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Antoine Bombrun

vendredi 18 janvier 2019

Chroniques du vieux moulin - Tome 2 : Batailles

Chapitre quarante-et-unième

« Seigneur Alphidore, le peuple est mécontent. Il ne comprend pas pourquoi tant de fermeté lui est imposée. »

Alphidore de Pal rougit devant la question détournée, mais répondit tout de même :

« Vert, le Seigneur Souverain n’a pas de justifications à donner à qui que ce soit, surtout pas au bas peuple. Je ne m’abaisserai pas à cela. »

Gris intervint, soutenant son homologue :

« Depuis deux jours, votre politique a beaucoup changé ; vous avez augmenté les impôts et vous refusez de recevoir les plaintes. La cité murmure. Ce ne sont pour l’instant que des critiques voilées, mais je crains que, sans explication, cela ne devienne rapidement plus violent. Les marchands Octavin et Thilaf ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne paieraient pas les nouvelles taxes. Ils font partie des plus grands hommes de la cité : le conseil de ville est à leur botte et c’est leur argent qui fait vivre la capitale. Si vous ne les retenez pas de votre côté, le peuple se décidera à les suivre et Landargues sombrera dans le chaos. »

Rouge éclata de rire :

« C’est un tableau bien sombre que tu nous dresses là, Gris ! Quelques pièces de moins dans les bourses ne mettront pas la Cannirnosk à feu et à sang ! De plus, un peu de dureté dans la politique me semble tout à fait justifié : avec la famille Groëe comme modèle, il ne faudrait pas que la populace se décide à prendre ses aises !

— Ses aises ? Je vois bien que tu n’as plus arpenté les bas quartiers de notre cité depuis trop longtemps, Rouge ! Le peuple se serre la ceinture toujours davantage. Derrière les richissimes, les nobles et les bourgeois comme Octavin et Thilaf, se cache les petites gens qui ne peuvent que survivre, sans espérer plus des surprises que réserve la vie…

— Assez ! Je vous ai dit que je ne me justifierai pas. Sortez à présent ; je désire rester seul un moment. »

Les trois Sacerdoces obéirent promptement à l’ordre du Seigneur Souverain. Depuis deux jours, le jeune homme avait trouvé une autorité nouvelle, qui prenait le pas sur l’écoute patiente pour laquelle il était renommé. En plus des taxes, Alphidore avait publié un décret contre l’ivresse publique. Ce dernier se révélait si contraignant que les auberges et les marchands de vin craignaient la faillite. Plusieurs commerçants, qui avaient tenté de protester, avaient été vertement renvoyés chez eux.

À peine les Sacerdoces sortis, Alphidore quitta son trône et passa la petite porte qui donnait sur son bureau. Accoudé à une table et le regard perdu dans les profondeurs d’un document, l’ancien Seigneur Souverain Breridus de Pal, le traître de Landargues, étudiait silencieusement. Il leva les yeux à l’arrivée de son neveu.

« Les trois Sacerdoces posent de plus en plus de questions, mon oncle. Ils s’étonnent de mon changement de comportement et je ne sais comment le leur justifier. Je ne peux leur dire que tu es ici et que tu me guides, je ne peux leur dire la tristesse d’avoir vu disparaître la femme que j’aime. Je ne peux leur dire la lourdeur de mon cœur…

— Qu’importe, cela est nécessaire. Trop de bonté dans la gouvernance assurera notre chute ; il aurait mieux fallu que tu suives plus tôt mes conseils afin que je n’aie pas à te les imposer maintenant.

— Oui, mon oncle. Je suis désolé, mon oncle.

— Redresse la tête, Alphidore, il est trop tard à présent pour pleurer tes fausses manœuvres. De plus, me voilà désormais au palais et, même caché aux yeux du peuple, j’empêcherai les gaucheries que tu as trop souvent commises. »

Comme on toquait à la porte, Breridus se retira dans l’ombre pendant qu’Alphidore allait ouvrir :

« Que désirez-vous ? J’ai demandé à ce que l’on ne me dérange pas.

— Je suis navré, mon Seigneur : une nouvelle de la plus haute importance, Bélésaire Viqueford vient de l’apporter lui même. Je lui ai dit que vous ne vouliez recevoir personne, mais il a insisté. Il jure sur sa tête que vous comprendrez !

