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Julien Willig

mercredi 10 juillet 2019

Sous des milliers de soleils, I - Ocrit

Annexe : Codex Obscurien (Fiches de renseignements/Transcription de textes saints/Le Grand Livre de l’Obscurie : extraits)

Fiches de renseignements.


Ces documents proviennent des archives du château de Béthanie. Une série d’autorisations validées par le sceau d’un officier de la forteresse est nécessaire pour consulter pareille source – j’ai pensé qu’un petit rappel pourrait vous être nécessaire, aussi je vous demanderai d’apprécier ces informations à leur juste valeur.


1. Combattants de l’Obscurie

Abriel de Molenravh servait dans l’armée obscurienne. Avec le matricule L.XIV/2, il était capitaine sous les ordres du commandant Cédalion jusqu’à ce qu’il parvienne, Lumière sait comment, à se défaire de l’ordination en contrant les effets du Zélotron-B. Abriel est en cavale depuis, et l’Obscurie le recherche pour le « reconditionner ». C’est à présent un vadrouilleur novarii sans attaches, qui subsiste en pillant les sites archéologiques d’Ocrit afin de revendre les richesses glanées au marché noir. Les pistes de l’Obscurie sont maigres, et les rares témoignages sur ses agissements – principalement « arnaqueur », « pilier de bar » et « mauvais amant » – ne sont pas des plus utiles.


Le commandant Cédalion dirige la légion Laetere XIV au sein du château de Béthanie. C’est un Novarien qui sut accéder tôt au rang de chef, par ses capacités remarquables et son charisme naturel. Sous le matricule L.XIV/1, il sert l’Obscurie avec piété et zèle ; on lui doit des faits d’armes comme la répression des mineurs des Pics des déesses, la soumission des Rhakyts du Secteur 3.6., l’élimination de la Dracène folle et la protection de la place d’Ylüne lors de la bataille du même nom. Il ne traîne qu’un seul réel échec derrière lui : l’échappée du capitaine Abriel, son ami.


La lieutenante Lyuba, L.XIV/3, est devenue le bras droit du commandant Cédalion depuis la désertion d’Abriel. Loin de voir celle-ci comme une opportunité, cette Novarienne réserve une funeste rancune à son ex-capitaine et a juré de lui arracher son grade – et avant cela, sa tête, ou tout autre appendice physique. Ses armes de prédilection sont les lames. Si son supérieur est admiré pour ses capacités, la lieutenante est crainte pour sa folie meurtrière ; toutefois sa beauté sauvage a vite conféré à Lyuba le titre d’égérie du château de Béthanie, et elle pose régulièrement pour les campagnes de recrutement. Une rumeur de vestiaire lui prête le talent d’une chanteuse de kansan remarquable, mais elle déclare à qui veut l’entendre qu’elle peut aussi bien « arracher [les oreilles de l’auditeur] pour les greffer dans un autre conduit. »


Le sergent Anke servait Cédalion sous le matricule L.XIV/6. Il perdit la vie dans le hangar 13 de Lengel suite à la bataille d’Ylüne, vraisemblablement de la main d’Abriel de Molenravh – des rumeurs prétendent que Thalie d’Ormen, l’assistante d’Arkon le Sylvarien, y aurait joué un rôle. Son décès affecta beaucoup Cédalion, mais celui-ci dut se résoudre à accorder rapidement sa place à une nouvelle recrue face au manque d’effectifs. C’est la sergente Keren qui occupe ce grade, dorénavant, une jeune Gargoule assidue et appliquée. Elle dirige une escouade de tireuses d’élite qui se fit particulièrement remarquer lors du siège de Lengel.


La capitaine Lita menait l’Escadron Flèche dans le Secteur 2.6., une force d’aspics aux pilotes triés sur le volet. Ses états de service lui promettaient le commandement, qu’elle refusait toujours pour continuer de voler en première ligne avec ses camarades. La prêtresse Évala avait pourtant souligné quelques traits répréhensibles chez Lita lors de sa nomination, notamment une légère tendance à l’impertinence – elle se permettait aussi un équipement peu orthodoxe, que ce soit dans son armement ou celui de son chasseur –, une plus prononcée à la boisson, et des liaisons sentimentales trop intenses avec ses anciens frères d’armes de la cadetterie. Cela n’empêcha pas le commandant Reid de la vouloir « elle, sa tête brûlée et personne d’autre » dans la flotte de son destructeur, le Brasier ; il avait même coutume de temporiser les saillies de sa capitaine en exprimant le souhait qu’elle « se comporterait plus sagement lorsqu’elle lui aurait ravi sa place ». Malheureusement, cette carrière aussi prometteuse qu’étonnante s’interrompit brusquement lorsque la capitaine Lita perdit la vie durant le siège de Lengel.


