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Antoine Bombrun

dimanche 1 janvier 2017

Nouvelles

Histoire d’un vaurien et d’une jeune femme

Bonjour, fils d’homme,

Lis mes lignes si l’histoire t’intéresse, mais en aucun cas ne te sens obligé. Je n’écris pas cela comme une chronique des hommes libres, ni comme les annales de la corderaie  ; non point. Je prends la plume à mes heures perdues, simplement, pour conter l’histoire d’un infâme et d’une jeune fille. D’un fripon terrible et d’une demoiselle. D’une belle et d’un voleur.

L’homme, d’allure agréable, mais vil d’esprit, venait du ras de terre. C’était un membre des vrais hommes. Fils de paysan, il n’avait pas eu la patience de travailler dans les champs comme ses ancêtres et avait préféré une occupation qui demandait moins de retenue.

Les contes disent que, dans les mers lointaines, gîtent des pirates qui écument les océans. Ils fondent sur les bâtiments des officiels et sur les cités des chasseurs du bord de la grande eau, pillent et survivent un temps sur leur richesse. Puis, dès que leurs poches se trouvent vides, ils prennent la mer pour les remplir de nouveau. Lui, notre infâme, vivait comme un corsaire des plaines et des forêts. Il recevait ses ordres dans la Cité – au petit matin ou à la tombée du jour pour n’être pas vu des gens du commun. Puis il descendait des harnachements de la montagne et partait dans les terres pour faire le sale boulot des nobles.

Tout un chacun ignorait son existence et cela lui allait bien. Ses parents ne le voyaient plus, lui qui était toujours de par le monde. Les hommes d’en haut ne le connaissaient pas, on ne lui parlait que sous couvert du masque, de peur d’être surpris. Les seuls qui le connaissaient étaient ses compagnons d’infortune. De pauvres hères comme lui, des sournois, des besogneux au teint hâlé.

Un jour, que notre infâme s’en était venu chercher embauche, il lui arriva une aventure peu commune. Mais commençons par le début, n’allons pas trop vite et dressons un tableau total : trop de précipitation, trop peu de détails risqueraient de faire passer l’infamie de l’homme pour de l’humanité.

Le contrat qu’on lui avait indiqué était pour un nouveau noble. Un de ces basses gens récemment élevés dans la hiérarchie de la corderaie, et dans la corderaie tout court d’ailleurs. Le bourgeois était, paraît-il, monté grâce à la finesse de son esprit et à ses initiatives inattendues.

Notre infâme, mauvais mais non point naïf, avait pris ses précautions pour éviter de tomber dans un coupe-gorge. Car comment mieux se faire voir de la noblesse d’en haut qu’en capturant un des parasites d’en bas  ? Armé d’un arc, il avait escaladé par l’arrière une villa avoisinante. Aussi agile qu’un longues dents dans les arbres, il avait gravi les cordes qui liaient la demeure au contrefort de la montagne. Juché sur ce promontoire de richesse exhibée, il avait longuement observé la propriété de son futur commanditaire. Aux aguets, il cherchait des yeux toute trace de guet-apens. De l’attroupement bruyant des tueurs en herbe aux éclats métalliques taiseux des professionnels. Il eut beau fureter, rien de tout cela. La résidence avait l’air endormie comme doit l’être toute bonne maison à cette heure de la nuit, sans néanmoins l’être trop : quelques lumières tremblotaient ça et là, quelques bruissements de voix se faisaient entendre depuis les loges des serviteurs. C’était bon, le contrat n’était pas une arnaque.

L’infâme allait descendre de son perchoir, le cœur rasséréné et l’œil réjoui. Car oui, qu’est-ce qui égaye plus un vaurien que la promesse d’une vilenie bien payée  ? L’infâme allait descendre, donc, quand il aperçut du coin de l’œil un mouvement suspect. Il se tapit dans l’ombre et observa. Le mouvement qu’il avait perçu venait d’un petit balcon en haut de l’édifice. Il y discerna une forme blanche. Piètre couleur pour un assassin, pensa-t-il, et il fut rassuré. Néanmoins, un reflet blond tint son attention fixée sur la silhouette. C’était une femme, une jeune femme. Elle paraissait patienter sur le petit balcon, plongée tantôt dans les étoiles, tantôt dans le vide verdoyant sous la Cité. L’infâme l’observa quelques instants, puis descendit de son promontoire pour mener sa course à bien. Il traversa à pas furtifs la rue qui séparait les deux palais suspendus.