— Bien, faites-le entrer. »

Alphidore sortit du petit bureau et s’assit sur son trône afin d’y attendre le Sénéchal. Breridus, lui, approcha son œil d’une minuscule ouverture pratiquée dans le mur. Par celle-ci, il pouvait observer tout ce qui se déroulait dans la salle de la couronne et, en tendant l’oreille, écouter ce que l’on y tramait. Bientôt, une bedaine s’imposa dans son champ de vision. Il ne voyait pas le visage de son propriétaire, mais aucun doute n’était possible : Bélésaire entrait dans la pièce.

Le Sénéchal s’inclina devant le Seigneur Souverain. La blancheur inhabituelle de ses joues ne signifiait rien de bon : s’il manquait des repas, la situation devait être grave !

« Qu’y a-t-il, Sénéchal ?

— J’ai fait route au plus vite pour vous voir, Seigneur Alphidore. D’ici demain, toute la cité en entendra parler, mais j’ai tenu à ce que vous en soyez informé en premier. »

Bélésaire haleta bruyamment. Il peinait à reprendre haleine :

« Relonor Helvival a trahi le pays ! Il a déserté la coalition et rejoint les troupes de Daogan !

— Quoi ? Mais qu’est-ce que vous voulez dire ? »

Bélésaire ne répondit rien ; il se contentait d’expirer comme un âne.

« Mais expliquez-vous, bon sang ! »

Le coup de sang du Souverain lui transmis le souffle nécessaire pour articuler :

« Je ne sais que vous dire ; il semblerait que l’homme soit devenu fou. Il a insulté votre oncle Breridus, a craché que vous étiez perfide, puis a dit qu’il changeait de camp, qu’il se faisait l’allié de Daogan. Le chef de guerre LeNoblet a cherché à le mettre en garde, mais le barbare n’a rien voulu écouter !

— Foutaises ! Pourquoi le défenseur des Marches trahirait-il la Cannirnosk ?

— Il a parlé d’une félonie de votre oncle, mon Seigneur, mais d’une manière si incohérente qu’il m’est impossible de vous l’expliquer… »

Alphidore demeura un long moment silencieux, puis il renvoya le Sénéchal d’un geste.

Dans le petit bureau, Breridus aussi était songeur. Cela ajoutait un nouveau poids dans la balance et l’audacieux de Pal hésitait quant au côté vers lequel ça la ferait pencher ; il cherchait la manière la plus efficace de disposer ce poids pour favoriser ses plans.

* * *

Fleurienne pénétra en trombe dans les nouveaux appartements de Breridus. Cela ne faisait que quelques instants que ce dernier s’y trouvait : il avait passé de longues heures dans le petit bureau, mutique, à penser.

Deux jours qu’il était revenu au palais et déjà sa chambre se voyait tout à fait investie. La table de travail débordait de liasses, de manuscrits et de rouleaux. Une plume, laissée souillée à côté de l’encrier, avait visiblement beaucoup servi. Seul le lit paraissait intact, propre et lisse.

Breridus, quant à lui, faisait les cent pas entre le coffre et la commode, la fenêtre et le bureau. Fleurienne, vêtue pour la nuit, arborait sa fureur pour toute toilette. Elle brandissait une lettre qu’elle agita devant le nez de son frère. Elle vociféra :

« Qu’est-ce que cela ?! »

La colère faisait vibrer sa voix et Breridus dut se contenir pour ne pas se protéger instinctivement le visage en levant le bras. Il connaissait bien sa sœur et se méfiait – à juste titre – de son caractère.

« Qu’en sais-je, ce n’est pas moi qui te l’ai envoyée, en tout cas…

— Ne joue pas à l’idiot avec moi ! Tu m’as dit que tu avais un marché avec Elivard Cachampgueux, mais il n’a jamais été question que j’en fasse partie ! »

Breridus serra les dents : de toute évidence, le gardien de prison n’avait su tenir sa langue.

« Tu m’as vendue en échange de ta liberté !

— Ne le prends pas comme cela, Fleurienne. Ce n’est que notre jeu habituel ; nous posons nos pions là où ils se révéleront les plus efficaces…

— Je sais cela, ne me prends pas pour une simple d’esprit ! Mais je ne suis pas un pion, Breridus, je suis un des joueurs, comme toi ! Nous avons toujours été des joueurs !

