »

Le plasma explose la momie à bout portant ; des gerbes bleues embrasent ses voisines sans qu’aucune ne s’en émeuve. Cédalion volte. Il se fraye une voie à coups de taille, au-delà du sceau, loin du trône. Le portail…

« Non ! »

Il devine plus qu’il voit la Primae chercher à tâtons, puis actionner un levier contre son fauteuil.

« Arrêtez-le ! Tuez le traître ! »

Dans sa course, le cœur du commandant manque un battement. “Le traître” ?

Une lourde grille coule du linteau. Duel de vitesse : Cédalion plonge…


***




[1] En y réfléchissant, Cédalion pense l’avoir déjà vu quelque part. [retour]


Commentaires

Je crois que le "OH MON DIEU" résume parfaitement ce que je ressens après cette lecture. Je prends le temps de te laisser un commentaire mais je t'avoue que ma tête va totalement à la suite de l'histoire ^^'
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vendredi 27 mars à 19h30
C'est déjà très gentil x)
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samedi 28 mars à 01h26
GO CEDALION ! Il a pas le temps !
La vision était étrange, surtout concernant Lyuba. Elle est vraiment enceinte ? Ou l'a été ? Ça la rendrait presque humaine.
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samedi 9 mai à 22h34
Ah ah ah, bonne remarque. Oui, il a pas le temps !
 1
dimanche 10 mai à 00h45