Parvenu de l’autre côté, le vaurien n’entra pas comme tout un chacun par la grande porte, mais reprit ses activités d’escalade. Il franchit l’enceinte et s’infiltra dans les jardins. Sans un bruit, il les fendit et accéda aux pieds même de la demeure. Quelques fenêtres plus haut, une bougie éclairait doucement un petit bureau. Notre infâme s’éleva en quelques prises et alla pousser le carreau. Enfin, il pénétra délicatement le logis de son commanditaire. Ce qui se dit dans cette pièce, nul ne le sait : la noblesse est bien trop secrète pour nous en laisser percevoir ne serait-ce même qu’une idée. Mais qu’importe, ce n’est pas là le sujet de notre histoire. Tout ce que l’on sait, c’est que l’homme ressortit par le même chemin après quelques minutes. Seulement, au lieu de redescendre le mur, la corderaie et la montagne, il escalada (l’infâme !) jusqu’au balcon de la belle.

Celle-ci, le regard au ciel, ne le vit pas approcher. L’autre passa la rambarde d’un bond et s’appuya tout contre. Il arbora son sourire le plus enjôleur. Entendant le bruit d’une respiration, la jeune femme se retourna. Inconsciente, elle ne poussa qu’un petit cri de surprise. Si vite réprimé qu’on eût pu le prendre pour l’appel d’une créature de la nuit.

La belle avait la main sur la bouche, l’autre sur le cœur. Le vaurien se détacha de la balustrade et s’approcha d’elle. Point trop, tout de même, pour ne pas l’effrayer. Et, comme à un animal sauvage, il lui fit entendre le son de sa voix pour la rassurer. Il lui conta l’histoire du vent et de la terre, la lente pousse d’un chêne et ses amours malheureuses avec une rose sauvage. Il lui peignit la nature qu’il connaissait si bien, à elle qui, enfermée dans ce donjon, ce bastion cloué à la montagne, la connaissait si peu.

Dans cette première nuit, la jeune femme n’ouvrit pas la bouche. Elle resta, sur le petit banc de bois, à contempler notre infâme et à écouter. À chaque légende succédait un silence, chaque silence appelait un conte.

Lorsque le ciel rosit, avec la même agilité qu’il avait eue pour venir, l’homme disparut dans les profondeurs.

Après cette rencontre, il ne se passa pas une nuit sans que la belle ne visitât avec espoir le petit balcon. Elle avait désormais les yeux plus volontiers attirés vers l’abîme que par les cieux. Elle soupirait d’y voir surgir une ombre, mais toujours elle demeura déçue.

Puis le temps s’écoula, et la jeune femme fréquenta de moins en moins l’extérieur. Enfin, une nuit qu’il faisait si chaud que les fenêtres avaient été laissées ouvertes, la belle fut réveillée par un chant délicat. Il n’y avait pas de paroles, seulement un doux flot de voyelles. Elle crut d’abord à un rêve et voulut se rendormir, mais le chant insista.

Quand elle comprit, elle se leva et sortit sur le balcon. Elle prit place sur le petit banc de bois : l’infâme était revenu. Son contrat terminé, il avait désiré rendre visite à la belle afin de poursuivre sa cour inappropriée. Il se tenait de dos, face au vide, et fredonnait doucement. Quand la jeune femme fut assise, il interrompit sa mélodie et prononça, sans se retourner :

« C’est un chant de l’ancien langage, celui que les hommes partageaient avec notre mère la nature. »

Ensuite, il poursuivit ses histoires, sans bouger, toujours dos à la montagne et à la belle. Les récits de cette seconde nuit parlèrent des créatures de la terre, du ciel et de la mer. Il conta les dangers du monde, les horreurs que l’on trouve à raz de terre, mais aussi les merveilles. C’était comme un avertissement.