— Tu te trompes, Fleurienne : nous sommes tous des pions pour quelqu’un. Je l’ai été, un temps, pour Relonor Helvival, jusqu’à ce qu’il ne m’oublie dans la Couronne de pierre. Aujourd’hui, tu es le mien. »

La Demoiselle de Landargues voulut se récrier, mais Breridus ne lui en laissa pas le loisir :

« Cet imbécile d’Elivard n’avait pas à te dévoiler quoi que ce soit. Tu aurais été mise dans la confidence au moment opportun, ma sœur.

— Au moment opportun ? Au moment de la noce, tu veux dire ? Car il me semble bien que celle-ci approche à grands pas !

— Les termes de mon accord avec Elivard ne sont pas encore fixés, et… »

La rage, que Fleurienne ne contenait que difficilement depuis son arrivée, la gonfla comme une voile dans le vent. Elle se dressa, immense au-dessus de son frère, et tempêta à tout rompre :

« Ce gros porc d’Elivard m’a pourtant l’air bien fixé, lui ! Me marier, moi, une de Pal ! Pour qui te prends-tu pour te permettre de telles choses ? Je suis la Demoiselle de Landargues, pas une roturière dont tu peux manier le sexe à ta guise ! »

Breridus ne pouvait que ployer devant les assauts de sa sœur, se ratatiner face à la déferlante courroucée.

« Je ne compte pas le nombre de fois où je l’ai laissé poser ses sales pattes sur moi, ce verrat, mais l’épouser, ça jamais ! J’ai du pouvoir, ici ! Pendant toutes ces années que tu as passé à croupir comme un rat, tout là-haut dans ta geôle, pendant toutes ces années, j’ai… »

Fleurienne s’époumonait, mais le filet de voix qui se faufila hors de la bouche de Breridus suffit à la faire taire :

« Quant à moi, je suis Breridus de Pal. Ancien Seigneur Souverain, futur roi de la Cannirnosk. »

Le félon demeurait immobile, lèvres serrées, mais sa colère froide terrifiait plus qu’un éclatement de violence.

« Je te suis supérieur en tout, Fleurienne. Je ferai de toi ce que je désire, que ce soit de ton sexe ou de ton âme. Et tu m’obéiras. Tu m’obéiras car tu me connais trop pour tenter le contraire. Tu me connais suffisamment pour savoir que je n’hésiterai pas à trancher ta gorge de mes propres mains, ou à te livrer au pire porc répugnant si c’est ce que je désire. »

Fleurienne le dépassait d’une tête, tremblante de rage, mais Breridus la dominait pourtant complètement. Ses mots dardaient vicieusement, acérés, empoisonnés, et la frappaient comme des pierres :

« J’ai croupi dix ans en prison, comme tu le dis si bien, mais à présent me voilà revenu. J’ai tout perdu, durant ces années, et, crois-moi, s’il me suffit de vendre le cul de ma sœur pour regagner mon pouvoir, je n’hésiterai pas ! Tu es mon ultime atout, Fleurienne, et je ne te gâcherai pour rien au monde… »

Le rouge avait déserté les pommettes de la Demoiselle. Front moite, lèvre frémissantes, cheveux en bataille, elle avait desserré le poing et sa lettre tomba au sol. Elle recula d’un pas. Soudain, des souvenirs lui sautèrent à la gorge.

Ils avaient cinq ans tous les deux, ils avaient huit ans, quinze ou vingt-sept. Peu importait, car la scène demeurait toujours la même : un jeu entre eux deux, une compétition ou une simple conversation. Lui agissait finement, feintait et tournait autour de l’objectif. Il rusait, usant de tous les artifices et prenant mille précautions. Fleurienne fonçait droit au but. S’il gagnait, cela allait : il riait, faisait le roi, le prince, le pitre. Il organisait pour sa victoire une ronde de joie et de plaisir.

S’il perdait, par contre, et quelle que soit l’ampleur de sa défaite, il savait le lui faire regretter. Dans l’intimité il s’énervait, criait et violentait Fleurienne. En public, il devenait morne. Il se taisait. Mais, dès qu’ils se retrouvaient seuls, son attitude changeait du tout au tout.