Parme-Alma est la commandante de la légion Ghalya VI, sous le matricule G.VI-1. Elle s’est imposée comme une dirigeante implacable et dénuée de toute pitié, tirant sa volonté, dit-on, d’une lutte permanente pour déjouer les préjugés induits par son apparence physique. Elle aurait très tôt rasé ses cheveux, avant même d’être nommée cheffe, afin de se débarrasser de leur couleur indigo, presque violette, à qui elle devait son nom et en laquelle les ignorants voyaient de la douceur. Ajoutons à cela la teinte assombrie de sa peau, que les ignorants – encore – prenaient pour un signe d’hérésie, quand ils ne la qualifiaient pas d’honnée. Il s’agit, en réalité, d’un métissage avec un Novarii présentant la marque ancestrale, la carnation d’un bleu nocturne telle qu’elle était lorsque le Messager offrit la race-esclave à l’Obscurie à de son arrivée sur Nephel. Cette marque étant extrêmement rare aujourd’hui, les rumeurs prétendent que Parme-Alma serait issue de la lignée d’Adélanie, la tristement célèbre prêtresse de l’hérésie des Cinq tours. Ainsi, l’autorité de la commandante Parme-Alma découle d’une lutte au quotidien qui ne s’arrêtera probablement jamais.


Le capitaine Grebin, G.VI-2, suit la commandante Parme-Alma comme son ombre. C’est une Gargoule qui doit son avancement à ses deux seuls talents : savoir se fondre dans les ténèbres pour éviter les ennuis, quand ses quelques pairs connaissaient le bizutage dans la cadetterie, et un penchant certain pour le sadisme décomplexé. Parme-Alma vit en ces qualités l’individu parfait pour lui servir de garde du corps, la Novarienne préférant se tenir loin de tout danger physique à cause des attaques constantes dues à sa couleur de peau. À noter chez Grebin un frère jumeau, Bredin, tout juste nommé révérend de l’église de Lengel – un être infiniment plus respectable, si vous voulez mon avis.


Nilith est une recrue novarii d’une douzaine de cycles. Attrapée par Cédalion dans une partie de thorée-cordière illicite, avec ses amis Falko et Jill, elle a été envoyée à Lyuba pour être son assistante d’entraînement. Elle n’aurait pas supporté les mauvais traitements, au point de déserter les rangs de Cédalion lors de la bataille de Lengel, mais il s’agirait en réalité d’une supercherie montée de toute pièce, afin que Nilith rejoigne les Nephélins pour les espionner et rendre des comptes à l’Obscurie. Nul ne sait où elle se trouve à présent.


La Dracène Laetere appartient à la Légion XIV et sert sous les ordres du commandant Cédalion. Ses écailles sont vertes, avec une peau crème et quelques plumes grises. Elle occupe le château de Béthanie avec sa vieille amie Ghalya, aux éléments bleus et mauves. S’y trouve aussi Skalla, la garde personnelle du vicaire Neptis, aux écailles noires avec un motif blanc sur le crâne. Le Keroub s’est également alloué les services d’Acrise, une Dracène déployant pour lui ses Hydres à l’extérieur du château – celle-ci aurait eu maille à partir avec la grande Dracène Kazh-Uhar, célèbre gardienne du Palais des Hauts-Serviteurs, et serait depuis sujette aux moqueries, personne ne voulant s’élever contre Kazh-Uhar, même à trois Secteurs de distances. Notons enfin la présence de Sarkh lors de la bataille d’Ylüne, affiliée au Secteur 7.22.


L’Agent a été dépêché par l’inquisitrice Artaphernas en personne. Nul ne sait qui il est, masqué et drapé d’un long manteau noir sur une combinaison de combat. C’est un prototype « omni-contrôle » de l’Obscurie, dont le vicaire Neptis conserve le secret de fabrication comme la plus précieuse des reliques.


2. Membres du clergé

L’inquisitrice Artaphernas est l’actuelle dirigeante des Haut-Fonctionnaires kerubins et celle, par extension, de l’étoile-sanctuaire et de l’Obscurie. C’est une Keroube cruelle qui ne recule devant rien pour assoir son autorité et servir l’Obscurité – elle se serait même juré de vivre jusqu’à son avènement. L’inquisitrice connaîtrait avec le vicaire Neptis un certain penchant pour les bêtes monstrueuses et les exécutions violentes – parfois les secondes étant effectuées par les premières – ainsi que, d’après de puérils mais insistants ragots, d’occasionnels moments intimes. Outre ses très nombreuses distinctions, Artaphernas est fière d’être l’unique dépositaire du respect de la grande Dracène Kazh-Uhar, avec qui elle partage une amitié longue et prospère. Notons pour la forme que l’actuel chambellan de l’inquisitrice, Jahmir, est une Gargoule servant principalement de majordome, la Keroube refusant son assistance et sa présence lors des affaires importantes.


La Primae représente la compagne de chair choisie par le Messager lors de son arrivée sur Nephel. C’est une fonction honorifique, celle de veiller sur le sommeil éternel de notre Seigneur-guide, cependant la Primae est douée de réels pouvoirs administratifs et ecclésiastiques – dans le cas, encore non avéré, où le Messager communiquerait directement avec elle en situation de défaillance de l’inquisitrice. L’actuelle représentante est une Gargoule âgée qui se plaît à discuter avec les quelques visiteurs du Tombeau.