La troisième nuit succéda vite. Cette fois, l’infâme raconta la vie des hommes. Le quotidien du sol, les aristocrates bâtisseurs qui s’élevaient, les attaques des longues dents sur les pauvres d’en bas.

C’est la quatrième nuit que tout bascula. Le ciel était sans nuages et la lune pleine. La prudence abaissée avec l’habitude, l’homme se fit prendre. Quand la belle monta dans sa chambre, il attendait déjà sur le balcon. La suivante qui accompagnait la jeune femme ne remarqua pas l’ombre qui se tenait dehors, mais elle vit bien le trouble de sa maîtresse. Intriguée, elle colla, une fois sortie, l’oreille contre la porte. C’est ainsi que l’affreux fut découvert. Le père, prévenu, entra en trombe dans la chambre de sa fille et l’homme n’eut le temps de faire ce que sa lâcheté lui ordonnait : prendre la fuite.

Après cette scandaleuse révélation, la belle fut cloîtrée comme une princesse des légendes  ; interdite de sortie, surveillée la nuit comme le jour.

L’infâme, lui, fut recherché. Seulement, comme le vaurien était un homme de l’ombre, le père de la belle ne pouvait parler de lui ouvertement. Dire à tous qu’il le poursuivait, ne serait-ce que pour le mettre au fer, était l’aveu qu’il avait eu recours à ses services. Notre homme n’eut donc à ses trousses qu’une dizaine des serviteurs et soldats du père. Il leur échappa sans mal.

Lorsque, quelques jours plus tard, l’infâme voulut rendre visite à sa belle, il trouva la petite porte qui menait de la chambre au balcon barricadée et les fenêtres couvertes de lourds rideaux opaques. Pire, le jardin fourmillait de gardes. Tout ce qu’il put faire fut de laisser une de ses longues flèches sur la rambarde du balcon.

C’est ainsi qu’à plusieurs reprises, la belle trouva de longs traits empennés laissés pour elle. Gravés dans le bois, peints sur les plumes, l’infâme abandonnait des mots et des histoires.

***

Un jour, alors que les mois avaient radouci les contours de la mésaventure et de la colère du père, la jeune femme put sortir pour arpenter la ville. Elle n’était pas laissée sans surveillance – suivante, amies et vieille tante avaient pour mission de veiller sur elle sans relâche – mais au moins elle pouvait poser le pied hors de la demeure.

Ses compagnes l’entrainèrent dans les boutiques et les salons de thé. La mode changeait vite dans la corderaie et la belle ne reconnaissait plus rien. Toutes riaient de la joie d’être réunies après tant de temps, même la vieille tante arborait un sourire rien qu’à peine grincheux.

Après une plaisante matinée, les amies décidèrent de visiter un petit restaurant dans l’est de la ville. En chemin, elles passèrent près d’un commerce éphémère. Le bric-à-brac, des plus colorés, produisait un effet étrange dans ces rues d’une propreté tout aristocratique. Les cloisons, non de bois, étaient bâties de tentures montées sur de longues perches. Sous cet abri de fortune, l’ambulant proposait des fleurs bariolées et des lianes chatoyantes. À la vue de la teinte de sa peau, hâlée par la vie à l’extérieur, il ne faisait aucun doute que le négociant venait du raz de terre. La troupe joyeuse s’y arrêta, intéressée par tant de couleurs et de merveilles en provenance du sol. La vieille tante ronchonna derechef :

« Allons, les petites, ne vous immobilisez pas devant cet attrape-nigaud. Les fleurs qu’il propose fanent plus vite que des chaînes sur la montagne. Surtout, si vous ne le payez ne serait-ce qu’avec de l’argent, il vous remplira les poches de cuivre. Ces hommes ne sont pas assez riches pour posséder une monnaie utilisable… »

La jeune femme ne l’écouta pas et choisit une fleur d’un violet vif pour orner sa chevelure. Elle tendit au marchand une pièce d’argent, s’attendant à recevoir en échange quelques bronzes ou une flopée de cuivre. Le commerçant s’empara de la pièce, qu’il fit habilement disparaître dans sa manche, puis sortit de derrière un pan de tissus un coffre renforcé de fer. Il l’ouvrit avec une longue clef rouillée. Ensuite, y plongeant la main et se saisissant chaque fois d’une piécette, il commença à remplir la paume de la belle de petits cercles de bois – cette monnaie du sol plus symbolique qu’autre chose.