Souvent, après avoir gagné à un jeu ou avoir assené le dernier mot lors d’une dispute, Fleurienne restait enfermée plusieurs jours dans sa chambre, prétextant un mal quelconque. Le temps, en réalité, que les bleus et les humiliations ne s’estompent. Et plus le public était conséquent, nombreux ou d’importance, plus la vengeance de Breridus se révélait violente. Fleurienne, malgré sa taille, malgré sa force, ne pouvait rien contre lui : vexé, il la dominait.

Breridus alla s’asseoir dans son fauteuil et prit en main un feuillet couvert de sa propre écriture :

« À présent, tu peux sortir. »

Fleurienne trembla, tituba, mais s’exécuta. Elle ouvrit la porte et allait franchir le seuil lorsqu’elle s’immobilisa. Quitte à tout perdre, elle choisit de le faire avec honneur. Elle cracha sans se retourner :

« Tu n’es plus l’homme que tu étais, Breridus. Tu ne possèdes plus les mêmes pouvoirs. Libère-moi de l’étreinte mauvaise de ce Cachampgueux, ou j’avertirai Landargues de ta fuite. Tu es cruel, Breridus, mais le peuple que tu as trahi saura l’être plus encore avec toi. »

Elle se retourna finalement, les yeux brillants :

« Je t’en prie, si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour toi, mon frère. Je t’aime trop pour te vouloir du mal, mais si tu persistes dans ta folie, je n’hésiterai pas… »

Au tressaillement qui remua Breridus, Fleurienne comprit qu’elle avait touché un point sensible. Il ouvrit la bouche pour riposter, mais la Demoiselle était déjà sortie à grands pas. Ne lui parvint que la rumeur des hurlements de rage du félon.

Le couloir traversé, Fleurienne sentit ses jambes se dérober sous elle. Elle chancela et se rattrapa au mur. Le souffle court, en nage, elle se rendit compte qu’elle frissonnait Saisissant tout son courage, elle se redressa pour s’enfuir, poursuivie par l’idée de son frère sortant en fureur de sa chambre pour la rattraper. Elle gagna enfin ses appartements où elle se barricada. Le front contre le bois de la porte, elle se laissa aller à ses larmes. Derrière elle, ses suivantes ne savaient plus dans quel soulier se mettre.

Il fallut à la Demoiselle de Landargues plus d’une heure pour se calmer. Lorsque ce fut le cas, elle commanda un bain chaud pour y plonger son grand corps nu, espérant ainsi effacer les marques de la peur et de l’affront.

Elle regardait, au travers du liquide transparent, les courbes que tant d’hommes convoitaient sans jamais pouvoir les obtenir : elle était belle. Et ce corps tant désiré, son frère voulait l’offrir à un mufle de la pire espèce. Affreux, difforme, imbécile, nauséabond.

Depuis son plus jeune âge, on avait appris à Fleurienne à considérer sa beauté et à l’utiliser comme une arme. Elle se savait à elle seule et sans le moindre attirail plus dangereuse que dix guerriers. Tout cela allait être gâché – de la confiture pour un cochon… À l’encontre de ses propres désirs de femme, à l’encontre de tous les usages de la famille de Pal. Fleurienne secoua la tête pour chasser ses sombres pensées. Il ne fallait pas s’y attarder plus longtemps, il ne pourrait rien contre elle, il n’était que l’ombre de son ancienne puissance : un conseiller secret, un marionnettiste détrôné.

Fleurienne se releva pour sortir de l’eau. Une domestique se précipita avec une serviette et l’en enveloppa. La Demoiselle refusa l’aide que lui proposait la jeune femme d’une syllabe, attrapa le tissu et le passa elle-même sur son corps pour en enlever les gouttelettes.

Pendant qu’elle se frottait doucement, elle songea à la servante qu’elle avait renvoyée il y avait peu, celle qui portait la vie. Souvent, la scélérate la séchait après le bain, approchant pour cela son corps dénudé. Maigre et laide ; affreuse créature. Et cependant, elle avait trouvé quelqu’un pour se serrer contre lui, elle avait choisi un compagnon qui lui avait fait naître une petite chose dans le ventre.