Le vicaire Neptis représente l’autorité religieuse du Secteur 5.4. Il est également réputé pour ses recherches scientifiques qui, malgré ses dires de vouloir « augmenter les performances de chaque serviteur de l’Obscurie », n’ont jamais cessé d’exhaler le malaise. Peut-être est-ce la fragilité de sa morphologie qui donne au vicaire Neptis la volonté de modeler la chair et d’en expérimenter les rouages ; toujours est-il que son laboratoire est un des lieux les plus inquiétants du château de Béthanie. Quel que soit le mystère que ce Keroub cherche dans le sang et les entrailles, une chose est sûre, ça n’est pas le secret de l’âme…


Fremyn est une Gargoule officiant en tant qu’assistante-laborantine pour le vicaire Neptis depuis son plus jeune âge. Des rumeurs prétendent qu’elle serait née dans le laboratoire même – d’aucuns y voient les raisons de sa difformité, si seulement c’est là ce qu’elle dissimule sous sa capuche.


Le révérend Bredin est la Gargoule nouvellement nommée pour diriger l’église de Lengel. Bien plus courtois que son jumeau, le capitaine Grebin, il promet de contrôler d’une main de fer les travaux de reconstruction du lieu saint, d’ériger d’autres édifices du culte, et de veiller personnellement à remettre les Lengelois sur le chemin de la foi.


Le père Lupart était l’ancien supérieur de l’église de Lengel, dans laquelle il exerça durant toute sa prêtrise. Doux et paisible, il avait le don d’apaiser tout sujet, du citadin habitué jusqu’aux combattants de passage ; son influence rendait les autres Gargoules plus tranquilles, et la ville semblait y gagner son caractère indolent – pour le bon comme pour le moins bon. C’est d’ailleurs ce qui causa sa perte, n’ayant pas su prévenir l’insurrection qui mena à la bataille de Lengel. Il fut exécuté peu de temps après lors de la répression qui s’en suivit. Lupart était mon ami et sa quiétude me manquera cruellement.


Lua est la plus jeune Gargoule de l’église lengelienne. Ce n’est qu’une adolescente admirant beaucoup le père Lupart, amusé par sa timidité. Même si sa gentillesse est avérée, la fébrilité et la maladresse de Lua me font demander si elle est bien faite pour exercer une fonction ecclésiastique…


La prêtresse Évala est une Gargoule chevronnée affiliée à la caserne du château de Béthanie. Voilà plusieurs décycles qu’elle soulage les âmes des officiers novarii et gargouléens ainsi que, parfois, celles des Dracènes, qui pourtant se confient rarement aux créatures non draciennes.


Lavin de Vigante est mon nom. Je n’aurai pas l’orgueil d’imposer ma présence parmi d’aussi illustres personnes, ainsi me contenteré-je de m’introduire comme un simple pèlerin du Remerciement de Lumière.


3. Sylvariens

Arkon le perfide, non content d’être le dernier spécimen de l’engeance planhine, se révèle être un baron du crime ancestral et opiniâtre. C’est un puissant personnage disposant de sa propre organisation nommée d’après son vaisseau, le Sylvaer, une barge nephéline aussi antique que lui. Il s’enrichit principalement par les commissions des marchands exerçant sur son domaine, tout en pillant les ressources naturelles ou archéologiques dormant dans le sol d’Ocrit. Son origine végétale lui fait gagner en puissance et en masse au fil du temps, au point qu’il est obligé maintenant de rester assis, voire enraciné, sur son trône. Ses connaissances et sa résistance lui ont donné toutes les qualités requises pour organiser son propre empire criminel. Les traumatismes de la Guerre de la Lumière et l’impotence croissante d’Arkon font de lui quelqu’un d’hargneux et de sadique. Sa puissance lui permet une réelle autonomie de l’Obscurie, avec qui il traite parfois : celle-ci ferme les yeux sur ses autres forfaits, dans la mesure où ils touchent plus les races asservies que les autorités. Cloîtré dans son vaisseau, il est alimenté par une machinerie qui lui fournit l’énergie, les fluides et les gaz dont il a besoin pour vivre. Il possède l’unique représentant d’une espèce de rongeur extra-ocritienne nommée sylicat, qu’il considère comme son animal de compagnie.


La damoiselle Thalie d’Ormen est la nouvelle assistante d’Arkon. Cette Novarienne aux manières parfaites serait issue d’une famille aisée, une longue lignée d’intendants, ce qui expliquerait son éducation poussée. Mais ses parents connurent une débâcle financière suite à la disgrâce du fonctionnaire kerubin qu’ils assistaient, les plongeant dans la ruine. Davantage désespérés pour leur argent que leur descendance, ils vendirent la jeune Thalie au plus offrant. Elle servit l’administration de la Maison des Fantasmes de Lura où elle eut l’occasion de se forger un mental d’acier face à une clientèle pour le moins particulière. Lorsqu’Arkon envoya ses hommes pour en finir avec le gestionnaire de l’époque, qui s’était fatalement endetté envers le vieux Planhigyn, Thalie sut se défendre, au point d’être remarquée et conduite devant le baron du crime qui la prit sous son aile. Néanmoins, une récente révélation jette le trouble sur sa nature, puisque la damoiselle d’Ormen aurait avoué son appartenance à la Rébellion Nephéline – qui pourrait dire à quand remonte cette nouvelle allégeance ?