Voyant cela, la tante partit d’un rire rauque qui finit en quinte de toux. Les amies l’entrainèrent pour aller l’asseoir sur un banc non loin de là.

La jeune femme, d’abord dubitative, bientôt embarrassée, ne sut que dire devant un tel comportement. Elle gardait les yeux fixés sur sa paume. Le manège dura assez longtemps : elle la tête baissée, le marchand allant du coffre à sa main, de sa main au coffre, la vieille tante ne se remettant pas.

Puis, la belle aperçut sur une piécette un symbole singulier. Une espèce de spirale gravée surmontée d’un point sombre. Dans la mythologie du raz de terre : l’amour. C’est en tout cas ce que lui avait enseigné notre infâme durant la première nuit. Quelques instants plus tard, un second symbole, identique. Amour encore, ou bien le temps, l’éternité, car deux amours qui se chevauchent prolongent la vie. Après ces symboles, des mots apparurent sur les pièces suivantes, des mots tirés de ses histoires : des mots de la nature, de la rencontre entre les opposés, des mots d’amour.

Plus les pièces de bois s’entassaient dans ses deux mains désormais jointes, plus la jeune femme comprenait : c’était lui. Enfin, alors que la tante se relevait, le négociant sortit une ultime pièce de son coffre. Il y avait, dessus, une lune surplombant une fontaine. C’était un rendez-vous. Le marchand s’inclina profondément et la belle s’éloigna.

Le soir venu, la jeune femme prétexta une extrême fatigue pour échapper au dîner familial. Elle s’enferma à double tour et mima le sommeil lorsque son père voulut la voir. Quand la lune fut haute, elle lia entre eux les draps de son lit pour en faire une corde, au moyen de laquelle elle descendit du petit balcon. Dans le jardin, les chiens la reniflèrent avant d’aboyer, peu sûrs de leur bon droit. Les gardes et les serviteurs accoururent, mais la jeune femme s’était déjà échappée par le portillon arrière.

Elle se pressa à travers les rues. La fontaine n’était pas loin, mais elle craignait d’être poursuivie et rattrapée. Elle tendait l’oreille tout en marchant. Rien, pas un cri, pas un aboiement.

Elle entendit le glouglou de l’eau avant de voir la fontaine. Elle s’y arrêta, regarda autour d’elle. Personne. Aurait-elle mal compris le message  ? Ou peut-être n’y avait-il pas de message, mais un simple malentendu  ? Pire, un guet-apens  ?

Une forme surgit de l’ombre derrière elle et lui saisit l’épaule. Au même instant, des aboiements retentirent.

Le vaurien la regarda, elle se serra contre lui, il la prit dans ses bras. Cela ne dura qu’une seconde, un sourire déformait les lèvres de l’homme d’en bas.

« Les chiens… »

Il se sépara d’elle et la tira avec lui. Sans la lâcher, il l’entraîna dans le dédale des rues et des villas. Il galopait sans un bruit, elle haletait derrière, peu habituée à pareille course. Ils parvinrent finalement aux quais, toujours poursuivis par les jappements. Les barres de chargement étaient fermées pour la nuit, mais on devinait les cabines et les nacelles, enchainées à d’immenses enrouleurs prêts à les descendre au petit matin. Le couple les contourna au grand galop et l’infâme emmena la belle jusqu’à l’arrière des docks, tout contre la montagne. La zone était laissée presque à l’abandon, visitée seulement par les ouvriers responsables de la vérification des amarrages. Il y avait là un renfoncement dans la roche, camouflé derrière les cordages de cheveuleuses. Ils s’y glissèrent. Une lourde corde tressée y était fixée et descendait vers les profondeurs. Le vaurien la saisit des deux mains et intima l’ordre à la belle de s’accrocher à lui. Elle obéit sans comprendre et, en un instant, ils eurent disparu.