Fleurienne avait tout de mieux que cette pauvre bonniche : la beauté, la richesse, la gloire… mais la servante avait trouvé l’amour et non elle. Elle, elle ne serait jamais mère. Le seul homme duquel elle aurait voulu porter l’enfant était inaccessible, éloigné d’elle par une distance tant physique que sentimentale…

* * *

Le lendemain, Fleurienne se leva tôt. Elle avait décidé de se rendre en ville pour y réaliser quelques achats. La nuit avait été agitée, emplie de formes frêles et pleurantes, d’hommes violents et cruels, de cavaliers aimés s’enfuyant au loin, avec une autre femme. Elle désirait se changer les idées.

Elle avait choisi de laisser jusqu’au soir à Breridus, pour qu’il la libère de cette promesse de mariage. S’il ne s’y résolvait pas, elle dévoilerait son évasion aux trois Sacerdoces ainsi qu’au conseil de ville – qu’ils servent à quelque chose, ces gêneurs ! En attendant, elle devait penser à autre chose.

Magnifiquement vêtue, elle descendit les marches du palais, attirant par sa démarche et ses regards l’attention de tous les gardes. Ses suivantes, derrière elle, paraissaient invisibles, de simples mains obéissantes au service de sa beauté.

Elle rejoignit les rues marchandes. Au-devant d’elle, les commerçants qui l’apercevaient repoussaient leurs clients. Tous la voulaient, mettaient en valeur leurs plus attrayants articles. Chacun d’eux savait que l’étendue de la magnificence de la Demoiselle n’avait d’égal que celle de ses dépenses.

Au bout de la rue, le riche marchand Thilaf vint à sa rencontre. Mince et plutôt petit, il arborait une fine barbe qu’il taillait toujours avec la plus grande élégance. Avec lui marchaient plusieurs porteurs qui présentaient de somptueux tissus colorés et des bijoux variés. La quantité s’en révélait trop élevée pour que l’on puisse la dénombrer ; les robes concurrençant les foulards et les colliers les boucles d’oreilles.

« Très chère Fleurienne, quelle heureuse surprise !

— Bonjour, Thilaf ! À ton approche chargée, je sens que tu as remarqué mon humeur dépensière d’aujourd’hui !

— Allons, ne faites pas de moi qu’un prédateur ; je ne cherche qu’à vous servir au mieux…

— Ne jouez pas à cela avec moi, je sais que vous tueriez notre Seigneur Souverain pour trois pièces d’argent !

— Tout de même, Mademoiselle. J’en demanderais dix de plus ; vous savez que je marchande à la perfection ! »

Fleurienne sourit à la plaisanterie du négociant, puis commença à explorer les trésors qui lui faisaient face. Elle venait de trouver un tissu vert émeraude, dont la trame se mêlait de fils d’or lorsque le tambour d’un crieur de rue accapara son attention.

L’homme arborait un surcot turquoise – couleur de la famille Souveraine. Il joua un instant des baguettes pour attirer le badaud, puis il sortit un rouleau qu’il déplia :

« Notre Seigneur Alphidore de Pal désire proclamer une annonce qui doit être entendue par tous ! Oyez, oyez : la nouvelle est d’importance !

« Le Seigneur de guerre Relonor Helvival, arrivé dans le Sud pour y affronter Euphème Groëe, le fauteur de troubles, vient de se rendre traître envers la Cannirnosk. Délaissant la coalition de Sylvert Groëe, du chef de guerre LeNoblet et de la famille Vignonel, le défenseur des Marches s’est allié avec le rebelle Euphème.

« Ce changement de camp, aussi prompt qu’étonnant, fait perdre à l’homme tous ses titres et droits. Ainsi, le Seigneur Souverain Alphidore de Pal déclare Relonor Helvival ennemi du Trône et engage tous ceux qui peuvent lui nuire à le faire sans hésiter. De plus, cette traîtrise mettant en péril la paix et la sécurité du pays, le Seigneur Souverain a fait libérer son oncle, Breridus de Pal, pour que ce dernier, l’expérience aidant, le conseille quant à la conduite à tenir. Le premier acte de ce nouveau consultant, afin de veiller à la paix de Landargues, est de déclarer la loi martiale. Qu’on se le dise ! »

Commentaires

Oh la VACHE, nom de gus d'nom de gus !
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samedi 19 janvier à 18h13
Gus ? Augustin tu veux dire ? ;)
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dimanche 20 janvier à 19h21
... exactement xD
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lundi 21 janvier à 11h06