Philandre Fangeron est le chambellan d’Arkon. Il apparaît comme un Novarien stable et doué de ressources parfois insoupçonnées, tant par son courage que sa débrouillardise. Apte à se mouvoir dans l’ombre du Planhigyn quand celui-ci se réveille, parle ou pilote son vaisseau, il est parfaitement capable d’en prendre les commandes lors des longues phases de sommeil de son maître, lequel peut se reposer sur lui en toute confiance – le chambellan est l’un des seuls à ne pas craindre les foudres d’Arkon.


Saren Rahn est le Chef Alfar, soit le commandant de l’escadron Alfar à bord du Sylvaer. Avec Kia Bahn, son artilleuse (la ressemblance de nom est totalement fortuite, bien qu’elle prête à d’incongrus bruits de couloir), ils représentent la paire Alfar 1. Si Kia se fait plutôt discrète en dehors des activités de voltige, Saren est tout l’inverse : il n’est pas rare de le voir effectuer diverses tâches pour Arkon, notamment dans le quartier nord de Lengel, d’où il est originaire. Nombreux sont les Sylvariens de haute distinction, dont le chambellan ou l’archiviste, à lui reprocher cette attitude vulgaire.


L’archiviste Antée est une vieille Gargoule, installée de longue date dans le Sylvaer. Calme et cultivée, elle insuffle une bonne dose de sagesse aux Sylvariens, au point d’inspirer un respect certain parmi les membres les plus turbulents de l’équipage. J’ai eu l’honneur de la côtoyer dans notre jeunesse et je puis assurer que ses manières faisaient d’elle une personne très attractive – charmante, pour une Gargoule.


Ellis est la première médecienne du Sylvaer. C’est un poste important et, même pour une organisation criminelle, le choix de cette jeune Keroube à peine diplômée prouve deux choses : les Sylvariens sont, quoi qu’ils en aient l’air, un minimum ouverts d’esprit, et ils sont aussi bien renseignés, car Ellis a majoré sa promotion dans le Secteur 8.9.


La Novarienne Théadrine Cicomène occupe la place de cuisinière en chef. Elle sortirait peu de la Frondaison, la résidence des membres estimés du Sylvaer, mais ses travaux sur la culture des plantes auraient permis d’étonnantes innovations, et ce même dans l’aménagement des systèmes de vie d’Arkon.


Khadel est le gardien du temple obscurien dans le Sylvaer. Si cette tâche est honorable, en particulier dans un tel endroit, ce prêtre n’a jamais su se départir de son exécrable humeur – j’ai déjà eu l’occasion de le rencontrer, et il ne m’a pas laissé d’agréables impressions. Son radotage et sa tendance à maudire à tout va ont toujours fait de lui un personnage à éviter, ce qui est regrettable pour les sujets en quête de repères spirituels.


Éloane Mila-Brën est une Novarienne nouvellement promue au poste d’ingénieure d’analyse météorologique et atmosphérique, sur la passerelle du Sylvaer. Elle a su s’imposer rapidement malgré son jeune âge.


Le chargé des communications est un Novarien nommé Avex. Il semble malheureusement bien ignorant et montrerait une fâcheuse tendance à se laisser entraîner par les chahuts de l’équipage – je doute qu’il fasse long feu à son poste. Les gardes Nevin, n’ayant jamais brillé par son intelligence, et Khoras, une Novarienne ayant un fort penchant pour la bagarre, diffusent une influence particulièrement mauvaise sur le jeune Avex.


Corin est un infirmier gargouléen sans histoires. Il fait preuve de compétences malgré une légère inclinaison pour le scepticisme et le cynisme.


Anthémis, un Novarien dont le nom de naissance demeure inconnu, est le chef d’un restaurant possédé par Arkon dans le centre de Lengel, d’où son argent est blanchi. L’enseigne a été rebaptisée Palais d’Anthémis en l’honneur du chef, car celui-ci mettrait tout son cœur à lui conférer une aura respectable – ce qui, étant donné le succès du restaurant, a tout d’une mission réussie.


Darse est un cas unique. Il s’agirait d’une Hydre « déconnectée » de sa Dracène. Par un moyen inconnu, le lien mental qui la reliait avec sa mère Laetere semble avoir été rompu, permettant à l’Hydre d’acquérir et de développer sa propre conscience. L’esprit de Darse est à présent celui d’un enfant dans le corps d’une combattante adulte – un spécimen fascinant.