Le clairon tonna dans la demeure du père : il avait abandonné toute prudence. Avant midi, toute la Cité sut que sa fille avait été enlevée et les traits de l’infâme du raz de terre furent placardés sur tous les murs. Personne ne se demanda comment s’étaient nouées les relations entre l’inconnu d’en bas et le noble d’en haut : les faits parlaient d’eux même. Ainsi, sans que quiconque n’en eût discuté, les connaissances du père se firent plus lointaines, ses richesses moins attractives, son influence plus restreinte. La Ruine toquait à sa porte sous la forme d’un homme de l’ombre et d’un scandale sans paroles.

Les recherches, menées avec force, furent vaines. Hors de la corderaie les aristocrates ne connaissaient rien. De plus, la rancune était si puissante entre le vrai peuple et la noblesse, que jamais les premiers ne vendraient aux seconds un des leurs, même le pire des vauriens.

Sur la terre ferme, l’infâme avait entraîné sa belle à quelques lieues au sud de la cité. Là se trouvaient les restes en ruine d’un village. Ils entrèrent dans une bâtisse de bonne taille. Le vaurien devait en avoir vidé les décombres, car le lieu paraissait presque habitable. La jeune femme eut un petit sourire : un terrier pour un homme sauvage.

Le cours du temps sembla ralentir, se pétrifier. La vie dans le taudis était agréable, l’amour remplaçait le luxe, et la tendresse le confort. La belle apprit à travailler de ses mains, à se vêtir de peu. Le soir, elle dormait d’un sommeil épuisé. L’infâme, quant à lui, veillait. Si on lui en demandait la raison, le vaurien répondrait sans doute – poète – qu’on ne pouvait somnoler devant une telle beauté, ou bien – charmeur – que son cœur s’inquiétait de voir sa belle dans la pauvreté . Mais peut-on croire un tel homme  ?

Un jour, l’argent manqua. Le dernier contrat datait et le vaurien repartit dans la nature. Il promit de revenir sans tarder, mais presque dix jours s’écoulèrent avant son retour. Une telle situation se reproduisit plusieurs fois.

Un jour, alors qu’un an était passé, l’infâme demanda à la belle de le suivre. Il l’entraîna à travers les bois et à travers les champs. Le soir venu, ils se tenaient en bas de la corderaie.

« Que faisons-nous ici  ? » s’étonna la jeune femme.

L’homme ne répondit pas, il continua de marcher. Les deux amants parvinrent au bourg sordide qui s’étend sous les contreforts. Ce village qui survit des restes de la noblesse, qui se contente des miettes et sans lequel les aristocrates ne pourraient vivre leur vie.

Dans une raie de lumière, la belle aperçut des visages familiers. Elle connaissait ces gens, elle ne les avait pas vus depuis un an, mais elle reconnaissait leurs traits, elle reconnaissait leur vêture, trop précieuse pour le ras de terre : les hommes de son père. Elle se retourna vers l’infâme, mais à l’endroit où il se tenait l’instant auparavant, il n’y avait plus qu’une ombre. Les gens la virent, se saisirent d’elle et, malgré ses cris, la ramenèrent à son père. Ce dernier, dans la petite demeure qu’il habitait désormais, eut le plus grand bonheur de sa vie en la voyant revenir.

Quelques mois plus tard, la belle donnait naissance à un fils. De cet enfant, je ne dirai rien, car je ne connais rien que tu ne saches déjà, car en fait je ne connais rien… Pour mon malheur, pour son bonheur.

 

Cette histoire est la tienne, fils d’homme, la tienne et celle de ta mère.

 

 

Ton vaurien de père, Tulipeau

Commentaires

Jolie romance^^ Tu écris donc autre chose que des histoires de tripes et de boyaux à l'air, vaurien toi-même !
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lundi 21 mai à 18h37
Oui, j'écris parfois autre chose quand même : un peu de fraicheur fait du bien ! C'est la suite de Les liens de la Montagne, je ne sais pas si tu l'as lu !
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lundi 21 mai à 20h25