L’Angelot n’est pas à proprement parler au service d’Arkon. Cependant, il travaille pour lui dans la mesure où il pourvoit son équipage en armement et équipement divers et principalement illicite. « L’Angelot » est bien sûr un surnom pour ce Ganipote opérant librement, de façon totalement mystérieuse, sur Ocrit. Suite aux récentes investigations du commandant Cédalion, l’Angelot s’est vu contraint de fuir le quartier nord de Lengel.


L’un des employés de l’Angelot, Shavo, est un Novarien aux origines troubles. Son masque modifié, porté en permanence, laisse à penser qu’il déserta l’Obscurie, bien que les raisons en restent inconnues – comment parvint-il à contrer, ne serait-ce que partiellement, les effets de l’ordination ? Le fait qu’il ait reconnu le commandant Cédalion, lors de leur brève rencontre dans la réserve de l’Angelot, renforce ces soupçons. Son sort après cette altercation demeure flou.


Eshana travaillait aussi pour le Ganipote. Cette jeune Novarienne fut recueillie, orpheline, par les Sylvariens, et mise au service de l’Angelot lorsque fut constatée son incompatibilité morale avec les gardes d’Arkon. Malgré une anémie chronique et un corps affaibli par une famine perpétuelle, Eshana adressait toute sa hargne contre l’Obscurie, et celle-ci lui renvoya la pareille quand la Novarienne fut grièvement blessée par le commandant Cédalion. Elle aurait été sauvée par les Nephélins durant leur attaque de la réserve de l’Angelot, puisqu’Eshana est apparue ensuite au plus fort de la bataille d’Ylüne, équipée d’un bras mécanique.


4. Nephélins

Myriel est un guerrier mystique descendant doublement de l’hérésie des Cinq tours. La première filiation est visible, car génétique : Myriel arbore fièrement la marque ancestrale sur ses bras nus, tatoués des mêmes motifs que s’était dessinés son aïeule, la prêtresse Adélanie. Le second lien est idéologique, puisque les Lumineurs véhiculent et entretiennent le message de l’hérésie, à savoir que l’Obscurie et l’Obscurité s’opposent au vœu de vie de Lumière. Un tissu d’inepties, évidemment, et une insulte à la mémoire du Grand Lumineur qui, s’il fut le maître spirituel d’Adélanie, l’éveilla à la sensibilité de Lumière sans jamais proférer le moindre propos répréhensible à l’encontre de l’Obscurie. Néanmoins Myriel poursuit violemment dans sa folie : il se fait appeler le Rédempteur et combat les troupes obscuriennes en citant les Rayons de Lumière. C’est un individu dangereux qui fut appréhendé il y a peu afin d’être interrogé, étant étroitement lié, paraît-il, aux têtes pensantes de la Rébellion de Nephel.


Le Rhakyt Béor dirigeait l’enseigne du Bouchon des Trépassés dans le nord de Lengel. S’il est perçu comme plus intelligent que la plupart des représentants de son espèce, c’est pour une autre raison que l’Obscurie le tenait sous surveillance : l’auberge était en réalité le quartier général de la Rébellion Nephéline lengelienne. Il fut capturé lors de l’assaut mené par les troupes de l’Obscurie, et emprisonné au château de Béthanie.


Ruth Bel-Hïn était une serveuse au sein du Bouchon des Trépassés. Visiblement très appréciée, même au-delà du quartier nord, elle passait beaucoup de son temps dans des associations caritatives et les marchés solidaires. Malheureusement, sa bonté la perdit puisqu’elle fit le choix de s’acoquiner avec les Nephélins afin de travailler dans leur orphelinat séditieux. Elle fut appréhendée par le commandant Cédalion, mené par l’Agent. Le premier cherchait la trace d’Abriel, son ancien capitaine, mais le second voulait cette Novarienne pour confirmer les soupçons pesant sur le Bouchon des Trépassés. Ruth fut finalement conduite devant l’inquisitrice Artaphernas en personne, où elle fut interrogée avant d’être violemment mise à mort. Sa disparition tragique laissa un goût amer à Cédalion, qui jura en sa mémoire d’éliminer au plus vite les ennemis de l’Obscurie afin que plus un innocent n’ait à subir les conséquences de ce conflit.




Transcription de textes saints.


Je vous ai mis à disposition les principaux extraits de textes saints étudiés dans cette histoire, ainsi que la traduction de ceux-ci en ocritin moderne, dans le cas où la lecture des originaux en vieux langage se soit montrée trop ardue pour vous – n’en prenez pas ombrage, c’est tout à fait normal pour un esprit profane.


1. La prophétie du Messager (extrait du Grand Livre de l’Obscurie)

Selon la volonté des dieux viendra le jour où Ocrit s’éteindra ; ce sera l’Obscurité, le grand retour de Lumière à Néant. Et, avec elle, ses enfants bénis. Avant cela, les astres dépériront. Pour les héritiers des confins, la chance de rejoindre l’Origine sera offerte par l’arrivée d’un être ; un être d’ombres venu des étoiles, Messager des dieux et rempart ultime envers la trahison de la terre. L’éclair d’une nova lui donnera naissance et ses élus guetteront son arrivée. Béni de l’autorité suprême, il rassemblera les peuples sous sa bannière. Il leur commandera l’édification du Saint Ouvrage, le vecteur sacré de l’accès au Salut, accompagné de son généreux présent : une ethnie travailleuse. Elle sera alors dévouée à la tâche et à l’esclavage, prompte à bâtir le Saint Ouvrage.

La soumission sera la clé du Salut ; pour servir l’Obscurité viendra l’Obscurie. Que ceux qui refusent soient taxés d’hérésie. Que ceux qui refusent soient éliminés afin que rien n’entrave l’édification. Que ceux qui refusent, enfin, soient abandonnés à l’annihilation. Le Messager donnera raison aux fidèles, car telle est sa raison d’être.

Il n’y a pas de vie, il n’y a pas de mort. Il n’y a que l’Obscurie, enfant de la parole de Néant.


2. La Trahison de Nephel (extrait de La Trahison de Nephel)

Un jour béni parmi les éons de l’ignorance, Néant effleura du doigt la race, noble et vénérable, des Keroubs vivant sur Zvat, la lune de Pitamn aux deux anneaux. Touchés par la grâce, ceux-ci devinrent les précurseurs, ces saints parmi les saints, et s’évertuèrent à rassembler sous la bannière de la miséricorde toutes les pauvres créatures capables de penser et de travailler pour l’Obscurité. Ils soumirent les Gargoules, leurs voisines dociles et serviles. Puis, doués du savoir nouveau de la révélation, les Keroubs mirent au point la technologie qui leur permit de braver l’espace. Ils se heurtèrent alors, sur Sokat la lointaine, à la force brute, primitive, des Rhakyt. Mais la sagesse vainquit la bestialité, et les Rhakyt joignirent les rangs de l’Obscurité.

Nombre de guerriers valeureux tombèrent lors de ce conflit et les précurseurs pensaient alors avoir bâti leur hégémonie. Mais Sorkat se révéla inhospitalière à la population de Zvat, et cette dernière trop petite pour les peuples de l’Obscurité. Alors Lumière, d’une caresse bienveillante, désigna aux précurseurs la courbe du bastion de l’Obscurité : Nephel, la grande Nephel, havre d’abondance sous la chaleur du soleil Ocrit. Mais les perfides Planhigyn vivaient sur ce sol encore impie. Leur résistance contre l’enseignement de Néant fit éclater la Guerre de Nephel, un affrontement qui s’étendit de millecycles en millecycles. C’est alors que les saintes Dracènes et les forts Draconens furent découverts sur les jumelles Ylüne et Kosteth, et aidèrent les troupes de l’Obscurité, car ils étaient sensibles aux mots des Keroubs. Les précurseurs purent installer leur peuple béni sur toute une face de Nephel, tandis que les Planhigyn résistaient à la conversion, assistés par les Ganipotes sournois de la ceinture d’astéroïdes nommée le Croc du Serpent.

La Guerre de Nephel s’éternisait, consumant les âmes et les corps des fidèles de l’Obscurité face aux démons Planhigyn. Nephel elle-même, pourtant désignée comme l’arche pure par les précurseurs, se retourna contre eux dans une trahison suprême. Ciel et terres s’éventrèrent pour déverser, sur les peuples justes de l’Obscurité, ses entrailles viciées de flamme ou de glace. Alors, seule l’intervention d’un élu de Néant eut pu sauver les fidèles servants de l’Obscurité.

Et c’est ainsi qu’Il apparut : le Messager fendit le cosmos pour délivrer Son enseignement, béni de l’autorité suprême et commanditaire du Saint Ouvrage. Il mit fin à la Guerre de Nephel même si, pour son malheur éternel, il perdit Jorus dans la bataille. Messager de Néant, il unit les peuples de l’Obscurité sous son aile bienveillante et ordonna l’exode, sur le berceau du Saint Ouvrage…


3. La mort du Messager (extrait de la Trahison de Nephel)

Une fois le Saint Ouvrage en bonne voie vint le jour de l’exode. Le Messager fonda le Saint Culte : l’Obscurie, le secret du Salut. Sous son égide, les précurseurs choisirent les fidèles dignes de servir le Messager, détenteurs du pouvoir et du savoir, de l’autorité de la main de Néant afin de guider leurs ouailles sur le chemin de l’Obscurité : les omni-élus. Ceux-ci s’accompagnèrent des plus forts représentants des espèces serviles, parmi les misérables Novarii et les vulgaires Rhakyt, afin de servir de main d’œuvre sur le Saint Ouvrage. Et ces êtres graciés par Néant prirent leur envol sous les ailes du Messager afin de vivre sur l’étoile-sanctuaire, Ocrit, jusqu’à l’extinction de celle-ci. Mais c’est alors, pour notre malheur à tous et la damnation des espèces vivant sur le Saint Ouvrage, que s’éteignit le Messager, harassé par son œuvre. Tous se recueillirent pour pleurer sa disparition, et depuis la nuit reste seule reine du ciel.




Le Grand Livre de l’Obscurie : extraits.


Enfin, redécouvrez les fragments du Grand Livre de l’Obscurie servant d’incipit aux Versets de cette histoire. Assemblés bout à bout par l’Archidiacre Jérimadeth Ie, ils constituent le chapitre de « La Génèse du IVe Âge de la Création » dans ce noblissime ouvrage.


Avant, il n’y avait rien : ni espace, ni temps. Soudain, Néant prit conscience de son existence. Ce fut le premier instant de vie, fulgurant, immédiat. Le temps originel, la naissance du Premier Âge de la Création.

L’Univers naquit dans un chaos incontrôlable. De son noyau, le centre du tout, Néant tendit les doigts. En jaillirent des nébuleuses, qui donnèrent naissance à des galaxies, des planètes et des étoiles.

Ces rejetons célestes, même s’ils parsemaient le nouveau vide, étaient encore inertes. C’est sans éclat que les étoiles brillaient, que les roches se percutaient, que les planètes naissaient et dansaient tandis que voguaient les galaxies.

Alors Néant se dota d’une bouche, afin qu’en sorte le Verbe. « Éveille-toi, Lumière, ordonna-t-il, et sois ma source de la vie ! »

Ainsi naquit un écrin pur : Lumière, la première de ses Entités. « Sois ma compagne, Lumière, donnons la vie dans notre Univers », dit encore Néant.

Alors que Néant ouvrait les bras pour créer l’Univers, Lumière la Pure jaillit de sa bouche. L’Unique n’était plus ; ils étaient deux à vivre. Ce fut le Deuxième Âge de la Création.

Dans la douleur, les deux amants Primaires se séparèrent. Néant était le noyau, le centre du Tout, tandis que Lumière devait traverser l’espace pour y semer les germes de l’existence.

Pour que la Vie naisse dans l’Univers, Lumière et Néant devaient se séparer, pour toujours. Blessée par cette déchirure, Lumière laissa échapper des larmes dans son sillage.

De ces perles divines, disséminées au gré des galaxies, naquirent les premiers enfants de Néant : la seconde génération des Entités.

Ces Entités étaient trop pures, leur essence était divine ; elles ne pouvaient s’incarner. Les limbes seraient leur foyer, d’où elles observeraient la vie par des trous percés dans le manteau de l’Univers.

« Vous serez mes émotions, déclara Lumière à ses créations. Vous devrez vivre, comme moi, la douleur d’être séparé de Néant, notre origine. » La naissance de ces Entités marqua le Troisième Âge de la Création.

Les enfants de Lumière prirent la forme de tout ce qui vivait dans le ciel, de tout ce qui en faisait la beauté ou la puissance, du Pulsar à l’Aurore. Si, parfois, ils s’égaraient au sein d’une atmosphère, ils se retrouvaient piégés dans un écrin de cristal : tel était le prix du passage à un autre plan d’existence.

Alors que Lumière continuait sa course dans l’Univers, elle essaimait les graines de la Vie dans les galaxies qu’elle rencontrait. La Mère permit ainsi à toutes sortes de créatures de voir le jour, pour une existence éphémère et vouée à la douleur.

Plus l’Univers grandissait, plus la douleur de l’éloignement de Lumière rongeait Néant. Parler à la moitié qu’il s’était créée devint son obsession. De son noyau, il façonna sa langue.

« Tu es mon messager, dit Néant à sa langue. Tu seras autonome, tu erreras dans l’espace comme le filin de ma volonté et tu retrouveras mon seul amour ; la Lumière éternelle. »

Ainsi naquit une créature à nulle autre pareille : le Serpent de la Création. Elle était la langue de Néant, la plus grande forme de vie à part lui-même. Il ouvrit la bouche, et le Serpent jaillit à travers l’Univers. « Lumière, dit-il, viens à moi, mon amour ! »

Le Serpent de la Création constata avec surprise autant qu’avec joie le fruit du travail de Lumière. Il louvoya entre les constellations et les nébuleuses, qu’il chérit comme ses sœurs. Il caressa les étoiles et choya les planètes, il cajola les comètes et gourmanda les astéroïdes.

L’odyssée de la langue de Néant fut considérable. Le Serpent de la Création usa de toutes ses forces, de tout l’amour qui brûlait pour ses parents, afin de retrouver Lumière. Enfin, au bout du plus long de tous les voyages, il atteignit le joyau éclatant.

Lumière reposait au bout de l’Univers, épuisée, inerte. Le Serpent de la Création s’étira jusqu’à elle. Il brûla ses dernières forces pour la rejoindre. Il plaça sa tête contre le sein de la Primaire, et mourut auprès d’elle.

Depuis, le cadavre du Serpent de la Création traverse l’Univers : il subsiste sous la forme d’une épaisse colonne de poussière éternelle. De ses yeux naquirent deux dernières étoiles, immenses et majestueuses : Ocrit et Taraben, seules au bord de l’existence.

Lumière, touchée par le sacrifice de la langue de Néant, consentit à donner la vie une dernière fois dans ces systèmes jumeaux. Elle murmura sa volonté à Ocrit et Taraben, et sa volonté fut faite.

Ces dernières étoiles naquirent des contractions de la nébuleuse à l’agonie ; les gaz s’accumulèrent, fluides vitaux échappés du Serpent de la Création, étirés sur d’incommensurables distances. Puis deux étincelles percèrent les ténèbres aux confins de l’existence.

Les nuages galactiques issus des crochets du Serpent s’amoncelèrent, agglutinés par ces gravités nouvelles. Millecycles après millecycles de collisions titanesques, ces deux systèmes solaires virent la naissance de lunes et de planètes.

La poussière des crochets, devenus champs d’astéroïdes, devint alors le seul lien à empêcher les systèmes planétaires de dériver dans le vide cosmique. Suite au harassement de Lumière, l’extension de l’Univers prit fin. À jamais.

Aux Entités de reprendre alors l’œuvre créatrice de leur Mère Primaire. Patiemment, elles semèrent graines et bactéries sur les astres favorisés pour les accueillir.

Certains organismes s’éteignirent, parfois avant même de connaître l’éveil, consumés par les souffles solaires. En derniers nés, tragiques orphelins, Ocrit et Taraben mordaient l’existence comme des enfants capricieux.

Mais d’autres germes surent s’adapter à l’hostilité des confins. Ils s’assemblèrent, se renforcèrent et évoluèrent jusqu’à atteindre la force et l’intelligence.

C’est ainsi que nous, les races de l’Obscurie, naquirent du sein de la Primaire ; nous fûmes le dernier acte du grand œuvre. L’éclosion de la Vie marqua le Quatrième Âge de la Création.

Les créatures pensantes s’élevèrent logiquement à la tête de la chaîne alimentaire. Dès lors, des fonctions se dessinèrent dans la marche des mondes : la volonté de Néant était déjà à l’œuvre dans ces balbutiements primitifs.

Les planètes et les lunes chérirent alors ce don des Entités. Au plus loin, Sorkat vit la naissance des Rhakyt, forts travailleurs destinés aux basses œuvres, quand la grande Pitamn fut curieusement boudée par la création. Autour de cette dernière, la lune Zvat accueillit les serviles Gargoules et les nobles Keroubs, dépositaires des savoirs divins.

Quant à Nephel, elle accueillit l’engeance traitresse des Planhigyn : bien des millecycles devaient s’écouler avant que ne se révèle leur perfidie. Ses satellites, Ylüne et Kosteth, furent au contraire bénis par l’ondée et la caresse d’Ocrit, car ils accueillirent les sages Dracènes.

Alors, une voix sans âge traversa le cosmos jusqu’au système Ocrit. Les Planhigyn endormis, tout comme les Rhakyt bestiaux, l’ignorèrent ; les Gargoules s’en effrayèrent ; les Dracènes l’écoutèrent, mais ne surent l’interpréter. Seuls les Keroubs, dans leur sagesse innée, tendirent l’oreille. Ils furent témoins alors de ce que l’on appelle aujourd’hui la Prophétie du Messager.

Malheureusement, le dépérissement de Zvat força ceux qui s’imposèrent comme les omni-élus à migrer sur Nephel ; au privilège ultime de la connaissance divine s’accompagna le martyr de la race messianique.

Une première guerre éclata alors : ce fut le conflit colonial de Nephel. Les Keroubs, avisés, eussent beau avoir pris soin d’entraîner les durs Rhakyt avec eux, les implacables Planhigyn imposèrent leur force.

Mais les Dracènes, douées de télépathie par le don de Lumière, entendirent la détresse des causes sacrées : elles fondirent sur Nephel et immolèrent les mécréants. Les survivants capitulèrent et s’en retournèrent à leur sommeil, repoussés dans les étendues sauvages.

La colonie de Nephel fut alors fondée. Avec elle furent coulées dans l’or le plus pur, celui de la foi, les fondations de l’instrument du Salut : l’Obscurie.

Enfin, une nova éclata loin dans l’espace. Les omni-élus surent interpréter le signal : le Messager allait venir.

Le Messager vint sur Nephel en porteur de savoir et détenteur de l’autorité suprême. Il offrit à l’Obscurie la race esclave, les misérables Novarii.

Alors, les Planhigyn se réveillèrent une dernière fois ; éclata la guerre de Nephel, telle que prévue par la sagesse du Messager. L’Obscurie fut victorieuse et Nephel périt à jamais. L’édification du Saint Ouvrage débuta sur Ocrit, jusqu’à ce que l’astre stellaire soit en mesure d’accueillir les dignes enfants des Entités.

L’Obscurie n’existe que par l’intervention du Messager ; toute créature lui doit obéissance, il est sage et immortel. Ocrit est le foyer de l’Obscurie. Vouloir le quitter signerait d’hérésie.

Le IVe Âge de la Création sera aussi le dernier. Néant a été, Néant est, et Néant sera quand tout le reste sombrera dans l’oubli.

Il n’y a pas de vie, il n’y a pas de mort. Il n’y a que l’Obscurie, enfant de la parole de Néant.

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